‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 66 sur 118 · Commentariu» in Evanyelium aecundum Joannem, p. w, Paris · texte numérisé non relu

Commentariu» in Evanyelium aecundum Joannem, p. w, Paris

S. AnnaU$, XI, «».

3. Ci'cukval, llistvire de réloguence romaine, t. II, p. G4, Paris, 1893.

de précision l'auteur du IVe évangile a rapporté les paroles du Seigneur, remarquons qu'on ne peut être trop exigeant à ce sujet. Jésus a parlé en araméen, et les discours du IV" évangile sont en grec; cela déjà nous indique qu'il ne faut pas croire à une identité absolue de reproduction. De plus, un assez long espace de temps s'est écoulé entre la composition du IV* évangile et le moment où furent prononcés ces discours. Même en admettant que saint Jean ait médité souvent les paroles du Seigneur et qu'il se soit efforcé de les conserver, de mémoire ou par écrit, il est possible que ses efforts aient porté plutôt sur le sens général du discours que sur la littéralité môme. Enfin, l'uniformité relative du style fait supposer que l'auteur a retravaillé les discours, tout au moins, au point de vue de la forme. 11 est même certains discours où, à un moment donné, avons-nous déjà dit, les interlocuteurs ne sont plus les mêmes, III, 11; d'autres, où l'on voit assez clairement que l'écrivain s'est substitué à Notre-Seigneur pour résumer la doctrine de celui-ci, XII, 44-50 ; d'autres, enfin, dans lesquels on ne sait à qui s'adresse Jésus. Ainsi, ch. VIII, après la péricope de la femme adultère, l'évangéliste ajoute, f 12 : Jésus donc leur, «ÔToTç, parla de nouveau. Ce n'est pas aux pharisiens que Jésus s'adresse puisqu'il est dit, f 9, qu'ils s'étaient retirés ou, si l'on rejette la péricope, il est dit, VIII, 53, que les auditeurs s'en étaient allés chacun chez soi- Cependant, ce sont les pharisiens qui répondent f 13. Puis, f 21. Jésus leur, aùtoïç, parla de nouveau, et ce sont, f 22, les Juifs qui répondent. Plus loin, l'évan-

géliste affirme que, sur les paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui, f 30, puis Jésus s'adressant à ces croyants, f 31, les accuse, f 37, de vouloir le tuer, et y 44, d'être les fils du diable et de faire les œuvres de leur père. Alors les Juifs, f 48, répondent qu'il a un démon, et essayent de le lapider, f 59. Ces diverses observations nous obligent à conclure qu'il y a dans les discours du Seigneur, que rapporte l'évangéliste, un arrangement qui est du fait de celui-ci et ne répond pas toujours à la réalité. Il y a même une fin de discours, qui est un résumé de l'enseignement du Seigneur et qui est, d'ordinaire, attribué à l'évangéliste, XII, 44-50. Il est même probablement des paroles du Seigneur, maintenant réunies en discours dans le IV" évangile, qui ont pu être prononcées séparément. Mais si nous ne pouvons affirmer que le IV° évangile reproduit littéralement les discours du Seigneur, nous pouvons, tout au moins, citer des sentences tellement caractéristiques, se présentant si nettement sous cette forme aphoristique qui rappelle les Logia des évangiles, qu'on devra reconnaître en elles la touche même du Seigneur. On ne retiendrait que celles-ci qu'on aurait encore tout l'enseignement du Seigneur dans le IV" évangile. En voici quelquesunes * : Jn. ; I, 51 ; II, 16, 19. En vérité, en vérité, je te dis qu'à moins de naître d'en haut, on ne peut voir le royaume do Dieu, III, 3. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit, III, 6 ; III,

4. Quelque! st-utoncei «oui dunnéoH en entier; des autrcH on ne lournit que la référence.

8. Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif; mais l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissante jusqu'à la vie éternelle, IV, 14, 21, L'heure vient et elle est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, IV, 23. Dieu est esprit, IV, 24, 31. Ma nourriture c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre, IV, 34, 44, 48; V, 14, 17, 19, 23, 30, 40, 44. Travaillez, non pour la nourriture périssable mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera, VI, 27, 33, Je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif, VI, 35, 44. C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien ; les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie, VI, 63 ; VII, 7, 17. Ne jugez pas selon l'apparence, mais portez un jugement juste, VII, 24. Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie, VIII, 12, 26. Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous délivrera, VIII, 32, 34, 36. Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort, VIII, 51 ; IX, 4, 39, 41. Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi ne mourra pas, XI, 25 ; XII, 24, 25, 26. Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, je les attirerai tous à moi, XII, 32, 36, 44. Je ne suis point venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde, XII, 47; XIII, 15, 20. Je vous donne un commande-

ment nouveau, que vous vous aimiez les uns les autres, XIII, 34, 35; XIV, I, 2. Je suis la voie et la vérité et la vie; personne ne va au Père, si ce n'est par moi, XIV, 6, 9, 15, 21, 27 ; XVII, I. Mon royaume n'est pas de ce monde, XVII, I, 36, 37, etc.

