Ilotn. in Josuam, vn,l
•2. In Joh., t. I, G.
.'i. Liber testimoniorum adversus Judaeos, I, 18.
mcncement du m" siècle, la tradition catholique est unanime sur ce point. Jérôme^ la résume en ces termes : Joannes apostolus, quem Jésus amavit plurimum , filius Zebedaei. frater Jacobi apostoli, novissimus omnium scripsit evangelium.
On trouvera la confirmation de cette origine dans les Actes syriaques apocryphes de Jean, dans le livre de Prochorus : Upd^etç 'Iwawou.
Enfin, les catalogues des livres saints ou Canons les plus anciens contiennent le IV" évangile avec Tattribulion à Jean.
En résumé, révidence externe est en faveur de l'origine johannique du IV* évangile. En supposant même, ce que nous n'admettons pas, que le témoignage d'Irénée ne soit pas absolument catégorique, il est corroboré par un ensemble d'autres témoignages qui l'appuient de leur autorité. Il est bien diflicilcde croire que, tout d'un coup, vers la fin du ii** siècle, tous les écrivains s'accordent pour attribuer cet évangile à l'apôtre Jean, sans qu'il y ait eu antérieurement une croyance générale à ce sujet.
Nous avons à montrer maintenant que l'examen interne de l'évangile lui-même ne s'oppose en rien à cette conclusion. Mais, afin d'avoir une base solide pour appuyer nos observations, il faut auparavant d('>lerniiiier exactement ce que nous savons sur Jean l'apôtre.
). De viril ill. 9.
H. — JEAN i/apÔTRE, FILS DE ZÉBÉDÉE.
Jean était fils do Zcbédée et frère do Jacques; il était Galiléen et probablement do Bethsaïda; son père était un pêcheur du lac de Tibériado, Me. I, 19, 20. Sa mère était probablement Salomé, car parmi les femmes qui, de loin, regardaient le crucifiement de Jésus, Marc, XV, 40, nomme Salomé, tandis que Matthieu, XXVIl, 56, appelle celle-ci la mère des fils de Zébédée. Jacques était probablement le fils aîné, car il est toujours nommé avant Jean. La famille devait être dans l'aisance, puisque Zébédée a des serviteurs, Me. I, 20, et que la mère des fils de Zébédée est rangée parmi les femmes qui accompagnaient Jésus et le servaient, Mt. XXVII, 55. Jean fut appelé par Jésus avec son frère Jacques, immédiatement après Tappel de Simon et d'André. Mt. IV, 21, 22 ; Me. I, 19, 20; Le. V, 10, 11. Il est possible mémo qu'il ait déjà auparavant connu Jésus, s'il faut l'identifier, comme nous le dirons, avec le disciple de Jean-Baptiste, qui était avec André et suivit Jésus, Jn. I, 37. Il fut choisi par Jésus pour être un des douze, qui étaient avec lui, Me. III, 17, et il reçut avec son frère le nom deBoanerges, que l'évangéliste, Me. III. 17, dit signifier : fils du tonnerre.
Il occupait une place prééminente parmi les disciples de Jésus, car il est toujours parmi ceux qui accompagnent Jésus dans les occasions importantes; avec Pierre et son frère Jacques, il fut choisi pour être témoin de la résurrection de la fille de Jaïr, Me. V, 37 ;
pour assister à la transfiguration du Seigneur, Me. IX, 2, pour être plus près de Jésus au jardin de Gethsémani, pendant son agonie, Me. XIV, 33. Il fut présent à la guérison de la belle-mère de Pierre, Me. I, 29; il interrogea Jésus sur le temps où aurait lieu la destruction de Jérusalem, Me. XIII, 3; il fut envoyé avec Pierre pour préparer la Pâque, Le. XXII, 8.
Quelques épisodes de la vie de Jean, racontés par les synoptiques, jettent un jour spécial sur son caractère. Lorsque les Samaritains refusèrent de recevoir Jésus et ses disciples, Jacques et Jean proposèrent à Jésus de faire descendre sur eux le feu du ciel, Le. IX, 54. Auparavant, Jean avait vu un homme qui chassait les démons au nom de Jésus, et il l'en avait empêché, parce quil n'était pas parmi les disciples, Le. IX, 49; Me. IX, 38. Jacques et Jean demandèrent à Jésus d'être assis dans sa gloire, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, Me. X, 36, et les autres disciples s'indignèrent contre Jacques et Jean, Mt. X, 41. Il est vrai que, d'après Mt. XX, 20, c'est leur mère qui adressa la demande.
Ces divers traits paraissent en opposition avec l'opinion traditionnelle, qui s'est fixée, d'un Jean prototype de la bonté afl'ectueusc et auteur du IV* évangile, l'évangile de l'amour. Il est vrai qu'il est souvent question dans le IV" évangile de l'amour de Dieu pour les hommes et de celui que les hommes doivent à Dieu et se doivent les uns aux autres ; mais en aucun autre écrit du Nouveau Testament nous ne trouvons des paroles plus virulentes que dans le IV' évangile contre le pécheur :
« La colère de Dieu demeure sur lui (sur celui qui no, croit pas au Fils) ).,I1I, 30. Cf. 111,18, 19; V, 29; VIII, 23, 24; IX, 39; XV, 22-24. II appelle Judas un démon, VI, 70, le fils de perdition, XVII, 12, et les Juifs, fils du diable, VIII, 44. Il explique de la même façon que les synoptiques l'incrédulité des Juifs, XII, 37-43.
