‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 67 sur 118 · DtconJ.aduU. n, ti · texte numérisé non relu

DtconJ.aduU. n, ti

I 4. Elle a été placée après Le. XXI, 38, dans les mi-

■ nuscules 13 69 126 136 346 356, groupe Ferrar; après

Jn. VII, 36, dans le minuscule 225. Quelques minuscules

I l'ont placée à la fin du IV'' évangile; d'autres ont

déplacé seulement Jn, VIII, 3-11.

En résumé, les autorités alexandrines, palestiniennes, syriennes, arméniennes n'ont pas connu cette péricope. Les autorités occidentales l'ont ignorée aussi jusqu'au iv* siècle, sauf quelques manuscrits vieux latins et le codex de Bèze, dont le texte date du ii'-iii" siècle. Elle était donc connue à cette époque en Occident. Elle l'était aussi en Orient vers le vi^-vir siècle.

2° Examen interne. Cette péricope renferme un plus grand nombre de variantes qu'aucune péricope évangélique de môme longueur. Von Soden a pu établir qu'elle se présentait sous sept types différents et il a essayé de déterminer l'archétype d'où ils proviennent <. La langue de cette péricope présente des différences assez sensibles avec celle du IV" évangile. La particule employée au lieu deoSvj on aopepoupourirpoji, Jn. XVIII, UqbX 28 ; XX, 1 ; ô Xao'ç, pour 6o'xXoç, V, 13, etc. ; XVIII, 14 emploie 5 Xao'ç, mais dans le sens ordinaire donation et non de foule; on a àvauiâpTriTo; (STraÇ Xeyo'iASvov) pour Su«pTi'«v oôx e>v, IX, 41; XV, 22, 24; xataxpivto, 2 fois, pourxpivw, 14 fois dans Jean. On y remarque l'expression ot YpaixjAaTeiç xai ot 4>api(jatot, ordinaire chez les synoptiques, 18 fois, tandis que Jean dit : oî àpxtspsîç x«t *Kp.-

i. Die Sckriften des N. T., in ihrer ùltesten erreichbaren Textgestalt, B. I, p. SOT, Berlin, 1902.

(jaîoi, VII, 3; 2, etc. Cependant, von Soden a prouvé que dans le texte primitif il y avait «xp/iepsT; et non -(p(x[f.txoi'cii<;. Au lieu de l'interpellation : AiSàaxaXe, forme propre aux synoptiques, qui se retrouve ici, Jean emploie 'Paêêsî, I, 39 ou 'PaêSoovet, XX, 16, en ajoutant 8 Xe^etai SiWaxaX».

D'autre part, on relève : (xtixïti àaaptavs, VIII, 11, paroles que Jésus avait déjà dites au paralytique de Bethzatha, V, 14. Les expressions Iv tS vojiiw, vuvat, sont johanniques. Cependant le style paraît dans cette péricope plus bref, plus sec, plus nerveux que dans le reste de l'évangile.

On a fait observer que cette péricope présente, à la manière des synoptiques, un enseignement moral, tandis que le I V" évangile offre surtout un enseignement dogmatique. L'observation porterait s'il s'agissait là d'un discours du Seigneur et si l'on était obligé d'admettre que tous les récits johanniques sont une allégorie ayant une signification symbolique. En tout cas, diton, cette péricope n'est pas ici à sa place, car elle rompt l'enchaînement du récit, qui devient très naturel, si on la supprime. Au chapitre Vil, il est question de discussions avec les pharisiens, discussions qui continuent au chapitre VIII, 12, lequel débute ainsi : Jésus leur parla donc de nouveau. A qui aurait-il parlé si la péricope est H sa place, puisque f 1) il est dit : Tous les interlocuteurs de Jésus s'étaient retirés. Cette observation aurait une cerlaine portée si l'on tenait l'évangile pour un récit strictement chronologique. En fait, l'auteur se préoccupe peu de tracer la suite chronologique des faits et des discours. De ce qu'un discours

est placé après un récit ou un autre discours, il ne faut pas toujours conclure qu'il en est la suite, même quand il débute par [Kixk tauxa ou par tcoIXiv eXaX7i«v aùtoTç. Ainsi, après la discussion, VIII, 12-20, qui paraît se terminer f 20, recommence une nouvelle discussion par des paroles analogues à celles du f 12 : Jésus leur dit donc de nouveau.

En résumé, cette péricope n'a pas tous les caractères d'authenticité, mais elle en a de suffisants pour qu'on la croie johannique, ou tout au moins évangélique. En tout cas, elle est canonique, puisqu'elle est dans la Vulgate et qu'on doit la considérer comme visée par la formule du Concile de Trente « cum omnibus suis partibus ». Il est possible cependant qu'elle ne soit pas ici à sa place ; des manuscrits la mettent à la fin de l'évangile et d'autres dans lévangile de Luc. Il est même possible qu'elle n'ait pas été dans le texte primitif du IV^ évangile, puisque Papias, qui ne paraît pas avoir connu cet évangile, a peut-être parlé de cette histoire de la femme adultère ^ Quelques-uns ont même pensé que cette péricope serait un reste de ces fragments évangéliques primitifs, qui ont été incorporés dans les récits synoptiques, et qui serait resté à l'état sporadique. Le style précis, net, descriptif, puissant dans sa simplicité, presque lapidaire, de cette péricope, rappelle les plus beaux récits de Marc ou plutôt les dépasse tous, car il ne s'y trouve aucun de ces détails oiseux qu'on relève dans le IP évangile.

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