‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 24 sur 118 · Urchrislliche LiUeraturgeschichle, Berlin, IflOo · texte numérisé non relu

Urchrislliche LiUeraturgeschichle, Berlin, IflOo

écoles d" Alexandrie; il connaissait les principales épîtrcs de Paul et Tévangile de Marc, ainsi que la P" épître de Pierre et l'épitre aux Éphésiens.

Bacon a prétendu ^ avoir démontré que l'évidence externe, dans la mesure dont nous possédons ses témoignages, soit que nous interprétions ses données ou son silence, peut aussi bien être invoquée pour ou contre l'authenticité johannique. Par l'examen de l'écrit il distingue trois rédacteurs : le premier serait, pour le fond de l'évangile, l'apôtre Jean; ensuite viendrait celui qui aurait rédigé l'évangile dans son ensemble; puis, l'auteur du chapitre XXI, qui serait Jean le presbytre. Enfin, il y aurait eu un éditeur du tout. On y trouvera des conceptions idéales plutôt que des données historiques. La littérature johannique dans toute sa structure nous révèle l'effort du paulinismc dans la deuxième génération après le grand apôtre, en partie pour se définir contre le pseudo-paulinisme des gnostiques docètes, en partie pour trouver une ancre solide dans la vie historique de Jésus et dans le nouveau commandement qu'il nous a donné.

Enfin, Sanday ^ conclut de son examen que l'auteur étaitun témoin oculaire, un homme apostolique, ou dans le sens étroit du mot apôtre, ou dans le sens plus large. L'évangile se donne lui-même comme une autorité de première main, et l'auteur écrit en se plaçant au point de vue du cercle apostolique; il donne ses expériences

i. The Johannini: jirotilem; Uib. Jourunl, l.oitdon, 1!Wi. a. The criliciim ofthe fourth Uo$pel, Oxford, loo;;.

personnelles comme celles d'un apôtre ; en outre, le récit de l'évangile correspond dans ses détails aux conditions réelles du temps et du lieu, dans lesquelles les scènes se sont passées, conditions qui cependant se modifient rapidement et disparaissent. Pour les discours, il en est qui semblent assez littéralement rapportés; par exemple, les dialogues ou les controverses avec les Juifs. Plusieurs discours semblent issus de sentences aphoristiques, que l'évangéliste a répétées et renforcées par ses expressions propres, de sorte que l'on ne distingue pas toujours entre les paroles du Seigneur et celles de l'évangéliste. En conséquence, les souvenirs historiques, les réflexions, et les interprétations, fruit de la réflexion et de l'exégèse de l'auteur, nous sont parvenus inextricablement mélangés. D'après Burkitt\ l'auteur était un juif de Jérusalem, qui connaissait bien la topographie de la ville et le calendrier juif. Avant sa conversion au christianisme, il était sadducéen et prêtre. 11 croit à la résurrection spirituelle par Jésus-Christ, mais non à la résurrection matérielle qu'enseignaient les Pharisiens. Il a écrit pour prouver la réalité de Jésus-Christ, mais il n'était pas historien. Pour lui, les idées seules et non les faits étaient des iralités. Pour Goëbel', Jean, le disciple bien-aimé, est l'auteur du IV* évangile ; les discours sont authentiques. Lepin ^ affirma que tout s'unit pour aboutir à l'authenticité johanniquc du IV^ évangile, le témoi-

i. TheGospel History and ils transmission, Edinburgh, 1906.

2. Die Reden des Herrn nacli Johannes: Kap. I-XI. Gùtersloli, 1900.

Page 1