Il serait possible de multiplier ces sentences, car les discours du Seigneur dans le IV" évangile sont une suite de propositions aphoristiques. Si nous avons cité celles-ci, c'est qu'elles nous ont paru les plus caractéristiques. Elles portent toutes la même empreinte et, puisque nous en avons trouvé un bon nombre qui rappelaient de très près les sentences du Seigneur dans les synoptiques, nous pouvons conclure qu'elles émanent toutes de la même source, à savoir de Jésus-Christ.

Aucune des objections proposées contre l'authenticité des discours du Seigneur dans le IV évangile ne nous oblige donc à la nier; de plus, les rapprochements entre los discours du IV" évangile et ceux que nous ont conservés les synoptiques établissent que des deux côtés les discours sont assez sensiblement les mêmes, comme forme et comme enseignement, pour qu'on doive admettre qu'ils émanent, au moins en substance, de la même source, à savoir de l'enseignement de Notre-Seigneur. De plus, si nous sommes obligé de reconnaître que l'auteur du IV" évangile a marqué de son empreinte littéraire les discours qu'il a rapportés, et que, quelquefois, il lès a disposés d'après un arrangement qui lui appartient, nous pouvons cependant aflirmt^r qu'il a reproduit la substance de ces

discours et que, pour un très grand nombre de sentences, nous avons même une reproduction, qui semble littérale. Nous avons donc le droit de conclure à l'authenticité des discours du Seigneur que nous trouvons dans le IV'' évangile. De plus, ayant établi que les récits rapportés par le IV*' évangile sont historiques, nous pouvons affirmer d'une façon générale la valeur historique de l'évangile selon saint Jean.

,S 11- — Langue du IV évangile i.

1° Vocabulaire. Le vocabulaire du IV*" évangile est pauvre relativement à celui de chacun des évangiles synoptiques. Peu rapproché de celui de Marc, davantage de celui de Matthieu, il s'accorde souvent avec celui de Luc. 112 mots sont des iittil XeYoVsva ; 8 de ces mots se trouvent dans le IV* évangile pour la première fois : àitoauvaYWYOç, àpy^itpi'xXivoç, XévTiov, viirru^p, irpocrxuvyixT^ç , itpoffîjxxYiov, cppaYs'XXiov, <]>w(ji(ov. A remarquer que ce sont des mots d'usage courant, se rapportant à des objets de la vie ordinaire. Signalons parmi les Anal Xtyôy.twa les expressions et les mots particuliers au IV* évangile : aXXa)(o6ev, àonliv (X(x:?iv X^yw u[jlïv, àTt£xpt6ir| x«t eïits, ^'koiaaôyio^i.Q'^, ep)(^e<iôai elç tov xofffxov, {jlovoyïvt'ç, J^ép/^£o6ai ex (oltio) 0£oî3, etc. Relevons les mots et les expressions fréquemment employés dans le IV* évangile : [xsvToi, oùSév, placé après le verbe, TrapoifAÎa, xi fôia, Ttiaî^eiv, ôeiopeîv, 23 f., ouv, àXX' ?va, etc. On trouve

1. Abbott, Johannine Vocabulary,Loadon,i90!i.JohannineGratnmar, London, 1906.

surtout dans le IV* évangile des termes fréquemment répétés qui expriment les idées doctrinales qui sont le fond de cet écrit : ô Xôyo?, 6 (Aovoyevvjç uîdç, SoÇa, 20 f., to cpto;, 23 f., iiakr^^na, 25 f., (xapTupia, 14 f., (xapTupécD, 33 f. Yivwoxt»), 55 f., ffr,(jieïov, 17 f., epyov, 27 f., Xajjiêàvw, 44 f. ovofxa, 25 f., ô xôfffAOç, 78 f., Cwrj, 36 f., <iap5, TtapaxXYjTOç ofcindiv Tov Ilarépa, 'Iy)(JOÛv, f, ia/âzrt ^[xspa, [jiîveiv èv XpiffiS

TtOïiixi <j^i>)^îiv, etc. Le verbe Ttiaxcueiv, employé seul ou avec un régime au datif ou à l'accusatif avec les prépositions eiç, 34 f., Sia. La conjonction Sxi est le mot directeur de cet évangile, il est employé 90 fois.

