INTRODUCTION
Saint Luc relie ce livre au premier qu'il a écrit, dans lequel il avait raconté ce que Jésus-Christ avait fait et enseigné jusqu'à son ascension. 11 complète son récit au sujet de la résurrection du Seigneur et des preuves que celui-ci en a données. 1-3. Jésus ordonna à ses apôtres de rester à Jérusalem pour y recevoir le Saint- Esprit; puis, sur leur demande s'il doit bientôt rétablir le royaume d'Israël, il leur déclara qu'il ne leur appartenait pas de connaître les desseins de Dieu,
mais qu'ils recevraient le Saint-Esprit et seraient ses témoins à Jérusalem, en Samarie et dans le monde entier, 4-8. Jésus fut élevé vers le ciel; deux hommes vêtus de blanc annoncèrent aux apôtres le retour du Seigneur, 9-11. Les apôtres retournèrent à Jérusalem et, au nombre de onze, montèrent dans une chambre haute; là, ils persévéraient dans la prière avec les femmes, Marie, mère de Jésus et ses frères, 12-14. Pierre démontra aux cent vingt disciples rassemblés qu'un de ceux qui avaient été avec Jésus pendant sa vie devait remplacer le traître Judas dans son ministère. Après une prière au Seigneur, qui connaît tous les cœurs, le collège apostolique fut complété par l'adjonction de Matthias, au moyen du tirage au sort, 15-26.
PREMIÈRE PARTIE. — LA PRÉDICATION DE L ÉVANGILE A JÉRUSALEM, II, 1-VIII, 3.
Constitution de l'église de Jérusalem, II, 1-47. — Suivant la promesse du Seigneur, le Saint-Esprit fut répandu sur les disciples assemblés. On entendit un bruit, comme celui d'un vent violent, et des langues de feu se posèrent sur chacun des assistants qui, remplis du Saint-Esprit, se mirent à parler en d'autres langues. Des Juifs pieux, nés dans tous les pays de la terre, mais habitant Jérusalem, étant accourus, s'étonnaient de ce que, chacun dans sa langue, ils comprenaient les disciples, proclamant les grandeurs de Dieu. Quelques-uns les croyaient ivres, 1-13. Pierre justifia ses compagnons. En eux s'accomplit la prophétie de
Joël sur l'arrivée du royaume messianique : L'Espritdu Seigneur sera répandu sur toute chair, il y aura des prodiges au ciel et sur la terre, mais quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé, 14-21. Les temps messianiques sont donc arrivés. Jésus est le Messie. Jésus de Nazareth, homme autorisé de Dieu par ses miracles, a été selon le plan de Dieu mis à mort par les méchants et ressuscité . C^est de lui qu'il a été parlé par la bouche de David, lorsque celui-ci affirme que le saint de Dieu ne peut voir la corruption et que le Christ n'a pas été laissé dans le séjour des morts. David ne pouvait parler ainsi de lui-môme. Jésus est donc ressuscité; nous en sommes témoins. 11 a été élevé à la droite de Dieu suivant la parole de David et, ayant reçu du Père l'Esprit, il l'a répandu sur nous. Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié, 21-36. Les auditeurs eurent le cœur transpercé de douleur. Repentez-vous, leur dit Pierre, soyez baptisés au nom de Jésus-Christ, et vous recevrez le Saint-Esprit, promis à tous. Trois mille personnes furent baptisées, 37-41.
Luc retrace ensuite le tableau de la vie des premiers chrétiens. Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communauté, la société, l'union, xoivwvi'a, dans la fraction du pain et dans les prières. Ils étaient chaque jour assidus au temple, et Dieu ajoutait à la communauté ceux qui étaient sauvés, 42-47. Luc a soin de faire remarquer que les fidèles jouissaient de la faveur du peuple, 47. Il répétera cela plusieurs fois. L'Eglise est maintenant fondée et
constituée dans sa vie intérieure. Luc va raconter sa vie extérieure.
