‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 114 sur 118 · Die Offenbarung Johannis · texte numérisé non relu

Die Offenbarung Johannis

destinée future de l'empire romain et les autres aux temps à venir, c'est-à-dire aux fins dernières '.

Sanday ^ croit que l'Apocalypse décrit la lutte mortelle déclarée entre l'empire romain et le christianisme. L'empire était résumé dans la personne de l'empereur et sa religion était le culte des empereurs. Un essai avait été fait pour imposer ce culte à tous, mêm^^ aux chrétiens. Ceux-ci, déclare le prophète, pouvaient résister jusqu'à la mort et leur résistance ne sera pas vaine. Déjà la lutte entre la puissance du mal et celle du bien a eu lieu dans le ciel, et Satan a été vaincu. Actuellement, on tente plus strictement d'imposer le culte impérial aux chrétiens, et la pression va augmenter; le prophète encourage ses frères à la résistance et leur promet le secours des puissances célestes. Satan touche à sa fin; le Seigneur vient.

;' 13. — Caractères doctrinaux de l'Apocalypse.

L'Apocalypse est très riche en enseignements théologiques, lesquels, bien que se rattachant étroitement aux enseignements des évangiles ou de saint Paul, présentent un nouvel aspect ou un développement des doctrines chrétiennes.

Sur Dieu, l'Apocalypse reproduit exactement les enseignements de l'Ancien Testament. Dieu est celui qui est, I, 4, de l'Exode; le trois fois saint, IV, 8.

\. Thf. Aporatj/ptr of tit. John, a.xii,

i. Thf Apnrnlyptf; Journ. oftheol. Studies, vol. VIII, p. 482, London.

i'.mn.

d'Isaïe; le Seigneur du ciel, XI, 13. de Daniel. Il reçoit tous les titres qui, dans les Septante, sont donnés à Dieu: So)v,'ô ^wv, ô TravToxpaxwpj'icYio;, 6aio;, otXyjôtvoç, îajrupo;, ô irpSTo; xai ô Iff/aToç. Il est éternel, l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin ; il est le suprême roi de l'univers, dont il est le créateur, le juge de l'humanité, celui qui récompensera les bons et punira les méchants. En face du paganisme, qui divinise même (les créatures encore vivantes, l'auteur de l'Apocalypse |)rofesse que Dieu seul est adorable. A deux reprises, il proteste contre l'adoration des anges, une hérésie que Paul avait déjà combattue dans ses épîtres aux Ephésiens et aux Colossiens.

La figure de Jésus-Christ, fils de l'homme et fils de Dieu, est présentée dans l'Apocalypse en son plein développement. Il est comme un fils d'homme; il est le premier né d'entre les morts, I, 5; le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, V, 5; XXII, 16; il était mort, mais il vit maintenant aux siècles des siècles, I, 18; il est l'Agneau immolé, V, 6; mais il est assis avec son Père sur son trône, III, 21. L'auteur de l'Apocalypse nous décrit l'aspect du Christ glorifié, triomphant dans le ciel, I, 14-17; XIV, 14; XIX, H, ss.; il énumère ses prérogatives. S'il ne le qualifie pas positivement de Dieu, il lui donne tous les titres de Dieu; il est le vivant, I, 18, le saint, le vrai, III, 3, l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, XIX, 16; XXII, 13. Tous les passages de l'Ancien Testament où il est parlé de Dieu, sont ap-

pliqués à Jésus-Christ; il est le Seigneur des seigneurs, le Roi des rois, Deut. X, 17 et Ap. XVII, 14. Pour moi je reprends, dit Dieu, et je châtie tous ceux que jaime, Prov. III, 12 eiAp. III, 19; l'Agneau a les sept esprits de Dieu, envoyés par toute la terre, Zach.

IV, 10 et Ap. V, 6. Il est le Fils de Dieu, II, 18; son nom est la parole de Dieu, XIX, 13.

L'existence et l'action du Saint-Esprit sont très nettement marquées dans l'Apocalypse. Devant le trône de Dieu brûlaient sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu, IV, 5; l'agneau avait sept yeux, qui sont les esprits de Dieu envoyés par toute la terre,

V, 6. C'est en esprit que le prophète a contemplé ses visions, I, 10; IV, 2 ; XIII, 3; XXI, 10; c'est l'esprit de prophétie qui rend témoignage au Christ, XIV, 10 ; le Seigneur est le Dieu des esprits prophétiques, XXII, 6.

On pourrait trouver aussi dans l'Apocalypse des indications sur le salut, ^ awtïipfa, attribut de Dieu et du Christ, XII, 10; XIX, 1; sur l'Agneau qui, par son immolation sanglante, a racheté l'humanité, I, 5; V, 9; VII, 14; XII, 11; sur la foi en Jésus, II, 13, l«i: XIII. 10; XIV, 12; sur les œuvres des lidèles, II, 2, in: ni, 1,8, 15; XIX, 8; XIV, 13; XV, 3; XX, 12; XXII

Les anges jouent un rôle prépondérant dans l'Apocalypse. Ce sont les serviteurs et les agents de Di<Mi dans tous les actes à accomplir. Ils adorent Dieu devant son trône, VII, 11 ; VIII, 2; ils sont envoyés par Dieu, XXII, 6; ils président aux forces de la naturr VIL 1 ; XVl. 1; ils exécutent les jugements de Dieu

VIII, 6; XII, 14; ils combattent pour Dieu contre les puissances du mal, XII, 7; XIX, 14; ils sont les gardiens des églises, II, 1, 12, etc.; ils ofiFrent les prières des saints, VIII, 3, 4. Enfin, l'Apocalypse parle des anges déchus, de l'antique serpent, appelé le diable et Satan, XII, 9; XX, 2.