Si nous comparons le vocabulaire du IV^ évangile avec celui des synoptiques, nous constatons que ces deux groupes d'écrits proviennent de sources différentes, cardes mots très fréquemment employés dans les synoptiques : xax'îÔCav, ivisTavai, ^xTtXrjffffOjxai, |ià7rti<j(xa, àY«Tr7)T();, TrapaxaXgco, acopi», itpodxaXéofxai, xaOatpiîJa), (XTtôpvéo|ji.a(, SaifAOvta, èxSdXXo), xaxco; ^)^(ov, icpeaêuTepoi, «Ypôç, etc., en tout 220 mots ne sont pas dans le IV" évangile. En revanche 30 mots, outre les noms propres, très fréquemment employés dans le IV" évangile : (jivïi, avti), 7rapaxXY)T0ç, ipwTOtci), Trpôtgpov, nii^ta, ift\k6i, àv-cXéu),

tX«o6ip<iw, dj/âpiov, etc., ne se retrouvent pas dans les synoptiques.

Abbott' démontre que Jean a employé certains mots, tels que maxtûoi, iÇousîa, dans des sens très divers, et qu'il a manié avec beaucoup d'habileté les synonymes, ceux de voir, par exemple : Otcupiiv, OtacOatjôpSv, pxénsiv,

«. Johan. Vocabular, p. KM.

aïpeiv 6cpôaX(iouç, ISeïv ; de savoir : oiSa, Yivtoaxw; d'aller, s'en aller : ÔTtotYi», Ttopeôofjiai, «Ttépj^ofjiai; d'aimer : «Yaicaw, (ptXsu) ; d'envoyer : ÀTtoffxAXw, TtépLirb) ; de faire : itpotdow, rrotéu), etc.

Le IV" évangile donne aussi des sens très variés au même mot. Qu'on examine par exemple les divers concepts qui sont exprimés par C<«"i. Tantôt c'est le Christ qui est la vie, I, 4; XI, 25; XIV, 6, ou sa parole, VI, 63, ou la connaissance de Dieu, XVII, 3; tantôt la vie est considérée dans le croyant, qui la possède actuellement, V, 26; VI, 47, ou la possédera, V, 25, 29; VI 56; tantôt la vie est puissance, IV, 10; VI, 53; salut, X, 10; XIV, 19; tantôt c'est la vie éternelle, IV, 14 ; la vie personnelle, III, 15 ; V, 24; VI, 27, ou la vie naturelle, V, 25; VI, 57. On pourrait faire les mêmes observations au sujet de Sô$a, I, 14; XI, 6, 40; XVII, 5, 24, etc.

L'auteur du IV" évangile a des sentences qu'il aime à répéter, qui sont pour lui comme des motifs directeurs : èv aÙTO) îjtoyi ^v, I, 4, se retrouvent sous des aspects plus ou moins variés dans tout le cours de l'évangile, V, 26; VI, 35, 48,51; XI, 25; XIV, 6; III, 15, 16, 36, etc. ; il en est de même pour ^ ^ta^ ^v to çwç Ttov àvepwitwv, I, 4, 5, 7, 8, 9; III, 19; VIII, 12, etc.

2" Grammaire. Voici quelques remarques sur l'emploi des cas dans le IV'' évangile. Une fois, le nominatif semble avoir été employé pour le vocatif; Thomas dit à Jésus ; ô Kupiôç [xou xai ô ©eôç (xou, XX, 58. Le génitif absolu est employé avec les significations très difTérenles de : comme, II, 3; VI, 18; parce que, V, 13,

quoique, XII, 37; XXI, 11; il ne se trouve jamais dans les discours du Seigneur. Le génitif partitif se rencontre souvent avec Ix : T, 26, 35; VT, 64, 70, etc. Le datif de l'instrument est employé sans préposition, XXI, 8; le datif est employé pour marquer l'achèvement du temps, II, 20; pour fixer un moment. IV, 53. L'accusatif est employé adverbialement, tov àpieixov, au nombre, VI, 10; xV à^j.h, d'abord, VIII, 25. Il est employé pour marquer le temps, mais non la durée, IV, 52, 53; par assimilation, ^ ày*'^^ ^^ y\'{iTty\cic, fjie, XVII, 26. Cf. Eph. II, 4.

Sur l'emploi des nombres nous avons déjà relevé quelques observations. Comme exemple de la liberté du IV* évangile, examinons le passage sur le bon pasteur, X, 1-27. Jean débute par mettre régulièrement le verbe au singulier avec un sujet au pluriel neutre : tÀ TrpoôaTflt... «Jtouei... TropsutTai... «xoXouôeï; puis il passe au pluriel : oïSaaiv, (îxoXouOiqffouffiv , pour revenir au singulier : oS oCx EffTiv Tot Trpd6aTa,puis au pluriel : àxouoûsiv.