A ces détails biographiques extraits des synoptiques, nous pouvons ajouter ceux que donne le IV" évangile sur un certain disciple qu'il ne nomme pas, et sur le disciple que Jésus aimait. C'était l'un et l'autre, comme nous le démontrerons, Jean, fils de Zébédée.
Lors de l'arrestation de Jésus, l'autre disciple suivit Jésus avec Pierre jusque chez Anne ou chez Caïphe et. comme il était connu du grand-prélre, il entra avec •lésus dans la cour, et introduisit Pierre, XVIII, 15, 16. Au dernier repas que le Seigneur prit avec les siens, le disciple que Jésus aimait reposa sa tête sur la poitrine du Seigneur et, sur l'invitation de Pierre, lui demanda le nom de celui qui devait le trahir, XIII, 27, 26. Il était au pied de la croix et Jésus le donna pour fils à sa mère, et lui donna Marie pour mère. Il prit depuis lors Marie chez lui, XIX, 23-27. C'est à Pierre et à lui que Marie de Magdala vint annoncer qu'on avait enlevé le Seigneur du sépulcre. II devança Pierre au sépulcre et constata que les bandes qui entouraient le corps étaient à terre, XX, 2, 5. Entré dans le sépulcre, il vit et il crut, XX, 8. C'est le disciple que Jésus aimait, qui reconnut le Seigneur, sur les bords dulacdeTibériade. XXI, 7. Enfin, Pierre ayant demandé à Jésus ce que deviendrait le disciple qu'il aimait, le Seigneur
répondit quil ne lui importait pas s'il voulait qu'il demeurât jusqu'à ce qu'il vienne. Réponse que les frères interprétèrent à tort, comme une prédiction du Seigneur que ce disciple ne mourrait pas, XXI, 21-23. Nous verrons plus tard que c'est ce même disciple qui rend témoignage du contenu du IV^ évangile et qui a écrit ce livre.
Dans les Actes des Apôtres. Jean est placé au second rang parmi les apôtres, I, 13; il est associé à Pierre pour la guérison du paralytique à la Porte Belle, III, 4; avec lui, il parle au peuple, IV, 1 ; il est jeté en prison, IV, 3; il est traduit devant le sanhédrin, ib. 7; il répond avec hardiesse bien qu'illettré, IV, 13. Avec Pierre il est envoyé en Samarie, VIII, 15, pour y constater l'œuvre de l'évangélisation; il impose les mains aux nouveaux convertis, qui reçoivent le Saint-Esprit. Avec Jacques et Céphas, les colonnes de l'Kglise, il donne la main d'association à Paul, Gai, II, 9.
S'il faut identifier Jean l'apôtre avec lauteur de l'Apocalypse, ce que nous discuterons plus tard, nous retrouvons le lils de Zébédéc dans ce livre ; Jésus lui a envoyé son ange pour lui révéler les événements qui doivent bientôt arriver, Ap. I, 1; Jean écrit aux sept églises d'Asie, I, 4, lui leur frère, exilé dans l'île de Palmos, à cause du témoignage qu'il a rendu à Jésus- (>lirist, I, 0; c'est lui qui a (Milt^ndu et vu les choses qui sont racontées dans ce livre, XXll, 8.
Avant d'aborder les renseignements do la tradition sur Jean, noiis devons d'abord r('soudre une question. Pourquoi Jean, lils do Zébédéo, n'esl-il jamais nomme*
dans le IV" évangile? Est-il le disciple anonyme, mentionné en divers passages de cet évangile, et, en particulier, est-il le disciple que Jésus aimait et qui reposa sa tête sur la poitrine du Seigneur, lors du dernier repas, Jn. Xlll, 23?
Jean, le fils de Zébédée, qui, d'après les synoptiques et Paul, est parmi les autres apôtres un personnage très en vue, et dont il est parlé à diverses reprises dans ces écrits, n'est jamais nommé dans le IV" évangile. Il y a là certainement un parti pris, car les apôtres qui jouent un rôle quelconque dans le récit sont toujours désignés par leur nom. Il est donc probable que Jean est caché sous un personnage anonyme. En effet, on voit paraître dans le IV** évangile un di.sciple anonyme ou désigné seulement par cette épitlièle : le disciple que Jésus aimait. Ces constatations font dtjà supposer ({u'il y a un lien entre l'auteur du IV® évangile et les deux fils de Zébédée, car Jacques, le frère de Jean, n'est jamais nommé non plus. Au chapitre XXI, 2, les fils de Zébédée sont mentionnés sous cette appellation vague parmi les autres disciples, qui étaient au bord de la mer de Tibériade, lors delà dernière apparition de Jésus. L'auteur, de parti pris, ne voulait donc pas les désigner par leur nom . On ne peut croire cependant qu'il ait agi ainsi afin de se faire passer pour l'apôtre Jean; il aurait plutôt, suivant l'usage des écrivains de pseudépigraphes, dit nettement le nom du personnage qu'il prétendait être. « Les ouvrages supposés, dit Reuss ' . Irahissent généralement leur véritable origine d'une