Né à Naples en 1458, mort en
tions de bergers, ou plutôt c'est un cadre idéal où l'auteur se plaît à placer ses sentiments et ses rêveries. Sa sensibilité procède plus de l'imagination que du cœur, mais son langage est remarquable par la grâce et l'harmonie.- Ces qualités le rapprochent quelquefois de Virgile, près de la tombe duquel il devait mourir, comme pour placer sa gloire à l'ombre du grand poète. Le roman pastoral devait passer par l'Espagne entre les mains de Montemayor et de Gil Polo, avant d'exercer sur la France une longue et assez triste influence.
Un genre dont le règne fut moins étendu et surtout moins durable, mais qui mérite cependant d'être signalé, fut la satire badine, giocosa, àlaquelle le plus original et le plus spirituel des poètes italiens, Berni a attaché son nom; là, sans autre but que son amusement, l'auteur se moque à la fois et du sujet qu'il traite et du lecteur auquel il s'adresse : vrai délire de l'imagination, la poésie bernesque no respecte qu'une seule chose, l'élégance du style et la mélodie du rythme. Laurent de Medici dans ses Capitoli, ou petits chapitres, en donna le premier l'exemple, suivi bientôt par les poètes les plus distingués et quelquefois les plus graves de l'Italie, par le chanoine Berni, que nous venons de nommer, par Giovanni Mauro, par monsignor Délia Casa, par Angelo Firenzuola, enfin par le licencieux et bizarre Pierre Arétin. Cette poésie trouva en France son écho, et vint se répéter avec plus de sens et moins d'élégance dans les satires de Régnier et dans les bouffonneries de Rabelais.