L'accord entre le déterminatif et le nominatif se fait quelquefois avec l'idée du personnage nommé et non avec le genre du nom, XVI, 13 : ^tav Si ?X6y) £xeTvoç, tô 7rveu|xa. Cf. VI, 9. L'article est fréquemment employé pour insister sur le sens déterminatif : 6 iroi(AV ^ xaX({ç, X, 11; 6 fAa6r)T^ç 6 iXXoç, 6 yv^ïtÔ; tou olp)^iepétoç, XVIII, 16; pour marquer l'harmonie ou l'antithèse, ou l'emphase; il est répété devant les adjectifs possessifs, III, 20; V, 30; VII, 6, 17; VIII, 56; ou non, I, 9; VI, 32; II, 1; III, 16; XVIII, 16. Il est très rarement employé avec l'infinitif, 4 fois seulement, au lieu de

24 fois dans Matthieu, 15 fois dans Marc et 70 fois dans Luc.

Les pronoms démonstratifs reçoivent des sens spéciaux : «ÙTo; signifie lui-même ; IxeTvo; est emphatique, oÎtoç, celui-ci, même; le pronom personnel est emphatique, 1, 20, 26; le relatif subit tantôt l'attraction, IV, 50, tantôt non, II, 22. Au lieu du génitif du pronom per sonnel Jean emploie plus souvent l'adjectif possessif, surtout i[i6(i au lieu de (xou, 34 fois tandis que Matthieu Ta 5 fois, Marc 2 fois, Luc 3 fois. Seul dans le Nouveau Testament il le sépare du nom en le faisant précéder de l'article : ^ ^apà yj «(xii, III, 29; ^ xpi'^n ^ Ijxy^, V, 30 ; c'est sous cette forme qu'il l'emploie le plus souvent, 27 fois contre 7 fois suivant la forme ordinaire 6 Ijjiôç, suivi d'un nom.

Le IV® évangile emploie l'aoriste quand on attendrait le parfait, X, 32; XII, 28. et inversement, le parfait quand on attend l'aoriste, XV, 24; XVI, 27. Le plus-que-parfait est beaucoup plus employé que dans les évangiles synoptiques. Le présent historique est aussi fréquemment employé que dans Marc. Le présent est employé quand on attend le futur : XVI, 15 Sià ToîÎTo tiTfov ^Ti £x Toîi EU.OU Xafxôavet, xa\ àvaYY*^'' ^t*'^> c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend (pour prendra, comme il dit f 14) du mien et vous l'annoncera. Le présent est encore employé pour le futur, XX, 17; VII, 33, 34; XI, 47 : Ti troioufjiev pour ■noir^ao^t.iy/ . Le participe aoriste est employé quand on attend le participe futur, XVI,

2 : àW epyîTat wpa fva itôîç ô àiroxTEivai; ufxSç, une heure vient (viendra) où quiconque vous aura tué. Le parti-

cipe présent avec l'article est employé pour établir une loi générale, qui embrasse le présent et le futur : XIII, 20, ô Xajxêocvojv àv Tiva jr£ix(];to !(*£ Xa(ji6àvei. Cf. VI, 35. Le IV" évangile distingue bien entre l'aoriste et le subjonctif présent : X, 38, ?va y^ons. xa\ yivtodXTjTe, mais si je fais (les œuvres de mon Père) encore que vous ne me croyiez pas, croyez ces œuvres afin que vous ayez su et que vous reconnaissiez que le Père est en moi. Le IV" évangile emploie fréquemment iotv avec le subjonctif présent ou aoriste et on ne voit pas bien la différence de signification; ainsi : VIII, 31, £àv uixelç

tV àXï]6eiav. Metvr,Te est mis ici pour le présent, lequel a un sens futur. Jean n'a pu vouloir dire : Si vous avez persisté dans ma doctrine, ce qui serait une contrevérité, puisqu'il s'adressait aux Juifs.

L'optatif n'est jamais employé dans le IV* évangile. La leçon, XIII, 24 : Neuei o3v -coÛtw Si'jjiwv nérpo; TTuôéaôai xk àv eîri.qu'on trouve dans ADrAAII, est une corruption ; le vrai texte est : Uyn aÙTtîi- elitè xi'ç ècTiv. Le participe est fréquemment employé pour signifier la cause : IV, 6, '0 o3v 'Iriffoû; xexoTtiaxàç h t9)ç 6Soi7ropi«ç, Jésus fatigué, c'est-à-dire parce qu'il était fatigué. Plus loin, le participe est employé quand on attendrait une conjonction et un mode personnel ; IV, 9 : ÏIwç al 'louSaîo; Av Ttap* i|jioo TciTv uItcT; y*'^»»'^? 2a(jL«peiTi8o; oua/iç ; Comment (pourquoi), puis<iuc tu es Juif, me demandes-tu à boire puisque je suis une femme samaritaine?

Le IV" évangile emploie souvent le participe pour introduire les événements importants : XIII, 1-A : I,

38, (Jtpaîpei; Se à 'Ividoîîç xai 6ea(jâ(xevo;. Cf. V, 6 ; VI, 5 ; VI, 61; XIX, 28, tous passages où le participe introduit des actes importants de Jésus. L'emploi des voix est à peu près régulier dans le IV* évangile, sauf pour quelques verbes à la voix moyenne.