Première expansion du christianisme et per.séciition, III, l-I V, 31 . — Pierre et Jean trouvèrent à la porte du temple un boiteux de naissance, qui leur demanda l'aumône. Pierre lui ordonna au nom de Jésus-Christ de marcher. Le boiteux se leva et marcha; le peuple, rempli de crainte et d'admiration, et louant Dieu, accourut vers les apôtres, 1-11. Ce n'est pas par notre propre puissance, leur dit Pierre, qu'a été guéri l'impotent; il Ta été par sa foi dans le nom de Jésus, que Dieu a glorifié, tandis que les Juifs l'ont renié, lui le saint, et lui ont préféré un meurtrier. Ils ont fait mourir l'auteur de la vie, mais Dieu l'a ressuscité. Eux et leurs chefs ont agi par ignorance. Dieu a ainsi accompli ce qu'il avait annoncé par les prophètes sur les souffrances du Christ. Qu'ils se repentent afin que leurs péchés soient effacés, et que viennent les temps de rafraîchissement. Que le Seigneur leur envoie Jésus, le Christ (jui leur a été destiné d'avance, actuellement au ciel ! C'est à eux premièrement que, d'après les paroles des prophètes, Dieu a envoyé son serviteur Jésus, pour les détourner de leurs iniquités, 12-26. En résumé, Jésus est un prophète plus grand que Moïse ; il est l'accomplissement des promesses, le serviteur souffrant de Jahvé; il est le saint de Dieu, l'auteur de la vie, et toutes les nations seront réunies en son nom, c'est-àdire en sa personne.
Pierre et Jean furent jetés en prison le soir; les Sadducéens étaient mécontents parce qu'ils enseignaient
en la personne de Jésus la résurrection des morts. Beaucoup de ceux qui avaient entendu la parole crurent, et le nombre des fidèles s'éleva à cinq mille environ, IV, 1-4. Le lendemain, Pierre et Jean furent conduits devant ie Sanhédrin ; on leur demanda par quel pouvoir et en quel nom ils avaient fait cela. Pierre, rempli de l'Esprit- Saint, répondit : Ce bienfait a été accordé à un homme malade au nom de Jésus, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité. Il est la pierre, rejetée par vous, et devenue la pierre angulaire. Et il n'y a de salut en aucun autre; car aucun autre nom, c'est-à-dire personne, n'a été donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés, 5-12. Les Sanhédrites, étonnés d'entendre parler ainsi ces hommes illettrés, délibérèrent sur le parti à prendre. Tout Jérusalem connaissait le miracle que Pierre et Jean avaient opéré; on ne pouvait le nier. Ils leur défendirent donc avec menace de parler au nom de Jésus. Pierre et Jean leur répondirent : Jugez s'il est juste de vous obéir plutôt qu'à Dieu. Nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues. N'osant les punir à cause du peuple, le Sanhédrin les renvoya. Tous glorifiaient Dieu, 13-22.
Les apôtres ayant été mis en liberté vinrent vers les leurs ; ceux-ci ayant entendu le récit dos faits prièrent d'un commun accord : Seigneur, créateur du ciel et de la terre, ce que tu as dit par la bouche de David s'est accompli. Les rois des nations et Israël se sont ligués contre ton saint serviteur Jésus, ton Christ, pour faire ce que tu avais prédéterminé. Donne à tes serviteurs
de prêcher hardiment ta parole et confirme-la par des miracles. A ce moment, la maison trembla; ils furent tous remplis de l'Esprit-Saint et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance, 23-31.
Etat intérieur de la communauté, IV, 32-V, 16. — Les fidèles étaient unis de cœur et d'âme; ils mettaient tout en commun et les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Ceux qui avaient des biens les vendaient et en déposaient le prix aux pieds des apôtres; ainsi fit Joseph, surnommé Barnabas, 32-36. Ananias et Saphira sa femme retinrent une partie du prix de leur propriété vendue. Pierre leur reprocha d'avoir menti au Saint-Esprit. Tous deux en entendant les paroles de l'apôtre tombèrent foudroyés, V, 1-11.
