‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de laChapitre 20 sur 103 · CHAPITRE VI sdakspeaue. sego.^de période · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI sdakspeaue. sego.^de période

Les chefs-d'œuvre. — Othello ; Hamlet ; le roi Lear; Macbeth; Coriolan: Jules César; Antoine et Cléopâlre; La Icmpêle.

Cependant si dans ces drames empruntés aux chroniques de l'Angleterre, le poète savait conquérir sa liberté de création par l'analyse des caractères, il n'y était pas moins restreint dans son élan par les limites dos faits et par les données inviolables de l'histoire. Il n'y pouvait être poète dramatique que dans les détails : une autorité supérieure lui imposait les plans et les péripéties. Pour

L Sha/sspeare, ses œuvres et ses cviliQutiy c\iap\Vx^ vî. -

trouver Shakspeare tout entier, il faut le chercher dans les grands drames où rimagination toute-puissante ne reçoit de la tradition que des noms, ou tout au plus des événements incertains et peu connus, dans Othello^ Hamlet, Le roi Lear, Macbeth, La tempête.

C'est des premières années du dix-septième siècle (1602 ou 1603) que date la seconde période des travaux de Shakspeare. C'est alors qu'à l'imagination errante et capricieuse du jeune homme succède le ferme regard de l'homme mûr, du penseur, du philosophe.

Un grand fait littéraire, un de ces événements intimes qui renouvellent l'homme secrètement, discrètement, sans rien changer à ses apparences extérieures, s'était accompli dans le poète : il avait lu et étudié notre Montaigne et avec lui Plutarque et la véritable antiquité.

Un Italien, Giovanni Florio, qui vivait à la cour d'Anne de Danemark, femme de Jacques !•% venait de traduire en anglais les Essais de Montaigne (« The essais of Michael Montaigne Knight » ^) : le graveur le plus célèbre du temps, Mardn Droeshout, en avait illustré le frontispice; le poète le plus renommé ( ce n'était pas Shakspeare, mais Samuel Daniel) l'avait enrichi d'un éloge en vers. Montaigne obtenait à Londres un succès plus brillant qu'à Paris. Shakspeare, toujours attentif à l'opinion du public intelligent, ne fut pas des derniers à connaître le moraliste périgourdin. Un exemplaire du Montaigne de Florio, conservé au musée britannique avec la signature de Shakspeare et la date de 1603, nous atteste cette rencontre des deux grands esprits : des passages de Montaigne imités, traduits littéralement dans les drames subséquents du poète, ne laissent aucun doute sur l'influence exercée par l'écrivain français*.

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