m si. eccl
On en appelle ensuite autémoignage du martyrologe syriaque, traduit par W. Wright * . qui, énumérant les martyrs, cite après Etienne : Jean et Jacques, apôtres, à Jérusalem; Pierre et Paul à Rome. Dans sa forme actuelle ce martyrologe ne date que du iv*'- V® siècle ; mais n'est-il pas la reproduction d'un document antérieur? Nous devons conclure de la façon dont étaient construits les martyrologes que cette formule signifiait simplement que Jacques et Jean étaient commémorés le même jour à Jérusalem, comme Pierre et Paul l'étaient à Rome. L'Église syrienne n'a aucune tradition du martyre de Jean à Jérusalem. Au contraire, d'après la Doctrine d'Addaï'^, le livre des Actes a été envoyé d'Éphèse par Jean, fils de Zébédée.
Y a-t-il lieu d'attacher de l'importance à la parole du Seigneur disant à Jean et à son frère Jacques : « Vous boirez le calice que je vais boire et vous serez baptisés du baptême dontje vais être baptisé », Me. X, 39? Le Seigneur faisait-il allusion à une mort violente pour les deux frères? En tout cas, on peut toujours alléguer le supplice de Jean plongé dans l'huile bouillante.
On ne peut donc conclure d'aucun de ces témoignages que Jean n'a pas vécu à Ephèse, et ceux que nous avons apportés sur le séjour de Jean dans cette ville subsistent. On ne contredit pas d'ailleurs ces derniers, mais on prétend qu'ils se rapportent à Jean le presbytre €t non à Jean l'opôtre.
i. Journ. ofâaeredLit. VIII, New Scries, p, iS, I8C8. ■i. Ed. l'uaiPi-s, p.tt, 1870.
, On fait quelques observations préliminaires. Comment, si Jean a été à la tête de l'église d'Éphèse, Paul, s'adressant aux presbytres de cette ville, peut-il leur dire qu'il sait que, parmi eux, s'introduiront des loups redoutables, que des hommes prononceront des discours pervers, et ne fait-il aucune allusion à l'apôtre qui vivra parmi eux? De plus, si l'apôtre Jean a réellement vécu longtemps à Éphèse et y a occupé une place prédominante, comment Ignace, écrivant aux Éphésiens qui, dit-il, ont toujours été en accord avec les apôtres, XI, parlc-t-il seulement de Paul, XII, qui n'a vécu que trois ans chez eux, et cela il y a une quarantaine d'années, et ne leur dit-il rien de l'apôtre Jean, qui avait vécu longtemps parmi eux, et dont le souvenir devait être encore récent lorsqu'il leur écrivit ? On remarque, en outre, que les écrivains de cette époque et de ce pays ne paraissent pas connaître l'évangile de Jean ; ce qui est difficile à comprendre si Jean a vécu à Ephèse. Les rapports qui existent entre le IV'' évangile et les épîtres de Polycarpe et d'Ignace sont très vagues. De plus, le texte de Polycrate d'Éphèse, cité plus haut, ne peut viser Jean l'apôtre, fils de Zébédée. L'évêque d'Ephèse donne à ce Jean plusieurs titres, martyr, docteur, prêtre, et ne dit pas qu'il était apôtre ; il le place après Philippe, qui était, dit-il, un des douze apôtres, ce qui est une erreur, puisque Philippe était un des sept diacres, et il semble le ranger avec Polycarpe, Thraséas. Enfin, il ajoute qu'il était prêtre et portait le bandeau sacerdotal. Ce n'est donc pas du fils de Zébédée, pêcheur de Galilée, qu'il parle.
Tout ceci posé, les critiques, Harnack, Schmiedel, soutiennent qu'il y a eu confusion entre deux Jean, Jean l'apôtre et Jean le presbytre. L'auteur de la confusion est I renée qui ayant appris, étant enfant, que Polycarpe avait été disciple d'un Jean, en avait conclu que Polycarpe avait été le disciple de Jean l'apôtre qui avait alors dû vivre à Éplièse, tandis qu'il s'agissait de Jean le presbytre. Le Jean que Papias a connu était Jean le presbytre; il en est de môme pour Polycrate d'Éphèse.
Nous avons déjà fait observer l'impossibilité qu'il y a à admettre qu'Irénée ait constamment cru que le Jean qui avait vécu à Éphèse, était Jean l'apôtre, quand c'était Jean le presbytre ; la tradition ne pouvait être confuse à ce point sur les lieux mêmes et à peine au bout de cinquante ans. Ajoutons ce fait : Irénée est tellement persuadé que Polycarpe a connu Jean l'apôtre et, par conséquent, que celui-ci a vécu en Asie, quil écrit au pape Victor que son prédécesseur Anicet n'a pas pu persuader à Polycarpe de ne pas observer ce qu'il avait toujours observé avec Jean, le disciple du Seigneur, et les autres apôtres avec lesquels ils étaient en communion '. Remarquons en outre que sur le séjour de Jean à r^phèsc nous avons d'autres témoignages que celui d'Irénéo et qu'il est bien difTicile, sinon impossible, de supposer que tous ces témoignages, quelques-uns du n" siècle et orientaux, tels que ceux do Polycrate, de Justin et des Acta Johannis, dépen-