Luc résume la situation. Par les apôtres il se faisait un grand nombre de miracles ; aucun des autres n'osait se joindre à eux (leur chercher querelle, Reuss, Blass); le peuple les tenait en grande estime et le nombre des croyants s'augmentait tous les jours. On apportait de partout les malades aux apôtres qui les guérissaient, 12-16.
Nouvelle persécution, V, 17-42. — Le grand prêtre et son parti, les Sadducéens, firent jeter les apôtres en prison, mais un ange les délivra et leur ordonna d'aller au temple prêcher les paroles de cette vie, Ta ^>i[xaTa TTÎ; !;ojv;î Taûtriç; les apôtrcs obéirent, 17-21 a. Le grandprêtre rassembla le Sanhédrin et envoya à la prison chercher les apôtres. On revint annoncer que la prison était vide et que les apôtres étaient au temple, prê-
chant au peuple, 22 b-2o. Les sergents les amenèrent devant le Sanhédrin. Le grand-prêtre leur rappela la défense qui leur avait été faite d'enseigner en ce nomlà. Pierre répondit : Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Dieu a ressuscité Jésus et il l'a élevé à sa droite comme sauveur, afin d'offrir à Israël la repentance et le pardon. Nous sommes des témoins ; le Saint-Esprit est témoin aussi de ces choses, 20-32. Les Sanhédrites, frémissant de rage, voulaient faire périr les apôtres. Un pharisien, nommé Gamaliel, rappela qu'à plusieurs reprises s'étaient élevés des fauteurs de séditions, Theudas, Judas de Gaulon, qui bientôt disparurent. Donc, dit-il, si l'œuvre de ces hommes est humaine, ollo se détruira d'elle-même; si elle vient de Dieu, vous ne la détruirez pas et vous aurez combattu contre Dieu, 33-39. Les Sanhédrites convaincus firent battre de verges les apôtres, leur défendirent à nouveau de prêcher au nom de Jésus et les renvoyèrent. Les apôtres continuèrent à prêcher que Jésus était le -Messie, 40-42.
Election des diacres, VI, 1-7. — Le récit entre dans une phase de transition. Le nombre des lidèles était devenu considérable. Les Juifs hellénistes se plaignirent que leurs veuves étaient négligées par les Hébreux * dans la distribution des secours. Les apôtres proposèrent à la communauté de choisir sept hommes
1. Le texte occidenlal. lodex l) et palimpseste latin de Fleury, présentent ici une >ariantc curieuse : Les veuves des hellénistes étaient méprisées ;iiégli{,'ées) dans le service des tables, par les diacres des Hébreux, ÛKO Tûv omxôvwv xûv 'Eêpaîuv, ministria Hebraeorum.
i6 HISTOIRE DES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT.
pleins du Saint-Esprit et de sagesse pour s'occuper du service des tables. Les fidèles élurent sept chrétiens, probablement hellénistes, car leurs noms sont grecs : Ktienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parmenas et Nicolas, à qui les apôtres imposèrent les mains, 1-6. Luc résume les faits et constate que le nombre des disciples se multipliait et que beaucoup de prêtres obéissaient à la foi, 7.
Accusation et mise à mort du diacre Etienne, VI. 8-VII, 60. — Le diacre Etienne faisait de grands miracles parmi le peuple; il discutait dans les synagogues avec les Juifs hellénistes. Vaincus, ceux-ci l'accusèrent de blasphème contre Moïse et contre Dieu. On le conduisit de force devant le Sanhédrin; de faux témoins déposèrent qu'Etienne avait parlé contre le temple et la loi; on l'avait entendu dire que Jésus les détruirait l'un et l'autre. Tous arrêtèrent les yeux sur Etienne, dont le visage était semblable à celui d'un ange, 8-15. Sur l'interrogation du grand-prêtre qui lui demanda : Est-ce qu'il en est ainsi? Etienne raconta l'histoire d'Israël depuis Abraham jusqu'aux prophètes. Il rappela les rapports de Dieu avec le peuple d'Israël, d'où il ressort que celui-ci a toujours été en rébellion contre Dieu et que le rejet et la mort de Jésus n'ont été que le dernier acte de révolte, dont le premier eut lieu au pied du Sinaï. Par ce long récit il démontra encore que la révélation et les promesses faites d'abord à des individus, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, le furent ensuite à toute la nation ; qu'il fut un temps où leurs pères adoraient Dieu sans la loi et le temple, par
conséquent que le culte envers Dieu n'est pas attaché à un lieu déterminé et que Dieu n'habite pas dans un temple, fait de main d'homme, VII, 1-53. Il termina par une véhémente apostrophe contre les Juifs, entêtés et opposés au Saint-Esprit. Les assistants grinçaient des dents; Etienne, plein de lEsprit-Saint, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu : Voici, dit-il, je contemple les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. Tous, poussant de grands cris, l'entraînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Et Etienne priait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit; ne leur impute pas ce péché! Saul approuvait ce meurtre, 54-GO.
