Die Apottelgeschichle, Leipzig, 908, p. ^i
chez les païens, conduit TÉvangile de Jérusalem jusqu'à Rome et établi, à la place du peuple Juif, s'endurcissant toujours de plus en plus, le monde païen plus accessible ».
L'écrivain a-t-il atteint son but et accompli son dessein par cet ouvrage? Il a montré l'extension du christianisme jusqu'à Rome, en ce sens qu'il personnifiait dans Paul l'évangélisation du monde païen, car. d'après les Actes même, il y avait déjà des chrétiens à Romo avant l'arrivée de l'apôtre, XXVIII, 13. Mais cette ville où il termine brusquement son récit représentait-elle donc pour lui les extrémités de la terre? C'est possible, puisque dans les Psaumes de Salomon, VIII, 16, il est dit que Pompée vint de l'extrémité de la terre. On peut croire aussi que, pour un homme de cette époqu«, Rome était le centre du monde. Saint Luc avait donc le droit de penser qu'ayant montré que le christianisme était établi dans cette ville, il avait prouvé, par cela même, son établissement dans le monde entier, Rome étant l'aboutissant de tout. Ainsi s'expliquerait la brusque fin des Actes des Apôtres. Cette raison est plausible, mais d'autres sont possibles. En effet, si Luc a réellement voulu prouver le triomphe définitif du christianisme sur le judaïsme, pourquoi s'est-il arrêté là, et n'a-t-il pas dit quel avait été le résultat de ce procès de Paul, dans lequel était personnifiée la lutte entre le judaïsme et le christianisme? La dernière phrase des Actes est-elle vraiment une finale? a Mais Paul demeura deux ans entiers dans une maison qu'il avait louée, et il recevait tous ceux qui venaient
NOLVEAl) TESTAM&NT. — III. 3
vers lui, prêchant le royaume de Dieu et enseignant les choses qui regardent le Seigneur Jésus-Christ avec toute liberté et sans empêchement », XXVIIl, 30, 31. En fait, ceci n'est qu'une constatation de l'auteur et un complément de ce qui avait été dit précédemment. Luc a dû croire que son œuvre était terminée, lorsqu'il eut rapporté les paroles de Paul aux Juifs de Rome, qui refusèrent de croire en Jésus-Christ : « Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux païens, et ceux-ci l'écouteront. »
Plus d'un critique, cependant, a trouvé cette fin trop brusque et a cherché à l'expliquer. Luc aurait écrit son livre pendant la captivité de Paul à Rome, et se serait arrêté là parce que les matériaux lui faisaient défaut. Pourquoi alors écrit-il à l'aoriste, : « Paul demeura » Ivê'ueivev, sinon parce que le temps du séjour à Rome de deux ans est écoulé ? Il avait donc d'autres faits à raconter. Cette observation n'est pas péromptoire, parce que l'aoriste marque simplement l'action d'une façon indéterminée, sans rapport nécessaire avec d'autres événements.
Quelques exégètes ont pensé qu'en homme prudent et conciliant Luc n'a pas raconté le procès de Paul, afin de ne pas attirer l'attention du pouvoir public sur la communauté chrétienne de Rome. On croira diflicilement que les préposés au gouvernement de l'empire se soient beaucoup adonnés à la lecture des écrits chrétiens.
Pour d'autres critiques, la mort ou l'emprisonnement ou une autre cause avait arrêté l'auteur ; pour
d'autres encore, les Actes avaient une suite que nous n'avons plus. On a encore supposé que Luc voulait écrire un troisième livre et que, de même quil avait terminé son évangile par une amorce, qu'il reprend dans les Actes, il établissait aussi par la dernière phrase de ceux-ci la pierre d'attente pour un xptTo; Xovoç qui aurait raconté la suite des prédications de Paul, et peut-être aussi les travaux évangéliques des autres apôtres. Tout cela est possible, mais non démontré.
L'analyse que nous allons faire des Actes des Apôtres prouvera que l'auteur, tout en poursuivant un but, n'a pas cependant écrit une thèse, mais bien un récit, où éclate l'action du Saint-Esprit, propageant le royaume messianique de Jérusalem à la Samarie et au monde entier.