Adv. Haer. Y
trois noms comme traduction de ce nombre : Eùavôaç, dont il n'affirme rien; AaTsi'voç, qui lui paraît vraisemblable; mais il préfère ïsîTav. C'est un nom de roi et le nom d'une idole grecque. Barns fait remarquer qu'au temps d'Irénce les chrétiens regardaient le dieu Mitlira comme TAntichrist et trouvaient dans le terme Téitav le titre du dieu Soleil, le chiffre de la Bête.
De nos jours encore on a proposé diverses solutions. Gunkel * trouve dans le nombre 666 deux mots hébreux qui désignent Tiâmat, le chaos primitif. Bruston pense que le nom de la Bête, c'est Ncmrod, fils de Sem^; pour Clemen^, ce serait :?) ha.1^ pasiXeia ou i\ \axhri paffiXet'a. Si l'on adopte la leçon 616, le nom sera Fàïo; Kaïaap, ou bien Nero Caesar. F. Moore fait remarquer que Caligula, en hébreu, Gaskalgas, égale en chiffres 616; mais si l'on accepte la leçon mieux documentée, 666, le nom sera Néron César. En effet, si l'on donne aux consonnes grecques de Néron César leur valeur hébraïque : nun =50-1resch = 200 -f waw = 6 -f nun = 50 -}- qof = 100 -|samech = 60 4- resch = 200, on obtient en additionnant : 666. Cependant on a fait observer que César est écrit, dans le Talmud, IDip, dont le total des lettres avec celles do lli: donne 676. Mais il est possible que dans un nombre l'écrivain ait employé la forme abrégée IDp.
La B(He S(îrait donc probablement Néron; cela ressort encore ])lus clairement des passages do l'Apoca-
i. Scli/ipfunij utiii Cliaon, p. 378, OimiiiKon, J8!W.
i. ZeilHch. fur die NeuU-Ht. Vï'i.«., l. V, p. a«M), Gicsscn, 1!»04.
n. Vi., t. Il, p. iii, WM.
lypsc, XV IJ, 8, 11, où il est dit que la Bètc, qui était et qui n'est plus, est elle-même un huitième roi et, en même temps, l'un des sept rois. Or, Néron est un des sept premiers empereurs, mais il n'est pas mort, d'après la lég-ende, il doit revenir et sera le huitième roi. Cependant, ce huitième roi, qui a été déjà l'un des sept premiers, ce n'est peut-être pas Néron ressuscité, mais Domitien, qui fut un autre Néron, persécuteur des chrétiens. Lui aussi, comme Néron, il se déclara Dieu^.
Mais la Bête, c'est aussi l'empire romain, personnifié par Rome, la grande courtisane, assise sur la Bête à sept têtes, qui s'est enivrée du sang des saints et des témoins de Jésus, XVII, 1, 9, 6. Il est fait allusion ici aux persécutions qu'ont eu à subir les chrétiens à Rome, par l'ordre de Néron.
La seconde Bête, celle qui monte de la terre, c'est probablement la province d'Asie, représentée par son proconsul , et la Commune d'Asie et son chef l'Asiarque, qui organisait le culte de l'empereur et y présidait. En Asie, le culte impérial était officiellement établi, et, tous les cinq ans, dans une ville qui possédait un temple de Rome et d'Auguste, SgSaaTeîov, on célébrait des fêtes en l'honneur de l'empereur. Cinq des villes nommées dans l'Apocalypse avaient été le lieu de ces fêtes : Éphèse, Smyrne, Pergame, Sardes et Philadelphie. Tout ce qui est dit de cette seconde Bête répond bien aux actes de ce double pouvoir civil