Persécution del'Églisey VIII, 1-3. — La communauté de Jérusalem persécutée se dispersa à travers la Judée et la Samarie. Saul poursuivait les fidèles de maison en maison et les faisait jeter en prison, 1-3.
Il» PARTIE. — EXTENSION DE L'ÉVANGILE EN SAMARIE, A DAMAS ET A ANTIOCHE, VHI, 4-XH,i5.
Prédication de l'Evangile en Samarie^ VIII, 4-25. — Ceux qui avaient été dispersés annoncèrent partout l'Evangile. Philippe prêcha le Christ dans une ville de Samarie et y opéra de nombreux miracles; il y eut une grande joie dans cette ville, 4-8. Un magicien, nommé Simon, attirait tout le peuple, qui disait de lui : Celui-ci est la puissance de Dieu, celle appelée la grande, et s'attachait à lui. Lorsque les Samaritains eurent cru à Philippe, leur annonçant la bonne nou-
velle du royaume de Dieu elle nom de Jésus-Christ, ils furent baptisés au nom de Jésus-Christ; Simon fut baptisé aussi, 9-13. Les apôtres, ayant appris que les Samaritains avaient reçu la parole de Dieu, leur envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint-Esprit. Simon voyant que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains des apôtres, offrit de l'argent à ceux-ci pour qu'ils lui conférassent ce pouvoir. Pierre indigné maudit Simon et son argent. Simon effrayé demanda à Pierre de prier pour que les châtiments dont il le menaçait ne tombassent pas sur lui. Les apôtres annoncèrent l'Évangile dans beaucoup de villages des Samaritains, 14-25. Conversion de l'eunuque éthiopien^ VIII, 20-40. — Luc décrit un nouveau progrès de l'Evangile, prêché maintenant à un Ethiopien. Un ange ordonna à Philippe d'aller sur la route de Gaza. Là, il rencontra un Ethiopien, probablement un prosélyte, lequel, assis sur son char, lisait la page où Isaïe parle de la mort du serviteur de Jalivé, 20-33. Sur la demande de l'eunuque : De qui le prophète dit-il cela? Philippe l'évangélisa au sujet de Jésus (lui annonça la bonne nouvelle de Jésus). Voici de l'eau. Qu'est-ce qui m'empêche d'être baptisé? dit l'eunuque. Et Philippe le baptisa ^
■I. D'après les mss. E 15 27 29 3(> etc., le Gigas, la Vulgate clémenline, la syriaque tiarklécnne, Irénéc, Cyprien, Augustin et d'autres écrivains ecclésiastiques, Philippe aurait dit n l'eunuque : • Cela t'est permis, si lu crois de tout ton cœur, et celui-ci répondit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. • Il y a de nombreuses variantes. Ce verset est omis par les mss. N I* A C :i I. I' 13 01, par le codex Amiatinus et d'autres manuscrits de la Vulgate, par les versions l'cschito, Hahidique, bohaïri(|uc, par Jean Chrysostomc.
