‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 27 sur 137 · Le quatrième Évanoile, Paris · texte numérisé non relu

Le quatrième Évanoile, Paris

pas une seule parole de cet évangile qui soit la reproduction exacte d'une parole de Jésus, ni un seul événement qui soit rapporté tel qu'il s'est passe, pour lui-même, et non pour sa portée symbolique », p. 336. « Le IV*' évangile c'est l'Apocalypse spirituelle, la révélation du sens profond de l'évangile par un idéaliste alexandrin, l'adaptation de l'Evangile araméen à l'esprit grec, la piété chrétienne définitivement dégagée de toute compromission avec le réalisme juif et avec les fantasmagories de l'imagination messianique », p. 335. « Le IV^ évangile a été la consignation par écrit des traditions idéalistes, nées dans l'Asie hellénique, comme nos évangiles synoptiques auraient été antérieurement la consignation par écrit des traditions positives, qui venaient de Galilée ou de Jérusalem ». p. 335.

D'après Moffatt' la réflexion théologique sur les paroles de Jésus, déjà en travail dans les évangiles synoptiques, et dont un exemple nous est parvenu dans les Logia de Behnesa. prend un développement complet dans le IV* évangile. Jésus est peint dans les termes de la métaphysique courante; la réflexion mystique sur les réminiscences des paroles de Jésus est accompagnée d'antithèses telles que lumière et ténèbres, vie et mort. La façon dont l'auteur traite son sujet prouve qu'il ne vivait plus en un temps oîi il pouvait être dominé par la tradition synoptique.

D'après Gore-, l'apôtre Jean a écrit un supplément

4. TJie historical New Te&lament, Edinbuigh, 1901. 2. The problem of Ihe fourth Gospel, London,190"2.

aux évangiles synoptiques d'une façon subjective comme aurait fait un idéaliste. Grill' rattacha le IV* évangile au gnosticisme. L'idée du Logos y est dominante; les rapports avec Pliilon sont étroits ; seulement, à la place du Logos philonien, impersonnel, l'auteur inconnu a substitué la parole de DieU; personnifiée dans la Bible ; mais il n'a pas voulu se servir du terme qui avait été employé par les gnostiques. Les autres termes de l'évangile doivent être interprétés comme en opposition avec le gnosticisme. Le Fils de riiomme n'est pas un homme, mais une hypostasc de Dieu sous forme humaine avec laquelle le Christ vit dans une union mystique réelle.

Loisy^ tint comme à peu près non avenus les témoignages anciens sur l'origine johannique de l'évangile. Pour lui, l'auteur était un converti du judaïsme hellénique, initié aux idées de Philon; il a écrit pour un petit groupe d'initiés. Son livre n'est pas historique, mais allégorique, mystique et symbolique. Ilna aucun souci de la vie réelle du Christ; s'il emploie quelquefois des données chronologiques ou géographiques, c'est pour placer dans un cadre ses allégories et ses symboles. Il était prêt à conserver comme à sacrifier de l'histoire tout ce que le bien de son enseignement lui paraissait réclamer. Il utilise comme symbole les faits qu'il a empruntés à la tradition ; il en compose même de nouveaux à l'aide de données prises çà et là. Le but du livre est principalement didactique, mais

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