Faisons quelques remarques seulement sur l'emploi des particules dans le IV* évangile. Nous verrons que souvent les conjonctions sont supprimées. 'AXXa, pour marquer la différence, surtout la contrariété : non ceci, mais cela, se rencontre fréquemment par suite de l'habitude de l'écrivain de tout présenter sous un double aspect. Aé, rarement adversatif, signifie plutôt : ensuite. Mév et Sg, 5 fois dans le IV" évangile, se trouvent 2 fois seulement dans les discours du Seigneur et cela dans son dernier discours à ses disciples. Nous avons déjà parlé de l'emploi de ?va. Cet emploi répété montre bien la mentalité de l'auteur qui, à tout, voit un but, un dessein : Jean a été envoyé, ïva (xapTupi^ori, I, 7, 8; le Fils, i'va atoOîi ô xôfffxoç, III, 17. Jésus parle, fva ufxeTc atoôïjte, V, 34 etc. Le IV" évangile à lui seul emploie tva aussi souvent que les synoptiques réunis, 150 fois contre 155 fois.

La conjonction x«£ au sens narratif est peu employée, excepté dans le P' chapitre: Ivàpj^^^vôXÔYoç... xal6XÔYoç... xai 0£o'ç. Nous avons ici une imitation du commencement de la Genèse. Katest employé dans le IV*^ évangile pour faire ressortir une affirmation ou une négation : I, 10, 11; III, 11, 12; pour signifier : cependant, III, 19; IV, 20; VI, 49 : oî «aTÉpeç 6|X(ov |{paYO^ "^^ [xoéwa... xai aTréôavov. Cette signification de xaî provient de l'araméen. Kat

introduit souvent une sorte d'exclamation, II, 20; VIII, 57; XI, 8; il signifie encore aussi, XII, 10. Après une protaseavec S, el, xaôwç. on trouve fréquemment xa( dans l'apodose, Y, 19-26 : â yàp av Ixeîvoç ttoiy; TauTtt xal ô uîàç ô[jLoîa)ÇTcoieï... wffTcep... xat. Cf. VIII, 19; XIV, 7; XII, 26. Signalons encore la fréquente répétition de xai ôfAsTç. Kaî est d'ordinaire combiné par crase avec Iyw, I[jioi', i[t.i, av (excepté V, 24), Ixeî; toujours avec Ixeïvo;, moins XIX, 35. "Oti, très fréqtient, est employé avec les sens très divers de : que, parce que; il est suspensif, explicatif, cause d'action, preuve ou simplement introductif d'un fait, I, 20 : xa\ àfjLoXoYïi«v Sxiiyèi oùx tiyà ô XpiffTÔ;.

Comme formule de transition entre les faits, le IV* évangile emploie fAETa toûto ou -ratÏTa, dans les premiers chapitres I-VII ; il y revient encore quatre fois, XI, 7, 11; XIII, 7; XIX, 28, 38, mais dans les chapitres XI-XVI, XVIII-XXI, la formule de liaison est le plus ordinairement ouv, laquelle conjonction se retrouve très souvent, même dans les premiers chapitres, en tout 195 fois, contre 56 fois dans Matthieu, 4 fois dans Marc et 30 fois dans Luc.

Comme liaison entre les sentences relevons aussi les termes de comparaison : xaôti;.,. oCtok. Cf. III, 14; V, 19, 21, 23, 26, 30; VI, 31,58, etc.

Signalons parmi les figures de grammaire que l'on retrouve le plus souvent dans le IV* évangile : 1. L'asyndeton, qui consiste k supprimer dans une phrase les particules conjonctives : 1, 26; 41-43; 111, 31 b avwOiv jpy^O(Aivo<... 6 wv in T^c Y*i<'" 6 ^x Toû oCipavoîi tpj(0|Ji** vo«. Cf. m, 31, 32, 33; V, 23, etc. Il faut ranger parmi

les asyndetons toutes les phrases qui commencent par un verbe, dont il est parlé plus loin.

2, L'anacoluthe, lorsqu'il y a changement de construction dans la phrase : VI, 39, îv« TtSlvS SéSwxév [toi (xy; (xTtoXfiffa) é$ aÙToo. Cf. VII, 38.

3. L'ellipse, lorsqu'on supprime un mot qui peut être suppléé par le contexte : IV, 25, oTS« $xt h Mtaaiaç eVyexat... èyt^ eJfxi. Cf. XIII, 8, 9; XVIII, 39; VI, 62. 11 y a ellipse dans cette expression de Jésus : iyôi £t|i.i, VI, 20; VIII, 24, Cet emploi elliptique de ^yw elfAi, sans prédicat, se trouve 9 fois dans le IV* évangile. Nulle part on ne retrouve cette formule. Le IV* évangile supprime quelquefois I<tti. Tî é[>.o\ xaî (rot, II, 4. Ti irpoç ce, XXI, 22. Si nous pouvions entrer dans le détail de ces formes grammaticales, nous constaterions qu'il existe dans l'emploi qui en a été fait une foule de différences très subtiles.