Conversion de Saul, IX, 1-19. — L'auteur des Actes revient à la persécution contre les disciples du Seigneur, dont Saul était le principal instigateur. Toujours plein de rage, Saul alla, muni des lettres du grand-prêtre, à Damas, pour arrêter les chrétiens. Près de cette ville, une lumière éclata autour de lui et le Seigneur lui parla, lui disant qu'il était Jésus qu'il persécutait. Saul se releva aveugle et fut conduit à Damas, où il fut trois jours sans voir, sans boire ni manger, 1-9. Un disciple, nommé Ananias, vint, malgré qu'il protestât, sur l'ordre du Seigneur, vers Saul et lui imposa les mains. Saul recouvra la vue et fut baptisé. Les paroles du Seigneur à Ananias rattachent cette conversion de Saul à la suite du récit qui bientôt va s'occuper de Paul seulement. « Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi pour porter mon nom devant les nations et devant les rois et devant les fils d'Israël, car je lui montrerai combien il faut qu'il souffre pour mon nom », 10-19.
Première prédication de Saul et persécution, IX, 20-30. — Saul prêcha Jésus dans les synagogues, prouvant que celui-ci était le Fils de Dieu et le Messie. Les Juifs voulurent le tuer, 20-24. Saul s'échappa et vint à Jérusalem. Mais les fidèles se défiaient de lui, 25, 26. Barnabe le conduisit aux apôtres et leur raconta que Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé. Saul discuta avec les Hellénistes, lesquels voulaient aussi le tuer. Saul partit pour Tarse, 27-30.
Temps de paix, IX, 31-43. — Luc marque ici un temps d'arrêt et fait un résumé. L'Eglise était en paix
et s'accroissait sous l'action du Saint-Esprit, 31. Pierre, visitant les fidèles, guérit un paralytique à Lydda et ressuscita à Joppé une femme chrétienne, Tabitha. Plusieurs crurent au Seigneur, 32-43.
Conversion de Corneille et ses suites, X, 1-XI, 18. Le christianisme fait un pas nouveau par l'admission au nombre des chrétiens du centurion romain. Corneille. Celui-ci était un païen, XI, 1, 18; il n'était pas même prosélyte, puisque Pierre l'appelle un étranger, X, 28. Cependant il est dit de lui qu'il était suasêriç xal oo6oui;ievoi; tov (:)£ov,X, 2;... or, les prosélytes sont appelés ordinairement çoêoufjievoi tôv0eov. Ceci nous explique l'hésitation de Pierre à baptiser Corneille et Tétonnement des frères de Jérusalem en apprenant cet événenement; c'est Dieu qui a fait comprendre clairement que les païens devaient être reçus dans l'Église. Cela ressort du récit, lequel insiste plusieurs fois sur l'intervention de Dieu par le moyen d'un ange ou de son Esprit.
Corneille était agréable à Dieu par ses prières et par ses aumônes. Un ange de Dieu lui ordonna d'appeler Pierre qui était à Joppé, 1-6. Pendant que les messagers de Corneille étaient en chemin, Pierre en prière vit dans le ciel une grande toile contenant des quadrupèdes et des reptiles et entendit une voix qui lui ordonnait de s'en nourrir. Pierre refusa, disant qu'il n'avait jamais rien mangé d'impur. La voix lui repondit : Ce que Dieu a purifié, ne le déclare pas souillé. Cette scène se renouvela trois fois, 7-17. Pierre ne comprenait pas ce que signifiait celte vision, lorsqu'il
fut averti par l'Esprit que les messagers de Corneille le cherchaient ; il lui ordonna de les recevoir et de les suivre sans scrupule, 18-23a. Le lendemain , Pierre arriva à Césarée, où il trouva Corneille, environné de ses parents et de ses amis. 11 se justifia d'entrer en relation avec des étrangers ; Dieu lui a montré qu'il ne devait appeler aucun homme, souillé ou impur. Corneille lui raconta qu'il avait agi lui-même sur l'ordre de Dieu, et se déclara prêt à écouter ce que le Seigneur avait commandé à Pierre de lui dire, 23^-33. Pierre constata que Dieu ne fait pas acception de personnes, c'est-à-dire que tous les hommes sont appelés au salut, 34-36. 11 présenta un résumé de la vie de Jésus, oint de l'Esprit-Saint et faisant des miracles, parce que Dieu était avec lui. Dieu l'a ressuscité et il s'est manifesté à eux; il sera le juge des vivants et des morts. Les prophètes rendent ce témoignage que celui qui croit on lui aura par lui la rémission de ses péchés. L'Esprit-Saint descendit sur les assistants et ils parlaient en langues, glorifiant Dieu. Pierre ordonna qu'on les baptisât au nom do Jésus-Christ, 37-48.
