‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 78 sur 137 · Théologie johannique, p. 51, l'aris · texte numérisé non relu

Théologie johannique, p. 51, l'aris

voyons faire à chaque page des autres récits, on dirait qu'ici Jésus tient à parler en énigmeS; à planer toujours dans les régions supérieures, inaccessibles à l'entendement du vulgaire. Est-ce bien ainsi qu'il a enseigné ? Estce un pareil enseignement qui a pu attirer et captiver la foule, gagner les cœurs, faire naître cette foi enthousiaste qui a survécu à la catastrophe du Golgotha? » Bref, le Christ johannique n'était pas compris de ses auditeurs, et souvent même ils manifestaient leur étonnement de cet enseignement.

En soutenant l'authenticité des discours du IV* évangile, nous ne prétendons pas que Jésus ait constamment parlé commie il le fait dans le IV"- évangile. Nous croyons qu'à la masse populaire il a présenté ses enseignements tels que nous les ont conservés les synoptiques. Mais lorsqu'il a eu à discuter avec des pharisiens, des scribes, avec des gens habitués à la casuistique rabbinique, il s'est adapté à leur manière ordinaire de parler. D'un côté donc nous avons, suivant la différence du public, un enseignement populaire; de l'autre, une discussion théologique. Et d'ailleurs, ces paroles du Seigneur, d'une si haute portée religieuse, si on les pénètre jusque dans leur profondeur, sont, d'ordinaire, présentées sous une forme simple et peuvent être comprises dans leur sens premier. Quel que soit le peu d'intelligence qu'ont montré les apôtres en certaines circonstances, ils devaient comprendre les derniers discours de leur Maître et la preuve c'est que, lorsqu'ils ne comprenaient pas. ils demandaient des explications. XVI. 17.

D'autres interlocuteurs de Jésus ont compris ses en-

seignements : Nicodème qui demande qu'on entende Jésus avant de le condamner, VII, 50, 51 ; les Samaritains qui déclarent savoir par les paroles de Jésus qu'il est le Sauveur du monde, iV. 39; Simon Pierre qui déclare que lui et ses compagnons ont connu que Jésus était le Christ, Fils de Dieu, YI, 70 ; les Juifs qui crurent en lui, VII, 40, 41 ; VIII, 30, 31. Ceux qui voulaient tuer Jésus, le comprenaient, X, 32, 33. Enfin, on reconnaîtra qu'il y a aussi dans les synoptiques des discussions de casuistique légale, qui devaient peu intéresser les foules. D'autre part, avons-nous déjà dit, il est aussi quelques passages des synoptiques, rappelant que Jésus n'a pas été compris de ses auditeurs, Me. VI, 52; VIII, 17, 21; IX, 32; Le. XXVIII, 34; IX, 45. En fait, saint Jean poursuivait un but et, redisons-le encore, il n'a conservé que les paroles du Seigneur, qui faisaient ressortir la divinité et l'union du Fils avec le Père pour promouvoir la foi qui sauvera celui qui croira.

Quant à l'opinion de Sabatier et de Jûlicher , soutenant qu'il n'y a dans tout l'évangile qu'un seul discours, et à celle de Reuss, qui en découvre deux, nous les trouvons démenties par la thèse que présente chacun des discours. Dans le discours à Nicodème, il est question de la nature spirituelle du royaume de Dieu; dans l'entretien avec la Samaritaine, de la spiritualité de Dieu et de l'universalité du culte de Dieu en esprit et en vérité ; dans le discours aux Juifs de Jérusalem, de la communauté d'action entre le Père et le Fils ; dans le discours après la multiplication des pains, de Jésus, nourriture spirituelle du croyant; plus tard, de Jésus, lumière du monde, ré-

siirrcction et vie; dans les discours aux disciples, de Tunion du Père avec le Fils et des croyants avec le Père et le Fils. Il n'est pas un seul des discours du Seigneur, qui n'exprime une idée nouvelle.

11 est tout aussi' inexact de soutenir que les personnages sont des types représentatifs d'une idée. Qu'ils aient été choisis en particulier pour présenter cette idée aux lecteurs, nous l'admettons, mais cela ne prouve pas qu'ils soient de pures entités, des êtres d'imagination. Ils sont, au contraire, bien vivants et très distincts les uns des autres. Il est difficile de croire que Jean- Baptiste, la Samaritaine, Marthe et Marie soient des abstractions.