Les fins dernières de l'homme sont l'objet propre de ce livre et nous n'avons pas à revenir en détail sur les enseignements qu'il nous donne à ce sujet, puisque nous les avons fait ressortir dans l'analyse que nous avons donnée de l'Apocalypse. Ils se résument dans les lignes suivantes : signes précurseurs de la fin du monde, fléaux qui frappent l'humanité, lutte contre les puissances du mal, triomphe du Christ, première résurrection des justes et millenium, nouvel assaut de Satan délivré, sa défaite définitive, résurrection générale, jugement, la seconde mort, l'enfer pour les méchants, le règne éternel des justes dans la Jérusalem nouvelle.

^' 14. — Caractères linguistiques de l'Apocalypse.

Remarquons tout d'abord que le texte de l'Apocalypse est très corrompu et qu'il offre de nombreuses variantes grammaticales. La plupart des irrégularités grammaticales que nous citons sont extraites de certains manuscrits, de l'Alexandrinus en particulier, le plus ancien de ceux que nous possédons ; elles ont été corrigées d'ordinaire dans les manuscrits plus récents et dans le Textus receptus.

1, Vocabulaire. L'Apocalypse contient 913 mots distincts; 42 sont des noms de personnes ou de lieux. 108 mots n'ont pas été employés dans les autres écrits du Nouveau Testament... : aXcpa, afjiw(jiov, Siauyr^ç, SitcXoîJv, lvSio(jiviffi(;, ÇriXsuetv, OsiwSyiç, xpuffTaXXtî^eiv, ^eSt), etc. 70 de ces mots se retrouvent dans les Septante : «xuâ(^£iv, PaffavifffAoç, péxpu;, Spâxcov, xaû(/.a, xuxXôOev, etc.

Relativement à sa longueur, l'Apocalypse est celui des livres du Nouveau Testament qui contient le plus d'(5t7r«^ XfiYOfxsva; il y a 1/8 de ses mots qui sont des oiira^, tandis que Marc en a 1/16. Ceci s'explique par le contenu de l'Apocalypse, où dominent la mention d'objets d'usage peu ordinaire et la description de spectacles extraordinaires et étranges. L'énumération des marchandises, XVIIT, 11-13, fournit 12 S.Tza.1 et la liste dos pierres précieuses, XXI, 19, en contient 10. 98 mois sur 913 n'ont été employés qu'une fois dans le Nouveau Testament ou par un seul écrivain du Nouveau Testament : dtSeiv, àpv{ov, y^uxu;, xaîrvo;, iakcttÔ;, etc. C'est avec Paul et Luc que l'Apocalypse a 1(î plus d'éfira; communs : 33 avec Paul, 30 avec Luc, 9 avec Matthieu. 8 avec .lean, G avec Jactpies, 5 avec Marc, 3 av(!c Hébreux, 2 avec Pierre. Cet emploi des mômes fiiraÇ par l'Apocalypse, Paul et Luc a sa cause dans ce fait quiles trois écrivains étaient dans les mêmes conditions de vie et s'adressaient aux mômes peuples parlant los mômes dialectes grecs.

On compte 9 mots : 'ACaSSwv, 'AttoXXûwv, 'Ap(j.aYeS(ôv,

Pil5Xap(ûiov, yjjAUopov, xaTS(6ïjj.a, xaTioyoïp, NixoXafryic, /«XxoXt- 6«vo;, qu'on Ironv dans l'Apocalypse pour la première

fois. 4 sont des noms propres, probablement de l'invention de l'écrivain; xaniYwp est une variante pour xatr^yopoç, ■^iji.iwpov pour -Jifjnwpiov.

Les manuscrits offrent des particularités remarquables d'orthographe : x^puaSypour/^pua/jv, I, 13; xsxoTttaxEi; pour xexoTTi'axa;, II, 3; eÎX"^ pour ei/ov, IX, 8 etc.

Ce qui donne à la langue de l'Apocalypse une couleur particulière, c'est le grand nombre d'expressions et de tournures de phrase qui reviennent souvent : Triaxôç xat aXrjôlvoç, ô eywv oOi; àxouCTolTto, fAexà xauta eToov, xai tSoû, ô xaôii[i.evo; lit\ tov ôpdvov, oî xaxoixoûvTgç èm Tr,ç y^;; de phrases à peu près semblables ou exprimant la même idée : Ifxapxupyiasv tov Xôyov toïï ©soù xai xriv ixapTupi'av 'Iiqaoîî Xpi(TToî», I, 2; I, 9; VI, 9 ; XX, 4 ; des mots souvent répétés: ttYYsXo;, (icYio?, aT(Jia, àxouEtv, piêXiov, Ppovxii, y^, P^e- TTôiv, YP«'feiv, oo^a, epyov, 7rXTf)Y>i, Trpoaiouov, etc. Swete en a relevé 65. Signalons aussi les expressions suivantes : 6 Kuptoç à 0£o; ô 7ravT0xpaT0)p, (xapxupfa 'Ir,ffoû, ÎJwv et; Toù; aicôvotç TÛiv attovcov, Xt[Avr, toîÎ Tcupbç xa\ Ôsiou, pîêXo; tyîi; ^bniç, Tf/iyal uSoctwv, xripETv xàç evToXaç, etc.

2. Grammaire. 11 y aurait lieu de faire une étude spéciale de la grammaire de l'Apocalypse. Bousset^ a trop bien exécuté ce travail pour que nous essayions de le refaire. Signalons seulement, d'après lui, les particularités les plus remarquables de la grammaire de l'Apocalypse.

Les difficultés de construction sont nombreuses dans l'Apocalypse. Souvent la construction est brisée, puis

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