Apprenant que des païens avaient reçu la parole do Dieu, les circoncis de Jérusalem roprochèrent à Pierre d'avoir mangé avec dos incirconcis. Celui-ci raconta comment tout s'était passé sous l'impulsion de Dieu et conclut que, puisque Dieu avait envoyé l'Esprit-Saint à ces païens, il no pouvait, lui, s'opposer à Dieu. Ces paroles apaisèrent les opposants, XI, 1-18.
Prédication de l'Evangile à Antioche, XI, 19-30. — Les fidèles, dispersés par la persécution, prêchèrent
lÉvangile en Phénicie, en Chypre et à Antioche, mais aux Juifs seulement, 19. Des chrétiens de Chypre et de Cyrène, conduits par la main de Dieu, prêchaient le Seigneur Jésus à des Grecs, et beaucoup crurent, 20. 21. Approuvant cela, l'Église de Jérusalem envoya Barnabas qui, constatant la grâce de Dieu, exhorta les convertis à persévérer, 22-24, Il alla ensuite chercher Saul à Tarse et, pendant une année, ils instruisirent une foule considérable. C'est à Antioche que les disciples reçurent le nom de chrétiens, 25, 26. Il y eut à cette époque une famine, prédite par le prophète Agabus; les fidèles d' Antioche envoyèrent Barnabas et Saul à Jérusalem porter des secours aux frères de Judée, 27-30.
Nouvelle persécution^ XII, 1-25. — Ilérode fit mettre à mort Jacques, frère de Jean, et jeter Pierre en prison, 1-5. Délivré par un ange, Pierre se rendit dans la maison de Marie, mère de Jean Marc, où les fidèles étaient en prières. Puis, il se retira dans un autre lieu, G-17. Ilérode fit exécuter les gardiens de Pierre; acclamé Dieu par le peuple, le roi fut frappé par un ange et mourut rongé par les vers, 18-23.
Nouveau résumé : Malgré la persécution la parole du Seigneur se répandait de plus en plus. Barnabas et Saul retournèrent à Antioche, 24, 25.
III' PAIITIE. - EXTESSIOS DU CHRISTIANISME DANS LE MONDE l'AIEN, XIH, 1-XXVIIl, ;iO.
Mission de Paul et de Barnabas dans l'île de Chiiprc, XIII, 1-12. — Le christianisme, maintenant
dégagé du judaïsme, va être propagé à travers l'empire romaia par les voyages missionnaires de Paul. Par l'organe des prophètes et des pasteurs de réglise d'Antioche, Barnabas et Paul furent appelés à l'évangélisation. Envoyés par le Saint-Esprit et ayant reçu l'imposition des mains, ils prêchèrent l'Evangile dans l'île de Chypre, 1-7. Malgré l'opposition du magicien l^ymas, le proconsul Sergius Paulus, frappé de la doctrine du Seigneur, devint croyant, 8-12.
Mission de Paul et de Barnabas dans la Galatie méridionale, XIU, 13-XIV, 27. A Antioche de Pisidie, XIII, 13-52. — Paul et Barnabas, s'étant embarqués à Paphos, abordèrent à Perge, en Pamphylie, puis, traversant les montagnes, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie, et se rendirent à la synagogue. Ils furent invités à prendre la parole, 13-15. Paul, s'adressant aux Juifs et aux prosélytes, résuma l'histoire d'Israël jusqu'à David pour montrer comment Dieu avait préparé la venue de son royaume. C'est de la race de David que Dieu a suscité un sauveur à Israël, lG-25. A eux s'adresse la parole de salut, car les habitants de Jérusalem ont mis à mort Jésus, mais Dieu l'a ressuscité. Paul établit que David a prophétisé la résurrection de Jésus. C'est par lui que la rémission des péchés leur est annoncée; ceux qui croient en lui sont justifiés de toutes les choses, dont ils n'ont pu être justifiés par la loi de Moïse, 26-41. Beaucoup de Juifs et de prosélytes s'attachèrent à Paul, et, le samedi suivant, presque toute la ville vint entendre la parole du Seigneur, 42-44. Les Juifs contredisaient
r.i HISTOIRE DES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT.
