‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 71 sur 137 · I. Le quatrième évangile, p. 7(j · texte numérisé non relu

I. Le quatrième évangile, p. 7(j

renseignement est donné sous forme de symbole et d'allégorie. La tradition a fourni à l'auteur les données qu'il a utilisées comme symboles en les modifiant plus ou moins, parfois même considérablement. Toutes les vérités doctrinales se présentent sous forme d'allégorie. Il y a unité de symbolisme entre les récits et les discours. Le récit tout entier, jusque dans ses moindres détails, est subordonné à l'enseignement, et le narrateur ne s'est pas préoccupé des faits comme tels, mais de la doctrine qu'ils figurent. L'évangéliste semble avoir une suprême indifférence à l'égard de l'histoire; non seulement il choisit dans la tradition ce qui convient à son but, mais il corrige la tradition et il la complète, sans le moindre scrupule, pour l'équilibre de ses peintures allégoriques, en sorte que la mesure de vérité historique, qui peut subsister dans son livre, n'y a pas été maintenue par une intention réfléchie, mais tout simplement parce qu'elle a pu servir à ses fins; il était prêt à en conserver davantage comme à en sacrifier plus encore, si le bien de son enseignement lui avait paru le réclamer. Pour lui. le réel et l'imaginaire se confondent Hans l'unité du symbole; on entreprend un calcul qu'il n'aurait jamais songé à faire lorsqu'on essaie de déterminer par une analyse minutieuse ce qu'il a pu emprunter à la tradition antérieure et ce qui doit venir de lui-même. Et Loisy étudie tous les faits du IV'' évangile pour montrer que leur raison d'être est un symbole ou une allégorie. Rien n'a été laissé en dehors de cette loi. Les discours sont entièrement allégoriques et il les passe en revue pour dégager de chacun d'eux l'allé-

gorie qu'ils contiennent. Cette théorie n'est pas particulière d'ailleurs au critique français , car on l'avait déjà trouvée exposée en détail par H. Holtzmann. Que devons-nous en penser?

Nous reconnaissons qu'il y a quelques allégories dans le IV'' évangile; nous les indiquerons. Mais leur présence ne prouve pas que les faits donnés comme historiques ne le soient pas. Ils ne sont pas là pour servir de base uniquement à une interprétation allégorique, et d'ailleurs cette interprétation est d'ordinaire une vue subjective, qui peut être différente suivant les divers exégètes. Rien n'empêcherait en adoptant ce système d'allégoriser tous les faits historiques. En fait, par exemple, est-il vraiment prouvé que tout ce qui est raconté du miracle de Cana est une allégorie dans tous ses détails ^ ? Faut-il aussi en trouver une dans l'entretien de Jésus avec la Samaritaine ^. dans la multiplication des pains ^, dans la guérison de l'aveugle-né ^, dans la résurrection de Lazare,-' dans le lavement des pieds"? Il suffira de citer quelques-unes de ces explications allégoriques pour qu'on juge du procédé. Voici l'interprétation du miracle de Cana que propose Holtzmann : La détresse de ce qui est ancien est parachevée ; le judaïsme légal manque de force; il n'a plus de vin, et le Seigneur en est averti

i. Holtzmann, Hand-Com. Ev. des Jofiannes, p. 4G, i'

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