On s'est demandé aussi comment l'évangéliste a pu rapporter les conversations qu'il n'avait pas entendues, telles que celle avecNicodème; à la rigueur cependant on peut penser que celui-ci l'a répétée. Mais la conversation avec la Samaritaine, qui a pu la répéter à l'évangéliste, et surtout qui a rapporté le colloque avec Pilate, XVIIl, 33-38, lequel eut lieu dans le prétoire où les Juifs n'étaient pas? V, 38. Cet entretien a-t-il été rapporté par un des gardes? En fait, nous ne savons rien à ce sujet, et toute conjecture serait vaine.

On fait remarquer encore qu'il était impossible à un homme de retenir les longs discours que nous lisons dans le IV^ évangile et cela d'autant plus que ces discours sont de nature très abstraite, et expriment des doctrines d'une haute portée théologique. Cette observation serait juste si l'on soutenait que le lY" évangile reproduit littéralement les paroles du Seigneur: elle

l'est beaucoup moins si l'on croit qu'il ne nous en donne que la substance. Nous aurons à examiner ce qu'il faut penser à ce sujet. En tout cas, on ne voit pas pourquoi Jean n'aurait pas retenu les paroles de son Maître, qui étaient l'objet de sa méditation journalière et qu'il devait d'autant plus s'efforcer de pénétrer et de conserver dans sa mémoire qu'elles étaient plus difficiles à comprendre. Pourquoi d'ailleurs refuser de supposer que Jean a gardé par écrit quelques-unes des paroles du Seigneur? Nous ne voulons pas dire que Jean, le calame à la main, prenait des notes quand son Maître parlait, mais pourquoi n'aurait-il pas, plus tard, tenté de conserver par l'écriture les sentences qui l'avaient le plus frappé? La forme aphoristique des paroles du Seigneur s'expliquerait bien par ce procédé. Rien d'ailleurs ne nous oblige à croire que Jean a écrit son évangile vers la fin de sa vie. De plus, les enseignements de son Maître étaient le fond de sa prédication ; il les a répétés souvent et ainsi il en renouvelait chaque jour le souvenir. Nous verrons enfin que tous les discours du IV*-" évangile roulent autour d'une idée directrice, qui pouvait servir de centre et de point d'appui ou de repère à la mémoire de l'écrivain. Enfin et surtout, il est probable que nous n'avons dans le IV*-" évangile qu'une assez petite partie des paroles du Seigneur et, par suite, que Jean n'a répété que ce dont il se souvenait. Ainsi, le dernier entretien de Jésus avec ses disciples a duré certainement plusieurs heures. Or, si on lit de suite, et sans interruption, cet entretien dans les cil. XIIl-XVll, la lecture durera un peu plus d'une

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN. 2i3

heure. On peut donc supposer que l'écrivain na rapporté qu'une partie des paroles du Seigneur, à savoir, celles dont il avait gardé mémoire ou qui l'avaient le plus frappé. Il est facile de voir, d'ailleurs, qu'il y a des lacunes dans la suite des discours; les idées se suivent assez souvent sans s'enchaîner. On a un certain développement autour d'une pensée ; puis on passe à une autre, sans qu'il y ait liaison apparente entre les deux idées. Quelquefois même les interlocuteurs sont changés sans que l'on en soit averti par quoi que ce soit. Ainsi, III, 11" , Jésus parle à Nicodème, puis 11'' ss., il s'adresse à tous les hommes.

On objecte surtout les différences profondes, tant dans la forme que pour le fond, qui existent entre les discours du Seigneur que reproduisent les synoptiques et ceux que présente le IV* évangile. Les discours des premiers sont simples, populaires, pratiques, à la portée des foules, émaillés de sentences brèves, nettement exprimées, quelquefois même paradoxales, et donc faciles à retenir, tandis que ceux du IV*^ évangile sont profonds, métaphysiques, d'une haute portée dogmatique, intelligibles seulement à des esprits préparés par une culture religieuse et philosophique. L'enseignement en paraboles n'existe plus dans le IV*^^ évangile. Les doctrines principales qu'enseigne Jésus dans les évangiles synoptiques : le royaume de Dieu, les fms dernières, fm du monde, retour de Jésus, juge de l'humanité, ne se retrouvent pas dans le IV" évangile qui en présente d'autres inconnues aux synoptiques : préexistence divine de Jésus, incarnation du Verbe en

Jésus. Les conditions du salut sont même changées : dans les synoptiques, il est parlé de la justice du royaume, c'est-à-dire des vertus morales que le fidèle doit pratiquer ; dans le IV'' évangile, la condition de la vie éternelle c'est l'union à Jésus par la foi.

