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L'INSURRECTION LITTÉRAIRE

sur-le-Mein, un enfant dont la longue vie, qui devait atteindre jusqu'à nos jours (22 mars 1 832), allait être la plus brillante efflorescence du génie allemand et du génie moderne. Jean-Wolfgang Goethe eut pour père un jurisconsulte distingué de Francfort, Gaspar Goethe, qui avait le titre de conseiller impérial; pour mère, une jeune et charmante femme, moins âgée de vingt ans que son mari. L'enfant sembla hériter des qualités diverses de ses parents : de son père une haute stature, une forte santé et la direction sérieuse de sa vie; de sa mère un joyeux tempérament d'artiste et de poète*. Il grandit et s'éleva, comme notre Montaigne, avec une grande liberté d'études. Le conseiller, malgré la sévérité de son caractère et ses prédilections de jurisconsulte, voulait avant toutes choses que son fils apprît beaucoup; quant à Tordre et à la méthode de renseignement, il semblait s'en inquiéter assez peu. Le jeune. Wolfgang respirait à pleins poumons cette précoce indépendance : musique, peinture, langues anciennes, langues modernes, il étudiait avec une curiosité ardente tout ce que le hasard jetait sous sa main. Il en conserva toute sa vie deux propensions dans l'épanouissement de son génie, l'amour d'un travail continuel, incessant, et le besoin non moins impérieux de la variété dans le travail. Pour lui l'étude se confondit avec la vie : l'une et l'autre

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