‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 65 sur 118 · XIV, 3J · texte numérisé non relu

XIV, 3J

Mt. X, 24, Un disciple n'est pas au-dessus du maître, ni un serviteur au-dessus de son Seigneur; Le. VI, 40.

Mt. X, 40. Celui qui vous reçoit, me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé ; Le. IX, 48.

Me. XIV, 18. En vérité, je vous dis que l'un de vous me trahira.

Mt. XXVI, 34. En vérité, je te dis que cette nuit même, avant que le coq ait chanté, tu me reniera.s trois fois ; Me.

XIV, 30; Le. XXII, 'M.

Mt. XXVI, 46, Levez-vous, partons !

Mt. XXVI, 52. Remets ton épée en son lieu.

Mt. XXVI, 55. Chaque jour j'étais assis, enseignant dans le temple.

.Me. XV, 2. Et Pilatc l'interrogea : Es-tu le roi des Juifs?

Et répondant, il lui dit : Tu le dis; Mt. XXVII, 11; Le.

XXllI, 3,

On relèvera encore plusieurs paroles de Jésus qui.

sans être littéralement identiques dans le IV* évangile et les synoptiques, expriment les mêmes pensées.

XV, 21. Ils vous feront tout cela à cause de mon nom.

XIV, 18. Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viendrai à vous.

XIII, 3. Jésus, sachant que le Père avait remis toutes choses entre ses mains.

Mt. X, 22. Vous serez haïs de tous à cause de mon nom.

Mt. XXVII, 20. Je suis tous les jours avec vous jusqu'à la fin du monde.

Mt. XI, 27. Toutes choses m'ont été remises par mon Père.

Cf. encore : Jn. III, 18 = Me. XVL 16; Jn. VI, 46 = Mt. XI, 27; Jn. V, 29 = Mt. XXV, 46; Jn. VI, 35 = Mt. V, 6; Le. VI, 21; VI, 46; Jn. I, 18 = Mt. XI, 27; Le. X, 22 ; Jn. XIV, 28 = Me. XIII, 32; Jn. XVI, 32= Mt. XXVI, 35; Jn. XVIL 2 = Mt. XXVIII, 18; Jn. XX, 23 = Mt. XVIII; 18; XVI, 19, etc.

Nous pouvons relever aussi dans les synoptiques des paroles du Seigneur qui, sans être littéralement identiques, rap})ellent d'assez près celles que nous a conservées le IV'' évangile. Matthieu, XI, 25, et Luc, X, 21, rapportent les paroles que Jésus adressa à ses disciples revenus pleins do joie do la miiSsion où il les avait envoyés : En cotte heure il tressaillit de joie dans l'Esprit-Saint et dit : Je to loue, Père, Soigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, parce qu'il t'a plu ainsi. De môme, dans le IV" évangile, III, 35, Jésus dit : Toutes choses m'ont été remises par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce

n'est le Père, ni qui est le Père, si ce n'est le Fils, e( celui à qui le Fils veut le révéler.

Et cette parole du Seigneur que rapporte Matthieu, XI . 28-30 : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et moi, je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous, et recevez mes enseignements, parce que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau est léger, n'ont-elles pas un accent nettement johannique ? Cette opposition, si souvent répétée dans saint Jean, de lumière et de ténèbres, est à la base ' des sentences du Seigneur dans Le. XI, 34-36 et Me. VI, 22, 23. Ces paroles du père de l'enfant prodigue à son fils aîné : Mon fils, tu es toujours avec moi et tout ce que j'ai est à toi, rappellent celles de Jésus à ses disciples, Jn. XVI, 10. Ce passage de Me. VI, 34 : Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule et il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont point de berger, rappelle la parole de Jésus sur le bon pasteur, Jx. X, 7-17. Il serait possible de citer encore d'autres paroles du Seigneur, conservées par les synoptiques, et présentant une certaine ressemblance avec celles des discours du IV évangile.

On a souvent remarqué qu'il y avait une frappante analogie entre les doctrines des épîtres pauliniennes et celles des discours du Seigneur dans le IV« évangile, surtout on ce qui concerne la personne de Jésus- Christ. Des deux cotés, sont affirmées la filiation divine de Jésus, Jn. I, 14 = Rom. I, 4, 6 ; V, 10; VIII.