Nous reconnaissons d'abord que les paroles de Jésus sont simples, populaires dans les synoptiques et, à un certain degré, ont une portée mystique ou métaphysique dans le 1V'= évangile. Ainsi que nous l'avons dit, cette différence de tenue s'explique par la diversité des sujets traités et surtout des interlocuteurs. On ne peut en conclure qu'il y a là une impossibilité psychologique, que le même personnage n'a pas pu prononcer les discours des synoptiques et ceux du IV® évangile. Un puissant esprit peut savoir s'adapter à ses auditeurs et leur parler simplement dans le langage populaire, lorsqu'il s'adresse à des foules, et, au contraire, exposer les plus hautes spéculations métaphysiques ou mystiques, quand il discute avec des docteurs. Or, telle a été la position de Jésus. Il a eu des rapports avec les foules de Galilée et avec les scribes et les pharisiens de Jérusalem. Or, de même qu'on ne comprendrait pas qu'il exposât aux foules les mystères les plus profonds de sa personnalité, de même on ne comprendrait pas qu'il les exposât aux scribes dans le langage des synoptiques. La forme des deux côtés a donc été adaptée aux sujets traités et aux auditeurs. D'ailleurs, si on y regardait de plus près, les différences ne sont pas aussi profondes qu'elles le paraissent. Il y a une certaine ressemblance extérieure entre les paroles de Jésus

dans les synoptiques et dans le IV" évangile. Ainsi que nous le montrerons plus tard, nous retrouvons dans le IV'' évangile ces sentences du Seigneur, brèves et bien frappées, aphoristiques, si caractéristiques des discours des synoptiques. On peut en compter un très grand nombre.

Les paraboles sont absentes, il est vrai, du IV' évangile, mais on a pour les remplacer les allégories du bon pasteur, de la porte, de la vigne, du cep et des sarments. On a même quelques sentences qui contiennent le germe d'une parabole : Le vent soufïle où il veut, et tu en entends le bruit, mais tu ignores d'oîi il vient et où il va, III, 8. Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, afin que ses œuvres ne soient pas blâmées, III, 20. Inversement, on trouvera dans les discours des synoptiques des sentences qui rappellent la couleur mystique du IV^ évangile. Mt. V, 6 : Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés, que l'on peut comparer à Jn. VII, 37 : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi; à IV, 14 : Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif, ou à VI, 57 : Celui qui me mange vivra par moi. Cf. Mt. X, 40 = Jn. XIII, 20; Mt. X, 39 = Jn. XII, 25 ; Mt. XII, 8 = Jn. V, 16 ; Mt. XVI, 6-12 = Jn. VI, 27.

Nous avons reconnu que les doctrines enseignées dans le IV^ évangile n'étaient pas celles qu'on trouve d'ordinaire dans les synoptiques, remarquons cependant qu'on retrouve à un certain degré chez les uns et les autres les mêmes doctrines caractéristiques; en

d'autres termes, que les enseignements des synoptiques ne sont pas inconnus au IV*" évangile et vice-versa. Ainsi, l'expression : le royaume de Dieu, pairiXsi'a tovJ 0£ou, ne se rencontre que deux fois dans le IV" évangile : A moins de naître d'en haut, dit Jésus à Nicodème, on ne peut pas voir le royaume de Dieu... à moins de naître de l'eau et de l'Esprit on ne peut entrer dans le royaume de Dieu, III, 3, 5. Ces deux sentences prouvent que cette idée du royaume de Dieu n'était pas inconnue à l'écrivain du ÏV'' évangile. Mais il préfère employer l'expression : la vie, ^o»ti, la vie éternelle, Cwv) «îwvioç, qui exprime une idée analogue. Pour saint Jean, le royaume de Dieu, c'est la vie en Jésus par la foi ici-bas et dans l'éternité.

Les enseignements sur les fins dernières, sur le retour de Jésus, ne font pas dans le IV'' évangile l'objet d'un discours spécial comme dans les synoptiques, mais on en retrouve l'idée à diverses reprises : Et quand je m'en serai allé, dira Jésus à ses apôtres, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous soyez également, XIV, 3. Ne pensez pas que je vous accuse auprès de mon Père; il est quelqu'un qui vous accuse. Moïse, V, 45, Le Père a donné au Fils le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils d'homme. Ne vous en étonnez pas, parce que le moment vient où tous ceux qui sont dans le tombeau entendront sa voix et sortiront : ceux qui auront fait le bien, pour la résurrection de la vie; ceux qui auront fait le mal, pour la résurrection du jugement, V, 27-29. A quatre reprises différentes, Jésus

affirme qu il ressuscitera le croyant au dernier jour : Afin que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour, VI, 40. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie (Hernelle, et je le ressusciterai au dernier jour, VI, 5i. Ci. VI, 30, 44. Si le IV'^ évangile no retrace pas le tableau des événements des derniers jours, on reconnaîtra qu'il dit ce qui est essentiel.

