‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avee le développement de la littérature frana̧iseChapitre 94 sur 107 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LA PHILOLOGIE, L'mSTOIllE

Heyne, Wolf. — Schlôzer, Jean Mttller, Spittler.

Pour comprendre, pour justifier cette adoration vouée au génie antique par le génie de la poésie moderne, il faut jeter un regard sur ce qui se passait alors en Allemagne dans d'autres régions de la pensée. L'érudition ressuscitait l'antiquité, et en faisait une chose jeune et vivante. Le sens historique découvrait dans les hommes d'autrefois des hommes semblables à nous, des idées, des passions qui nous * agitent encore : il traitait les anciens, selon Texcellente expression de Niebuhr, « comme des contemporains vivant dans un pays éloigné. » Ce n'étaient pas Gœthe et Schiller seulement qui redevenaient classiques sous un point de vue nouveau ; c'était l'Allemagne tout entière.

Deux hommes contribuèrent principalement à fonder la science renaissante de Tantiquité grecque, Heyne et Wolf,

Christian Gottlob Heyne (1729-1812), élève d'Ernesti à Leipzig, fut le successeur de Gresner à Gôttingue, où il déploya pendant un deminsiècle son inépuisable et féconde activité. Quelques reproches qu'on puisse adresser soit à son caractère personnel, soit à la sûreté de ses connaissances grammaticales et philologiques, il lui reste la gloire incontestable d'avoir franchi les bornes où les grammairiens et les antiquaires de profession s'étaient emprisonnés jusqu'alors. Entraîné par l'impulsion puissante de Lessing, de Winckelmann, de Herder, Heyne.

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