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3, etc.; la préexistence du Christ, Jn. VIII, 58 = Gai. IV, 4; Rom. VIII, 32; I Cor. VIII, 6; Phil. II, 2; la renaissance spirituelle du chrétien, Jn. III, 3, 5; V, 8 r= Tit. III, 5; Hom. VI, 4, 11; Col. II, 12; 1 Cor. V, 7 ; l'union des fidèles avec le Christ, Jn. XIV, 20 ; XVII, 20-24 = Rom. VI, 6 ; la foi en Jésus-Christ et l'amour, conditions de la vie en Jésus, Jn.VI, 47; XIN', 1 ; XX, 31 = Gai. III, 26 ; Eph. III, 16, 17. Cf. Jn. XIV, 15; XV,9-ll=G^a/. V,6;6'o/. III, 14. On ne peut supposer une dépendance littéraire entre les épîtres pauliniennes et le IV* évangile, car les doctrines ne sont pas présentées de la même façon et il y a très rarement similitude d'expressions ; elles ne sont pas non plus à un même degré de développement. 11 faut donc les reporter toutes à une même source, c^st-à-dire à l'enseignement de Jésus, ce qui nous oblige à conclure à leur authenticité dans les deux séries de documents.

Nous retrouvons aussi dans d'autres écrits du Nouveau Testament quelques échos des discours du Seigneur rapportés dans le IV"" évangile. Ainsi, lorsque saint Pierre dit à ses lecteurs : Car vous étiez comnu' des brebis égarées, mais à présent vous êtes revenus au berger et au gardien de vos ûmes, II, 25, ou aii\ presbylres : Paissez le troupeau de Dieu qui vous v^i confié, non par contrainte mais volontairement, non par avarice mais par zèle, V, 2, ne rappelle-t-il j l'allégorie du Seigneur sur le bon berger, Jn. X, li'

Remarquons enfin l'identité do certaines citations entre le IV' évangile et les synoptiques. Saint Jean constate que les Juifs ne croyaient pas en Jésus, bien

qu'il eût fait de nombreux miracles en leur présence. Il explique cette impossibilité de croire en citant le même texte d'Isaïe, VI, 9, dont Jésus s'était servi pour annoncer à ses disciples que les Juifs endurciraient leur cœur et fermeraient leurs oreilles à son enseignement, Mt. XIII, 15; Me. IV, 12; Le. YIII, 10.

2" Et maintenant, dans quelle mesure de littéralité l'auteur du IV" évangile a-t-il reproduit les paroles du Seigneur? Il est difficile de répondre avec précision à cette question. Presque tous les critiques qui l'ont traitée, ont pensé que l'auteur du IV* évangile, tout en reproduisant des discours du Seigneur, leur a fait cependant subir un travail de méditation, de réflexion, ou d'arrangement. Nous ne parlons pas de ceux qui supposent que ces discours sont dus tout entiers à la réflexion de l'auteur.

Observons d'abord que les critiques les plus conservateurs admettent que le IV« évangéliste, en reproduisant les discours et les paroles du maître, a dû y mettre du sien, c'est-à-dire quelque chose de son style : et de sa manière... Les enseignements du Christ, dit Chauvin, restés à l'état de souvenir dans la mémoire de l'apôtre, se mélangèrent nécessairement à sa pensée, à sa propre doctrine. Notre évangile n'est que le résultat de ce travail très personnel d'assimilation et de condensation'.

Knabenbauer ^, reproduisant à peu près littérale-

i. Chauvin, Le$ idées de M. Loisy sur le IV Év., p. n8,Paris, 1906. 2. Corn, in Emngetiitm Joannis, p. 16, Paris, 1898.

ment des propositions de Corluy ^ pense que, pas plus que les synoptiques, saint Jean n'a rapporté littéralement, Verbatim^ les paroles du Seigneur. Il avait retenu les chefs principaux des discours et il les a reproduits exactement ; quant aux développements des idées, il n'en a donné qu'une relation abrégée. Il a exprimé dans sa langue propre le sens des paroles du Christ : « Consequitur ipsum Magistri sermones ac sententias proprio modo expressisse. Si itaque doctrinam Christi mente retinuit — ecquis id potnisse fieri negabit? — etiam sermones illos fideliter ad mentem et sensum Christi, etsi non utique ad ipsa verba, conscribere potuit. »

Et d'ailleurs, pour qu'un discours soit tenu pour authentique, il n'est pas nécessaire qu'il soit rapporté mot à mot. Ainsi on s'accorde à regarder comme authentique le discours de l'empereur Claude, que raj)porte Tacite^, et cependant si on le compare au discours réel qui nous a été conservé par la Table claudienne, dont les fragments sont au musée de Lyon, on reconnaîtra que l'historien, tout on reproduisant fidèlement le fond du discours, a cependant résumé, remanié, amélioré nu^me {\ sa façon le discours de rcmpercur. Ce sont les idées de Claude, mais présentées par Tacite et avec le style de Tacilc ^.

Cependant, avant d'essayer de fixer avec quel degré

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