Et, de même, les doctrines caractéristiques du IV" évangile se retrouvent dans les synoptiques. La préexistence divine de Jésus est nettement affirmée par le IV" évangile. Et si vous voyiez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant, VI, 62. En vérité, en vérité, je vous dis, avant qu'Abraham fût, je suis, VIII, 58, Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j'avais auprès de toi avani que le monde fût, XVII, 5. Ces doctrines enseignées, aussi, nettement par saint Paul : (Jésus-Christ), qui est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature; parce que, en lui, ont été créées toutes choses, lout est par lui et pour lui; tout subsiste en lui, Col. I, 15-17, étaient en germe dans les évangiles synoptiques. Ils affirment en effet la filiation divine et la messianité de Jésus, ce qui implique sa préexistence. Celui-ci appelle Dieu « mon Père », Mr. X, 33; XI, 27. etc., et il établit entre lui et Dieu une relation filiale absolue, toute différente de celle qui existe entre Dieu et les hommes. Elle ressort aussi de cette parole du Seigneur : Si David appelle le Christ son Seigneur, comment est-il son fils? Mt. XXII, 45.

Il est inexact enfin d'affirmer que les conditions du salut ne sont pas les mêmes dans le IV® évangile que dans les synoptiques, parce que dans celui-là il est tout entier dans la foi en Jésus. En fait, il en est de même dans les synoptiques. Si, dans le IV^ évangile, Jésus a dit : Quiconque me reçoit reçoit celui qui m'a envoyé, III, 20, il a dit exactement les mêmes paroles dans Mt. X, 40. Dans les synoptiques Jésus affirme qu'il avouera devant son Père celui qui l'aura avoué devant les hommes, Mt. X, 32; Me. VIII, 38. Celui qui aura perdu son âme à cause de lui la retrouvera, Mt. X, 39; Le. IX, 54. Celui qui aspire à la perfection devra le suivre. Mx. XX, 21; Le. IX, 23. Cf. Mt. X, 37, 38; XI, 28-30; Le. X, 16. « En définitive, fait remarquer Godet ^ la position centrale qu'occupe la personne du Christ dans l'enseignement johannique lui est tout aussi décidément attribuée dans celui des trois premiers évangiles. Les préceptes moraux que donne Jésus dans ceux-ci sont mis en relation intime avec sa propre personne, et parmi les devoirs de la vie humaine celui qui prime tous les autres est chez eux comme chez Jean la foi au Christ, condition indispensable du salut. »

En résumé, chacun des évangiles, les synoptiques tout aussi bien que le IV*^ évangile, insiste plus spécialement sur quelques enseignements, mais ce qui est caractéristique des synoptiques se retrouve à un certain degré dans le IV" évangile, et inversement.

1. Com. sur l'Év. de saint Jean, l. 1, p. 161, Neuchatel, 1902.

Nous tenons pour justes les observations qu'a faites Reuss' sur les discours du IV^ évangile : « Jésus avait l'habitude de profiter de toutes les occasions pour ramener les esprits à des considérations d'un ordre plus élevé et sous sa main les premiers objets que le hasard lui offrait, servaient alors de point d'appui palpable pour les intelligences les moins exercées. Cette élévation même des idées doit être la garantie de leur authenticité. Partout l'histoire atteste la distance qui séparait les disciples du maître, les peines infinies qu'ils avaient à comprendre sa pensée, à suivre son regard dans l'avenir. Il sera difficile d'attribuer à l'un d'eux des conceptions aussi pures que celles qui distinguent le IV" évangile. Certes, qu'il ait été philosophe, helléniste ou pêcheur galiléen, si cette eschatologie si complètement dégagée du judaïsme, si cette idée spirituelle du miracle, si celte profondeur du sentiment religieux lui appartient en propre comme à son auteur, et ne lui vient pas de la bouche de Jésus, le disciple est plus grand que le Maître. Nous le verrons, parlant de son propre fonds, s'appuyer sur' des opinions populaires, se méprendre sur le sens et la portée de certaines paroles du Seigneur, descendre dans une sphère inférieure pour les conceptions théologiques, et nous donner ainsi par le contraste même la mesure de la grandeur de l'idéal. V, 4; II, 21 ; Vil . 39; XI, 51. » Cf. surtout les épîtres de Jean et l'Apocalypse avec les discours du IV" évangile.

