Essay on english poetry^ part
traverser un large pont, aux deux côtés duquel se tenaient les dieux de la fable, Sylvain, Cérès, Bacchus, Pomone, Neptune, Mars, Phœbus, qui tous déposèrent leurs offrandes aux pieds de la royale visiteuse. Lés jeux de toute sorte se succédèrent sans cesse avec plus de variété que de goût : c'étaient des combats d'ours, des tours d'adresse de jongleurs italiens, des luttes comiques de paysans, une noce rustiqpe, des danses, des courses, des concerts, des festins. Pendant une chasse, la cour rencontra un sauvage vêtu de mousse et de lierre quv dialogua avec Écho en l'honneur de la reine. Au retour, on vit apparaître sur la pièce d'eau un triton porté sur un monstre marin, et Arion- chevauchant son classique dauphin, dont les flancs recelaient des musiciens invisibles chantant les louanges de la puissante, de la belle, de la chaste souveraine d'Angleterre.
C'était la mythologie en action, la féerie jouée par des grands seigneurs : faut-il s'étonner si les poètes l'écrivirent? Aussi pendant que le neveu de Leicester, Philip Sidney, homme de cour et homme d'action, à la fois savant et brave, destiné à mourir jeune et comme un héros, écrivait une Arcadie pour Pamusement de sa sœur la comtesse de Pembroke, un poète, le plus grand du temps, si l'on excepte Shakspeare, Edmuni Spenser composait La reine des fées ^.
Ce poème, de soixante-quatorze chants, divisés en sept livres, et qui d'après le plan de l'auteur devait en avoir douze, semble nous reporter par son sujet en plein moyen âge. Nous y retrouvons le prince Arthur, si cher à nos trouvères, élevé, comme chez eux, par l'enchanteur Merlin, et partant, en vrai chevalier errant, pour chercher par le