‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française (volume 3)Chapitre 64 sur 138 · Voyez notre Histoire de la littérature française, p · texte numérisé non relu

Voyez notre Histoire de la littérature française, p

litt. mér. 13

Joutes, tournois, combats sans trêves, Fourrures, manteaux éclatants,

Brillants cimiers, Qu'étaient-ils, sinon de vains rêves, Des fleurs que sème le printemps ,

Sur les sentiers?

Où sont, hélas 1 ces belles dames?

Cheveux tressés, douces odeurs.

Longs vêtements?

Où sont les amoureuses flammes Qui jadis dévoraient les cœurs

De leurs amants ?

Adieu les chants, noble science !

Les luths qu'en un savant accord

Leurs doigts sonnaient :

Adieu les vers, adieu la danse, Adieu les tissus brochés d'or

Qu'elles traînaient.

I Que se hizo el rey don Juan?

I Los infantes de Aragon

Que se hicieron?

I Que fué de tanto galan ?

I Que fué de tanta invencion

Como trujeron?

I Las jus tas y los torneos % Paramentos, bordaduras i Y cimieras

Fueron sino devaneos?

I Que fueron sino verduras

De las eras? •

l Que se hicieron las damas

Sus tocados, sus vestidos

Sus olores?

I Que se hicieron les Hamas

De los fuegos incendidos

De amadores?

I Que se hizo aquel trovar , Las musicas acordadas Que tanian? ' l Que se hizo aquel dancar, Aquellas ropas chapadas Que trayan?

Au milieu des tâtonnements du talent et des erreurs du goût, l'Espagne s'éclairait peu à peu des premières lueurs

de la Renaissance. L'université de Salamanque fondée en 1254 par Alphonse le Sage était à la vérité peu prospère, mais de nombreux étudiants espagnols allaient chercher la science en France et en Italie. L'un d'eux, Antonio de Lebrija, rapporta de Bologne le «goût et l'exemple des solides études classiques, et contribua puissamment à les propager par son enseignement et ses ouvrages. Ximenès fonda en 1499 une nouvelle université à Alcala de Hénarès. Les princes, les reines même se laissèrent gagner à cette noble mode du savoir antique. La reine Isabelle lisait et traduisait les discours de Gicéron. Jeanne sa fille, qui fut mère de Charles-Quint, répondait sur-le-champ en latin aux harangues qui lui étaient adressées. La jeune noblesse se pressait aux leçons des maîtres italiens appelés par Isabelle. Quelques-uns d'entre eux, et des plus illustres par leur naissance, Don G-utierre de Tolède, fils du duc d'Albe, don Fernandez de Velasco, depuis connétable de Castille, don Alphonse Manrique, fils du comte de Paredès, ne dédaignèrent pas d'occuper eux-mêmes des chaires de grec et de latin aux universités de Salamanque et d' Alcala. Alors se multiplièrent les traductions des anciens : on put lire en castillan César, Appien, Plutarque, Plaute, Salluste, Justin, Apulée, Hérodien. C'est ainsi que l'Espagne préludait par des travaux d'une érudition modeste à l'épanouissement de son imagination et à l'âge de son génie poétique.

Page 1