Paralletterte zu Jo/tannet, Leipzig
disciples, Jn XIV-XVII. Dans les deux prières Dieu est appelé Père saint, IlâTep éfyie, Jn. XVII, 11 = Did. X, 2, terme qui n'est employé nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament. Les actions de grâces que nous trouvons dans la Didachè, X, 2, pour le saint nom que Dieu a fait habiter dans nos cœurs, pour la' connaissance, la foi et l'immortalité qu'il a révélées par Jésus-Christ, répondent aux déclarations solennelles de Notre-Scigneur : « C'est la vie éternelle qu'ils vous connaissent, vous le seul vrai Dieu », Jn. XVII, 3. « J'ai manifesté votre nom à ceux-ci », XVII, 26. Les prières pour l'unité et pour la sanctification de l'Eglise, pour sa délivrance de tous les maux et son perfectionnement dans l'amour de Dieu, Did. X, 5, ne nous rappellentelles pas des prières identiques de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Qu'ils soient un », Jn. XVII, 11. « Que vous les préserviez du mal », ib. 15. « Sanctifiez-les », ib. 17. « Afin qu'eux aussi soient sanctifiés », ib. 19. « Qu'ils soient consommés en un », ib. 23? A comparer encore : Did. X, 2. = Jn. I, 14; XVII, 6, 11; Did. IX, 2; = Jn. XV, 1; Did. X, 5 = I Jn. 10; Did., IX, 2, 3; X, 2 = Jn. XV, 15; Did. XI, 2 = Jn. IV, I. De ces nombreuses similitudes de texte conclura-t-on que la Didachè s'est servie du I V'' évangile ? On pourrait tout aussi bien supposer que c'est saint Jean qui a connu la Didachè. Mais si l'on remarque que ce sont les prières eucharistiques de la Didachè, qui seules présentent des ressemblances assez frappantes avec le IV" évangile, si l'on se rappelle que ces prières, destinées à un usage liturgique, sont aussi anciennes
dans rÉglise que le rite qu'elles accompagnent, et qu'elles ont par conséquent une origine apostolique. on verra de suite que la Didachè ayant reproduit les prières d'actions de grâces que les apôtres avaient composées daprès la prière sacerdotale de Notre-Seigncur, et que saint Jean ayant répété les paroles originales de Jésus-Christ, les deux ouvrages ont dû inévitablement se rencontrer et offrir de nombreux points de ressemblance. Remarquons en passant l'usage que Ton pourra faire de la Didachè pour répondre à certaines attaques contre rauthenticitc du IV" évangile. Les prières eucharistiques, IX, X, prouvent, par les rapprochements établis plus haut, que les discours de Notre-Seigneur Jésus-Christ et les doctrines du IV" évangile ont pu exister avant le milieu du II" siècle. En particulier, ces doctrines ne sont pas étrangères, comme on l'a dit, à la prédication apostolique, et ne dérivent pas nécessairement des spéculations alexandrines ou gnostiques.
Les ressemblances que l'on a relevées entre le IV'" .évangile et la I"' épître de Clément sont trop vagues pour que l'on suppose une dépendance littéraire. Voici les passages les plus significatifs :
Jn. XN'II, :> : tva YivwTXtoaiv aï t'ov j/LÔvov àXrjOivàv tiiôv, xat flvàTcé(TTit)a( 'luiffoOv Xpiar^v.
XII, 28 : iraTCp, Sé(ao<iv tou
Ci,. Uom. \A\, 1 : ywûxi'iuiaa.'i (ïnavTa xà êôvTj ôti ait tl i Heôc [lovo; xal 'It)(ioû; Xpiatà; ô naî; (Tovi. I.IX, ;{ : »U TÔ Yi^wffxeiv us
TOV |l(ivOV "3tJ/l(TT0V.
.XI.III, G : »Utô 8oÇaffO:?jv«i t^ 2vo|Aa Toû àXr,0ivoO xx2 |x6vou (•UoO.
Les idées sont les mêmes, mais peuvent provenir de la prédication chrétienne. D'ailleurs, la I'*" épîtrc de Clément ayant été écrite vers 90-95, on ne peut s'attendre à y trouver des passages du IV" évangile, écrit à Éphèse, vers la même époque, sinon même plus tard.
« Il ne semble pas douteux, dit Ladeuze ', que l'évêque d'Antioche ait utilisé assez souvent le texte même de notre évangile. Qu'on lise Rom. Yll '■> Eph. IX, 1 ; Magn. VIll ; Philad. VIT, 1, on trouvera dans ces passages, accumulées dans un même contexte, des figures extraordinaires qui sont aussi réunies dans un même contexte de l'évangile johannique ou bien encore des incises inutiles, des manières de parler étranges qui s'expliquent si l'auteur était lié à un texte écrit qu'on trouve chez saint Jean. » En outre, saint Ignace d'Antioche enseigne dans ses épîtres une théologie qui rappelle de très près celle du IV* évangile, surtout en ce qui concerne Jésus- Christ. Cf. Magn. VIII, 2 = Jn. I, 1-16, 17; VIII, 29; XVII, 3, 0; fl^ Rom. VII, 1-3 = Jn. XIV, 30; IV, 1; VII, 37-39; XVI, 28; VI, 51, 54-57. II n'en fait cependant aucune citation littérale. Voici les plus caractéristiques :
Jn. IV, 10, 14,23 : aùâvfjTr.ffa; aûxèv xai i6(i>xev av soi OSwp Çûv... TÔ05(i)p ô Stôow aCiTtp ^evi^ffETai èv aCiTtp nri-^-ti CSaTo; àX).o- (iévou et; Ça)9|v aiwviov... xat y«P ô Traxrjp TotoÛToy; Çtitei toùç nçôaxuvoùvTa; aÙTÔv.
Ignace, ud Rom. VII, 2 : oùx ÊffTiv èv è|xoi n'jp 9c).ôû).ov uSwp §è 2|(ii>v xaî )a).oûv iw èpiot laon^h (ioi XsYOv Aevpo Ttpô; tôv iraTÉpa.