3" Style du IV" évangile. Les caractéristiques les plus remarquables sont les répétitions et les variations de phrase, le redoublement des mots ou dos propositions et les parenthèses.

1. Répétitions de phrases ou de propositions : ^tmxi- Çïiv Iv 6aaTi,I, 33, 26, 31 ; xai èxei 6(xetvav, II, 12; IV, 40; X, 40; (xaptupi'a àXyi9y]c, V, 31, 32; VIII, 13, 14; xataêai'vtov Ix ToU oùpavot», VI, 33, 41, 50, 51, 58, etc. Abbott relève soixante exemples de cette répétition de propositions.

Ces répétitions prennent souvent la forme de la figure grammaticale appelée chiasme, lorsque le commencement et la fin d'une sentence sont sembla-

bles. L'exemple le plus remarquable est celui du prologue, I, 1-4 : Iv àpyri »]v ô XÔyoç, x«i ôXo'yoçinv ■7zç)0(i tov ©eov, xal Beoç ^v ôXôyo;. Cf. III, 31; VII, 24; ^lU, 16. Abbot^ relève vingt-quatre exemples de cliiasme, entre ceux qui rentrent dans la catégorie des répétitions. On trouve aussi de nombreux exemples de paronomase, figure analogue à la précédente. Cf. X, 11; XIII, 20; XVII, 2, 9, 11,12; VIII, 38, 44, etc.

2. Variations de sentences. Quelquefois Jésus répète des paroles qu'il a déjà dites auparavant, et il ne les répète pas toujours dans les mêmes termes. Les variations sont uniquement d'expressions et pour la plupart du temps insignifiantes. Voici les plus caractérisées : VI, 44 : oùSe\ç SûvaTai iXôeiv Tcpo'ç fie, èàv f/.:?) 6 Traxïip, ô Trgijn|ia; (xe, éXxuaï) aùrôv, et VI, 65 : g?py)xa 6(xîv ô'ti oùSe\i; otivarai IX6eîv Trpo; (xs làv (x"^ ^ SeSofxévov aùxta ix. xoïï Ttaxpôç. Cf. VllI, 51 et VIII, 52.

3. Redoublement de sentences. On trouve dans le IV* évangile des redoublements par affirmation et par négation.

A. Redoublements affirmatifs, I, 7, 8 : ouxo; ^Xôêv el{ (xapTupCav, tva (xapxupiiffY) Tcep\ toîI (ptotôi;... oùx ^v txeîvoç xô (pûi; àXX* îv« (xapxup>iaT) 7t«p\ xoîî cpioxd;. Cf. IV, 23, 24; XHI, .34; XIX, 10; IV, 14; II, 9; X, 11, 14; XV, 1-5, etc.

B. Le redoublement par négation et affirmation est très fréquent. La négation est d'abord exprimée : I, 13, ot oùx i\ «l(AolTt«v oùSe... oùS^... àXX' èx 0«ou ^Y'^^^lôïicav.

\, .lohan. Qrammar^ p.*ll Ht.

EVANGILE SELON SAINT JEAN. j;!

Cf. III, 15, 17, 36; IV, 14; V, 19, 24; VI, 27, 39, 53; VII, 10, 24; VIII, 12, etc. L'affirmation est placée la première : I, 20, «{xoXdyriffev xal oCx :^pvr'(ïaTo. Cf. VIII, 18; X, 28, etc.

4. La parenthèse. Le IV* évangile contient un certain nombre de parenthèses ou de sentences intermédiaires explicatives : Ixeïvoç Ss Aeyev Ttepl toλ vaoû tou (i(6uaToç aÙTou, II, 21. Cf. VII, 39; VIII, 27; XI, 13; XII. 16, 33, ou des sentences indicatrices du temps : wpa ^v u)ç SexotTY), I, 40; V, 9, d'un lieu, ^v U h <I>îXnrico« (xtîÔ BtiQeratSa, I, 44; traduisant un terme hébreu, I, 29, 42, 43, etc. Ce sont des réflexions de l'auteur, eTrcv 8à toûto oùj^

éiTt TTcpl T'ôvTCTWJÇ^ûiv ÉfXEÀeV «ÙtÔ), CtC, XII, 6.