1. Histoire de la th. chrét. au siècle apostolique, t. II, p. 104.

2. Après avoir montré qu'il n'y a aucune raison plausible qui permette de soutenir que les discours du Seigneur rapportés par le IV° évangile ne sont pas authentiques, nous pouvons aller plus loin et affirmer qu'ils sont authentiques, parce que nous y retrouvons, ainsi que nous l'avons déjà montré, des doctrines du Seigneur que nous ont conservées les synoptiques, et, même, un bon nombre de sentences du Seigneur qui étaient déjà dans les autres évangiles. Cette authenticité est corroborée par ce fait qu'il y a identité de doctrines entre ces discours du IV*" évangile et les cpîtres pauliniennes.

Nous relèverons tout d'abord des sentences du Seigneur qui sont textuellement identiques dans le IV*^ évangile et dans les synoptiques.

J.v. II, 19. Jésus leur répondit : Détruisez ce temple et je le relèverai en trois jours.

IV, 44. Car .Jésus lui-même avait déclaré qu'un propliète n'est pas honoré dans sa patrie.

V, 8. Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton grabat et mardi e.

VI, 20. C'est moi, na}-oz pas peur.

XII, 8. Car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais moi vous ne m'avez pas toujours.

Mt. XXVI, 61; XXVIL 40.

Celui-ci a dit : Je puis détruire le temple de Dieu et le rebâtir en trois jours; Me. XIV, 58; XV, 29.

Le. IV, 24. En vérité je vous déclare que nul prophète n'est bien reçu dans sa patrie ; Mt.

XIII, 57; Me. VL 4. Logia de Behnesa.

Mt. IX, 6. Lève-toi, prends ton lit et va-t'en dans ta maison ; Me. II, 9; Le. V, 24.

Mt. 'xiV, 27. C'est moi, n'ayez pas peur; Me. VI, 50.

Mt. XXVI, II. Car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais moi vous ne m'avez pas toujours ; Mo. XIV, 7.

XII, 25. Celui qui aime son âme (vie) la perdra et celui qui hait son àme (vie) en ce monde la conservera en la vie éternelle.

XII, 27. Maintenant mon àmo est troublée.

XIII. IG. En vérité, en vérité, je vous dis, un serviteur n'est pas plus grand que son maître.

XIII, 20. Quiconque reçoit celui que j'ai envoyé me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.

XIII, 21. En vérité, en vérité, je vous dis, un de vous me trahira.

XIII, 38. En vérité, en vérité, je te dis, le coq ne chantera point que tu no maies renié trois fois.

XIV, 31. Levez-vous, partons d'ici!

XVIII, U.Reuietsl'épéedans le fourreau.

XVIII, 20. J'ai toujours ensoigné dans la synagogue et dans le temple.

XVIII, 37. Alors Pilate lui dit : Donc, tu es roi. Jésus l'épondit : Tu le dis, je suis roi.

.Mt. X, 39. Celui qui aura trouvé son àme (vie) la perdra, et celui qui aura perdu son àme (vie) à cause de moi la trouvera; XVI, 25; Mo. VIII, 35; Le. IX, 2-1; XVII, 33.

Mt. XXVI, 38. Mon àme est triste jusqu'à la mort; Me.

]Mt. X, 24. Un disciple n'est pas au-dessus du maître, ni un serviteur au-dessus de son Seigneur; Le. VI, 40.

Mt. X, 40. Celui qui vous reçoit, me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé; Le. IX, 48.

Mo. XIV, 18. En vérité, je vous dis que l'un de vous me trahira.

Mt. XXVI, 34. En vérité, je te dis que cette nuit même, avant que le coq ait chanté, tu me renieras trois fois ; Me.

XIV, 30; Le. XXII, 3-1.

Mr. XXVI, 46. Levez-vous, partons !

Mt. XXVI, 52. Remets ton épée en son lieu.

Mt. XXVI, 55. Chaque jour j'étais assis, enseignant dans le temple.

Me. XV, 2. Et Pilate l'interrogea : Es-tu le poi des Juifs '!

Et répondant, il lui dit : Tu le dis; Mt. XXVII, 11: Le.

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