‹ Histoire des littératures étrangères: considérées dans leurs rapports avec le développement de (volume 2)Chapitre 84 sur 112 · Début de son Journal de voyage j LeOensbild^ \\ I8'i · texte numérisé non relu

Début de son Journal de voyage j LeOensbild^ \\ I8'i

250 L*ÂLLËMAGN£.

étoile, dpublo image de rinlini, Herder comprit, mieux qu'il ne l'avait fait encore, l'essence intime de Im poésie, surtout de la poésie primitive. « Quel monde d'idées, écrit-il, no sent-on pas naître en soi, quand on se troaie sur un vaisseau, comme suspendu entre le ciel et k terre ! Tout ici donne des ailes à la pensée. » Parti du fond de la Baltique et s'avançant vers le Midi, suivant la même direction que la grande migration des peuples, il reportait sa pensée aux premiers temps de l'histoire, au berceau de l'humanité.

<^iiel ouvrage k faire, 8'écrie-t-il, sur la marclie de la civilisation chez les (lifleronts peuples, aux diverses époques, dans les diverses régions! Mélanges de races et leurs transformations, religions, chronologie, goovernements et philosophie de rAsic: art, philosophie et gouvemcmenl do rÉgypte ; arithmétique, langue et luxe de la Phénicie; la civilisation tout entière de la Grèce et de itome ;' religion, droit, mœurs, esprit guerrier et sentiment d'honneur des peuples du nord: temps de la papantf. ordres monastiques, éru<lition; croisades et chevalerie; réveil de la science; siècle de Louis XIV; rôle de l'Angleterre, de la Hollande.de TAIlemagne ; quel sujet immense* !

Telles furent les pensées qui occupaient l'esprit de Herder pendant sa longue navigation ; c'est ainsi qu'il eut alors la première intuition des deux ouvrages qui ont assuré sa gloire, l'Histoire de la poésie chez les Hébreux (1782), et les Idées sur la philosophie de rhistoire (1784).

Le premier de ces livres avait été préparé par de longs travaux. Herder l'avait vécu avant de l'écrire. Dès ses plus jeunes années, il s'était épris de la Bible et en avait étudié la langue : c'est pour elle qu'il s'était fait théologien et pasteur ; la beauté poétique de la Bible formait la meilleure part de sa douteuse orthodoxie. A Riga, dans les nombreux écrits théologiques qu'il songea ensuite à réunir, sous le titre significatif à* Archéologie de r Orient, se dévoile déjà toute sa pensée. A ses yeux la Bible est un

Page 1