DEUXIEME KT TROISIEME EPITRE DE SAINT JEAN
cette déclaration pleine d'assurance : « Tu sais que notre témoignage est vrai ». IIIJn. 12. Dans ses visites aux églises il n'apparaît pas seulement comme un pasteur ou un prédicateur qui édifie et apporte de la joie,
II Jx. 12, mais comme un juge qui menace et punit et qui mettra sûrement fin aux désordres dans l'église,
III Jn. 10. » Le personnage, qui a le droit de parler et d'agir ainsi, ne peut être que très important, et la tradition, qui a conservé ces lettres en les attribuant à l'apôtre Jean apporte un témoignage digne de créance.
Tout concourt donc, le témoignage de la tradition, l'étude interne de ces deux épîtres, à désigner l'apôtre Jean, comme leur auteur.
*; 2. — Destinataire, but et analyse de la IP épître.
Le presbytre écrit à une dame élue et à ses enfants : IxXexTTJ xupi'a xai toîç tÉxvoi; aùxr.i;, 1. On a supposé que la personne destinataire s'appelait Kupi'a ou 'Exlcxxa, Cette hypothèse est peu probable. Si la lettre était adressée à une Kupi'a. l'inscription devrait être. Kupi'a TÎ^ IxXey.Tïi. La destinataire ne s'appelait pas 'ExxXaxTa. puisque sa sœur, y 13. reçoit le même qualificatif. Il s'agit ici d'une communauté chrétienne et de ses membres. Les destinataires sont quelquefois nommés au pluriel, y G, 8, 10. 12. Ecrivant à une mère de famille, l'auteur n'aurait pas dit que « quelques-uns de ses enfants marchent dans la vérité », 4. 11 exhorte ses lecteurs à s'aimer mutuellement, à se tenir en garde
contre les faux docteurs, conseils qui visent surtout une collectivité. Cette communauté était probablement une église d'Asie, que Jean visitait et dirigeait. En attendant sa prochaine arrivée, il exhorte les fidèles à observer le commandement, qu'ils ont reçu dès le commencement, à savoir de s'aimer les uns les autres et à prendre garde à ceux qui nient que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, soit venu en chair.
Salutation; exhortation à l'amour des frères, 1-G. Le presbytre écrit à une dame élue et à ses enfants qu'il aime, lui et tous ceux qui connaissent la vérité, qui demeure en nous éternellement; il leur souhaite grâce, miséricorde et paix de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ, le Fils du Père, 1-3. Il se réjouit de ce que les enfants de la Dame observent le commandement du Père et il le lui rappelle : s'aimer les uns les autres, 4,5. L'amour et l'observation des commandements marchent ensemble, 6.
Les faux docteurs, 7-11. Des séducteurs se sont répandus, qui ne confessent pas que Jésus-Christ est venu en chair; qu'ils prennent garde afin qu'ils ne perdent pas ce qu'ils ont acquis et qu'ils reçoivent la récompense, 7, 8. Celui qui ne reste pas dans la doctrine du Christ n'a pas Dieu. Ne recevez pas celui qui vient sans cette doctrine et ne le saluez pas, car ce serait participer à ses œuvres iniques, 9-11.
Epilogue, 12, 13. Le presbytre a encore beaucoup de choses à leur dire ; il ne les écrit pas, car il espère aller leur parler bientôt. Les enfants de leur sœur, l'élue, la saluent, 12, 13.
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On ne sait ni à quelle époque ni en quel lieu fut écrite cette lettre. Elle semble être un résumé de la première épître. ce qui fait supposer qu'elle a été écrite sur la fm de la vie de lapôtre et ù Ephèse.
0 3. — Destinataire, but et analyse de la III" épître.
L'épître est écrite à un frère du nom de Gaïus. Estce un des Gaïus nommés ailleurs, Act. XIX, 29; XX. 4; Rom. XVI, 23; I Col. \, 11? C'est peu probable. Ce nom était très commun à cette époque. Le presbytre a reçu sur le compte de Gaïus de bons témoignages des évangélistes itinérants, qu'il avait bien accueillis. Il n'en a pas été de même pour Diotréphès, qui rejette l'autorité du presbytre, tient de mauvais propos sur son compte et refuse de recevoir les frères étrangers. Il le réprimandera quand il ira les visiter.
Le presbytre a écrit une lettre à l'église de Gaïus. Il en est qui pensent qu'il est fait allusion ici à la lettre précédente. Cornely ^ estime que cette opinion est peu probable. Le texte d'abord est douteux. Il est de bons manuscrits qui ont la variante IyP»'}^' «v, que la Vulgate a adoptée : Scripsissem forsitan Ecclesiae. Le presbytre aurait donc eu seulement la pensée d'écrire. En outre, la situation de l'église à laquelle il est fait allusion dans la troisième lettre n'est pas la même que celle dont parle la deuxième. Dans celle-ci, il est question de séducteurs, qui répandent de fausses doctrines sur Jésus-Christ, tandis que dans la troisième, il est re-
i. opère cit., p. 685.
commandé de recevoir les missionnaires qui prêchent le nom de Jésus-Christ, Si l'église de la deuxième lettre était celle de la troisième, il serait étonnant que Diotréphès, qui paraît être le chef de l'église de celleci, n'ait pas été mentionné dans la deuxième lettre, où l'église est louée sans restrictions.
Le presbytre adresse sa lettre à son très cher Gaïus, 1. 11 lui souhaite de prospérer en toutes choses, comme son âme prospère. 11 a appris avec joie qu'il marchait dans la vérité; c'est toujours pour lui une grande joie d'apprendre cela de ses enfants, 2-4. Gaïus a bien agi envers ses frères étrangers et ceux-ci lui en rendent témoignage. Qu'il continue à subvenir à leur voyage, car ils prêchent le nom de Jésus-Christ et ne reçoivent rien des païens. En accueillant de tels hommes, nous travaillons avec eux pour la vérité, 5-8. Le presbytre a écrit à l'église, mais Diotréphès, qui aime à être le premier, ne le reçoit pas. S'il va chez eux, il rappellera que celui-ci tient de mauvais propos contre lui et qu'en plus il ne reçoit pas les frères et chasse de l'église ceux qui veulent le recevoir, 9, 10. Que Gaïus imite le bien et non le mal ; celui qui fait le bien est de Dieu. Tous et lui-même rendent témoignage à Démétrius, 11, 12. Le presbytre a encore beaucoup de choses à lui écrire, il les lui dira de vive voix, car il espère le voir bientôt. Il lui souhaite la paix. Ses amis le saluent et il lui demande de saluer individuellement ses amis, 13-15.
La date de composition de cette lettre n'est pas connue, non plus que le lieu où elle fut écrite. Elle a dû être écrite à peu près à la même époque que la précédente.