5. Signalons encore d'autres caractéristiques du style du IV" évangile. Et d'abord, la simplicité et l'uniformité des sentences, généralement composées du sujet, du verbe et de ses compléments et d'ordinaire sans incidentes. Elles sont courtes, Yl, 68; VII, 19, etc., et presque toutes bâties sur le même modèle, ce qui engendre la monotonie. Les phrases sont même coordonnées, lorsqu'elles devraient être subordonnées : I, 10; II, 19, etc. Elles commencent par exemple par x«î. Le verbe est placé en tête de la proposition : 1, 40-52; II, 17-20; IV, 3-7, etc. ; cette tournure est très fréquente. Cette brièveté de la phrase lui donne aussi une grande force : Xe'Yei aÙTOÎç* Ti'va îlyiTeÎTg; 'ATrexpîOri(i«v aÙTW- 'lyjdoïïv xbv NaÇtopatov. Asysi ayxoTç* 'Eyw etfAt, XVIII, 4, 5.

Le IV* évangile appelle l'attention du lecteur en donnant à certains mots la première place ; en plaçant,

par exemple, le démonstratif comme résumé : ô Iwpaxev xal T^xouuev touto (xapTupsi, III, 32; OU en ne le mettant pas à sa place grammaticale : àXXà rauTa tî ècttiv eî; toffoÛToi»;, VI, 9; X, 9; XI, 29, etc.; ou en répétant le pronom : ô 7ré[ji'|aç jjie Tratr^p, Ixeîvo; {X6}ji«pTupy)xev, V, 37,

Souvent dans les discours du Seigneur nous trouvons des sentences brèves : èyui £Î(jii to (pS; toû xôuijlou ; lyw E^t n ô<ipot, X, 7. Cf. XVII, 1 ; VI, 35 ; XIII, 31 ; XIV, 1, qui sont comme le thème du discours qui va suivre.

L'emploi du parallélisme est très fréquent dans le IV* évangile :

III, 11 : *0 oiâafjiev XaXoîîfxev,

xal 8 écopdxajxev jjiapTupoîîtxsv.

La phrase paraît quelquefois rythmée de façon à produire une espèce d'hymne :

ï, 1-3 : Iv «pxîj ^v ô Xo'yo;

xai b Xoyoç ^v itpbçTOv ©lôv, xai 0eoç >)v ô Xoyoç.

Oîxoç ^v iv àp-^ TTpbç xôv 0eo'v.

riotvTa 8i aoToîî ÈYiveTO.

xal X"*?^? aÙTOo ly^veto oùSi Év 8 yiyovtv.

De ces nombreuses observations, que nous aurions pu multiplier encore, il résulte que la langue du IV' évangile offre des caractères tout à fait spéciaux, qui la placent à part de la langue dos autres livres du Nouveau Testament. C'est une langue qu'il serait exagéré de traiter d'artiliciello, mais qui est certai-

nement très travaillée dans sa simplicité apparente. De cette simplicité se dégage une impression de majesté et de grandeur, qui provient de la profondeur des idées exprimées en quelques mots éblouissants : Je suis la lumière du monde... Je suis la résurrection et la vie. Reconnaissons cependant que l'emploi des mêmes procédés produit une certaine monotonie, qui n'est relevée que par le charme doux et pénétrant qui se dégage de ces idées incessamment répétées. Qu'on lise par exemple les derniers discours du Seigneur et l'on ne pourra se défendre de cette impression.

§ 12. — Le texte du IV" évangile.

Le nombre des variantes est moins élevé dans le IV" évangile que dans les évangiles synoptiques. Ce n'est pas que cet évangile ait été copié moins souvent que ceux-ci ; mais il n'a pas eu à subir comme eux l'influence d'un texte parallèle. Le codex D est dans le IV'' évangile moins divergent des textes alexandrins et syriens que dans les évangiles synoptiques ou les Actes des Apôtres. Quelques variantes cependant présentent une certaine importance dogmatique. Ainsi, I, 18 : ô [xovoYsv-îiç utoç ou fxovoYÊvriç ©eoç ; V, 36 : (JiefCw ou [AEiÇtriv ; VI, 69 : Sti ol» eT 6 Syio; toïï 06oî» OU 5ti au el ô Xpiaxoç ô utoç Toîi 0EOU (tou Cwvtoç) ; IX, 35 : 2i) TCtoTtuetç eîç tov uÎov Toû 0eou ou àvOpwTtou. D'autres sont simplement des variantes historiques : XIII, 2, SeiTtvou yivo[jiÉvou ou ■^lyoït.ivou; littéraires ou géographiques, comme BriOaSapa, BiqOavfa, BïiOeffSdt, etc., OU des omissions : III, 13, ô ôv Iv

Tw oôpavôj ; III, 31, 32, Ittoïvo) Trdvxojv laTiv ; IV, 9, oÙY^p ffUYypwvTai 'louSaîoi 2a(A«pei'Tai(; ; VIII, 59, SieXOwv... irapî)- Yêv ouTO), qui ne se trouvent pas dans tous les manuscrits, principalement dans les alexandrins et les occidentaux.

