‹ Histoire des littératures étrangères condidérées dans leurs rapports avec leChapitre 98 sur 113 · Voyez Antonio Père» et Philippe II, par M. Mignet · texte numérisé non relu

Voyez Antonio Père» et Philippe II, par M. Mignet

songé à se dire le « très humble serviteur d*une divinité » ou à a saluer un ange avec passion?»... Pompe orientale, gravite castillane, afféterie italienne, rien ne cache cette nature de favori, toujours réfléchie dans son abandon, insinuante dans son étourderie, obséquieuse dans sa familiarité ^ »

II avait connu le marquis de Pisani, père de la marquise de Rambouillet, pendant que ce seigneur était ambassadeur de jFrance à Madrid. C'est à lui que Perez s'adressa pour obtenir de Henri IV la sauve-garde qui devait protéger sa vie. La première lettre qu'il lui écrivit dans ce but est grave comme le sujet qui l'inspire. Mais dès la seconde, le bon sens fait place aux recherches du bel esprit. La marquise de Pisani souffrait d'un mal de dents ; Perez envoie pour elle une recette à son mari, et profite de Toccasion pour déployer des agudezas dignes de servir de modèles à Balthazar Gracian.

Si votre Excellence, écrit-il^ a remarqué le soin que je prends de mes dents, qu'Elle ne se flgure pas, sMl lui piaît, que je les conserve pour autre chose que par la peur que j'ai de la langue; car je crois que la nature Ta environnée de dents aûn qu*elie eût un sojet de crainte qui la forçât de se contenir, et qu'elle ne se précipit&t point si follement. Mieux vaudrait en effet qu'elle fût mordue, coupée môme^ que d'avoir parlé mal à propos. Peut-être Votre Excellence, homme d'Étal et général si cminent, préférera-t-elle penser que cette disposition a pour but de nous montrer que les paroles doivent avoir des effets, et Tcxécution suivre le conseil, comme l'exécution doit toujours être acccompagnée d& conseil, si l'on ne veut tout livrer au hasard.

Perez est économe dans sa prodigalité : il fait deux coups d'un trait d'esprit et d'unç recette. Il envoie au duc de Mayenne la prescription qu'il a proposée au marquis de Pisani ; mais il l'agrémente de quelques ingrédients nouveaux^ grâce à des plumes qu'il y joint « pour nettoyer les dents ».

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