‹ Histoire des littératures étrangères: considérées dans leurs rapports avec le développement de (volume 2)Chapitre 7 sur 112 · LA LITTÉÏIATURE ANGLAISE DU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LA LITTÉÏIATURE ANGLAISE DU MOYEN AGE

r nous restent on en citerait difficilement une seule anté- [ rieure à Chaucer, qui ne soit empruntée à une source fran- ; ' çaise^ Si après Philippe V « il n*y eut plus de Pyrénées, » '. a^aot Edouard III le détroit de la Manche n'existait pas encore.

Chaucer *, que les Anglais considèrent comme le père de leur poésie, n'est encore qu'un des échos de la poésie aniverselle du moyen âge : c'est le frère puîné de nos trouvères. C'est un poète françstis et italien qui écrit en anglais. Pour bien comprendre son œuvre et le double élément qui la compose, il faut remettre le poète dans les circonstances où il vivait, au milieu de cette cour, si brillante et si française encore, de Windsor. Les Plantagenets sont des Angevins entés sur des Normands. Ils possèdent par droit féodal toute la moitié occidentale de la France. Edouard III est un petit-fils de PhiUppe le Bel, et dans ses désastreuses invasions sur le continent, il ^ienréclamer l'héritage de sa mère. La fatale guerre de Cent ans est une lutte dynastique, une guerre civile : les barons et chevaliers des deux rois rivaux se signalent à l'envi dans de belles passes-d'armes, que raconte si bien Froissart. 11 est vrai que ce ne sont pas ses chevaliers, qui gagnent à Edouard les batailles de Grécy et de Poitiers, mais bien cette brave ribaudaille à pied et sans armure, cette yeomanry solide et bien nourrie, ces fils de Robin Hood, ces : archers saxons, si soigneux de leurs arcs et de leurs personnes*; ce sont eux qui ajustent et tuent de loin à coups de flèches nos étourdis gens d'armes, lesquels, dans leurs - tournois et carrousels, n'ont pas appris une si déloyale escrime. Edouard a conscience de cette force nouvelle de ses armées, il apprécie fort ce populaire saxon et la langue

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