Trois passages ont attiré spécialement l'attention des critiques : L'ange de la piscine de Bethzatha, V 3 , 4; la péricope de la femme adultère, VII, 53-VIII, 11 et le chapitre XXI^. Nous allons les discuter brièvement.

1. Vange de la piscine : V, 3^», 4. Les autorités ne sont pas complètement les mêmes pour le f Z^ et pour le ^ k.

i, f 'i^ : èx8e)(^o[ji.évo)v t^,v toïï uSaxoç xîvïidiv se trouve dans A2 C DIFAA, etc., plusieurs codex vieux latins, la Vulgate, les versions syriaques : Pescliito, Harkléenne, la bohaïrique, l'arménienne, l'éthiopienne, Chrysostome, etc. Ont omis ces mots : »sA* DC*L, 3 minuscules, les syriaques curetonienne et ludovisienne, des manuscrits égyptiens.

2, V, 4 : 'Ayye^oç T^P--' 5i«Tety^6To vooi^fxaxi se trouve dans AC^ EFGHIKLM,etc.,abcefi"''g, dans les versions Vulgale, syriaques : Pcschito, philoxéno-harkléenne, Ihébaine, arménienne, mais avec une grande lluctuation du texte. Le ^ est marqué d'astérisques ou d'obèles dans SAn,dans dix-sept minuscules, 814 21 24 32, etc. Tertullien, Didyme ot d'autres écrivains, à partir du IV" siècle, y font allusion. L'ont omis : nBCD, 33 157 134; les codex vieux latins, dflq; les manuscrits (le lu \ ulgalo I)Z ; les versions syriaques : cureto-

nienne, ludovisienne, des manuscrits des versions égyptiennes, arméniennes. Ce verset se présente sous trois formes différentes dans les manuscrits de la Vulgate qui le contiennent ^ .

En résumé, les autorités alexandrine et occidentale, les plus anciennes, sont contre l'authenticité de ces versets, qu'admettent les autorités syriennes moins anciennes. En outre, ils contiennent des mots étrangers au reste du U- évangile : .«p.j^.'v, s^,,„, voa>,^«. Mais, d'autre part, ils sont nécessités, dit-on, parle ;^, 7. En fait, ce verset mentionne seulement un mouvement de l'eau, ce qui réclame seulement le f 3^ equel en effet,' est admis par les autorités occiden-' taies. Le f 4 serait, dit-on, un développement subséquent du texte pour expliquer le mouvement de l'eau iequel serait dû simplement à ce que la source était intermittente. Le passage est canonique puisqu'il est dans la Vulgate. ^ r ^

^^' Péricope de la femme adultère, \n 53-VIlI 11

JJmm 7"''^"\-"^ P--0P« les màjus: culesDFGHKUI; la majorité des minuscules, des evangehairesîles versions hiérosolymitaine, bohaïnque, éthiopienne, vieilles latines, bceff^ Vulgate Euth-ymios Zigabenos^x^" siècle, l'a commentée, mais* en faisant observer qu'elle n'était pas dans les manuscrits exacts, TrapiTOKixpiêeWivTiypol^ow.ou qu'elle était rappee d'obèles. Il ne la croit donc pas authentique. Lasynopsedite d'Athanase la place après Jean, VIII,

20. Les Constitutions apostoliques, II, 24, connaissent l'histoire d'une pécheresse renvoyée, non condamnée par Jésus. On ne peut savoir si elle était comprise dans les canons eusébiens. LaDidascalie des Apôtres, 5, y fait allusion. Saint Ambroise et surtout saint Augustin la connaissent. Celui-ci explique même que cette péricope a été enlevée des manuscrits par des hommes qui craignaient qu'on accordât l'impunité à leurs femmes adultères'. La tradition latine est, à dater de cette époque, en faveur de l'authenticité de cette péricope.

2. Ont marqué cette péricope d'obèles ou d'astérisques les majuscules EMSAïl, 58 minuscules. Dans Là la place de cette péricope a été laissée en blanc ; dans les minuscules 9 15 31 40 etc., 12 en tout, elle a été ajoutée postérieurement.

3. Omettent cette péricope : les majuscules k ABCNT XA, 91 minuscules, 30 évangéliaires, les versions syriaques : curetonienne, ludovisienne, Peschito, harkléenne, les versions arménienne, gothique, sahidique, les vieilles latines, a b f 1 q. Elle n'est pas dans le Diatessaron de Tatien, que nous possédons, ni dans le commentaire de saint Ephrcm. Elle est absente aussi des commentuires arméniens. Elle n a été commentée par aucun Père grec avant le xi* siècle, pas même par saint Jean (>hrysostome et saint Cyrille d'Alexandrie, commentateurs du IV" évangile. Terlullien et saint Cypricn ne l'ont pas mentionnée, quand ils parlaient du péché d'adultère.

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