‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 72 sur 137 · Ib., p · texte numérisé non relu

Ib., p

5. Ib., p. liO; LoisY, op. cil., p. fiSS. G. LoisY, op. cit., 109.

par sa mère. La mère du Messie est la femme de l'Apocalypse, XII, 1, 2, 5, que représentait Tancienne Alliance. Mais au commencement de sa carrière le moment pour Jésus de rétablir la vraie vie d'Israël n'est pas encore arrivé. De là cette parole : Mon heure n'est pas encore venue, laquelle, dans son sens profond, signifie que le temps n'est pas encore venu d'instituer par sa mort l'économie du salut. La réponse de Jésus à sa mère : Qu'y a-t-il de commun entre toi et moi? doit être interprétée comme la parole du Verbe divin au vieil Israël, du Fils de Dieu, marchant à la mort, au Messie juif. Le vin de Cana, c'est le sang du Christ, le vrai breuvage. En définitive, le miracle de Cana représente la substitution d'une alliance nouvelle à l'ancienne, d'une économie spirituelle du salut à l'économie de la loi.

Voici comment Loisy, à la suite de Holtzmann, explique la genèse du récit de la résurrection de Lazare. L'auteur avait en pensée la résurrection de la fille de Jaïr et celle du jeune homme de Nain; il les a comme concentrées dans la résurrection de Lazare, et il ne paraît avoir grandi le miracle que pour avoir voulu l'élever à son maximum de signification. Lazare tient d'un côté à Simon le lépreux, cet ami de Jésus, chez qui a lieu, dans les synoptiques, le repas de l'onction, et de l'autre au pauvre Lazare de la parabole, celui dont Abraham a dit qu'il ressusciterait en vain pour les frères du riche ; le Lazare de l'évangile ressuscite inutilement pour les Juifs. Jean laisse entrevoir comment il a mis les deux sœurs, Marthe et Marie, de Luc, X,

38, 39, en rapport avec son Lazare. Ayant plus ou moins identifié le Lazare de la parabole, au corps chargé d'ulcères, avec Simon le lépreux, il a identifié la femme de l'onction avec Marie, cette amie de Jésus qui, dans Luc, écoute pieusement le Sauveur pendant que Marthe travaille. Marie devient la sœur de Lazare- Simon et Marthe devient par la même occasion la sœur de Lazare. La matière de la narration se trouve ainsi constituée pour servir au développement de la vérité formulée par Jésus : Je suis la résurrection... Les divers traits ne tendaient quà exprimer en termes concrets et symboliques la doctrine christologique du IV* évangile. Derrière tous les détails se cache une pensée théologique, détails qui obligent le critique à conclure à la non-réalité d'un fait qui n'est pas un fait, mais la perception symbolique d'une vérité religieuse ^ . On reconnaîtra de suite que ces applications symboliques ou allégoriques pourraient être faites à propos de quel texte biblique que ce soit. Philon a ainsi trouvé des allégories de tout genre dans les livres de lAncien Testament; les Pères de l'Eglise, les écrivains ecclésiastiques ne se sont pas fait faute d'expliquer allégoriquement les livres sacrés, et même on peut dire que leur ingéniosité s'est exercée beaucoup plus sur les évangiles synoptiques que sur le IV'-' évangile. En faut-il conclure que nos évangiles synoptiques sont une suite d'allégories? Certains ont pu aller à cette extrémité, mais jamais un critique de sens

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