les apôtres. Paul leur déclara que la parole de Dieu devait d'abord leur être prêcliée, mais que, puisqu'ils la repoussaient, ils s'adressaient aux païens, car Dieu a établi son Fils pour être le salut de toutes les nations, 45-48. Les païens glorifièrent la parole du Seigneur, et ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants ; la parole du Seigneur se répandit dans tout le pays, 49. Les Juifs firent chasser Paul et Barnabas qui se rendirent à Iconium, laissant les disciples pleins du Saint-Esprit, 00-52.
Paul et Barnabas à Iconium^ à Lystres et à Derbe; retour à Antioche^ XIV, 1-28. — A Iconium, un grand nombre de Juifs et de Grecs crurent; les Juifs soulevèrent les païens contre les apôtres, mais ceux-ci continuèrent à annoncer la parole de grâce, que Dieu confirma par des miracles, 1-7. Chassés par Témeute, les apôtres allèrent évangéliser Lystres et Derbe. A Lystres, Paul guérit un impotent, qui avait la foi pour être sauvé, 8-10. La foule crut que les dieux étaient descendus vers eux, et leur prépara un sacrifice. Les apôtres protestèrent qu'ils n'étaient que des hommes, venus pour leur prêcher le Dieu vivant, qui a tout créé, et qui se fait connaître à eux par ses bienfaits, 11-18. La prédication de Paul ne toucha en rien aux questions proprement chrétiennes. De nouveau les Juifs excitèrent la populace contre Paul, qui fut lapidé et laissé pour mort, 18, 19. Les apôtres se rendirent à Derbe où ils gagnèrent beaucoup de disciples. Ils rctournôrfiit à Lystres, à Iconium et à Antioche, aflVrmissant partout les fidèles et les exhortant à persévérer
LES ACTES DES APOTllES. 55
au milieu des afïlîctions. Ils établirent des presbytres dans chaque oglise. Ils revinrent à Anlioche et racontèrent à la communauté assemblée comment Dieu avait ouvert aux païens la porte de la foi, 20-28.
Conférence de Jérnsalemy XV, 1-35. — Le concile de Jérusalem a résolu, au point de vue pratique, la question vitale qui se posait depuis les premiers jours du christianisme : Les païens peuvent-ils être admis dans l'Eglise et à quelle condition? Les judaïsants concédaient que les païens furent reçus, mais ils devaient l'tre circoncis. Paul et Barnabas s'opposèrent à cette •xigence. La question fut portée devant les apôtres l't les presbytres de Jérusalem, 1-3. Paul et Barnabas exposèrent les résultats de leur mission. Des fidèles du parti des Pharisiens soutinrent qu'il fallait ordonner aux païens convertis d'observer la loi de Moïse. Dans une réunion des apôtres et des presbytres, Pierre fit observer que Dieu lui-même par son entremise avait ordonné l'admission des païens dans l'Eglise; en leur envoyant le Saint-Esprit, il a purifié leurs cœurs par la foi. Pourquoi leur imposer la loi, puisque c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous et eux nous sommes sauvés? 4-11. Barnabas et Paul confirmèrent ces paroles en racontant les miracles que Dieu avait faits parmi les païens, 12. Jacques établit par l'Ancien Testament que tous les hommes étaient appelés au salut sans condition. 11 faut donc admettre les païens dans l'Eglise en leur ordonnant de s'abstenir des viandes offertes aux idoles, de la fornication, de ce qui est étouffé et du sang. Car, ajouta
Jacques, Moïse a, dans chaque ville, des hommes qui le prêchent, puisqu'on le lit dans les synagogues chaque jour du sabbat, 13-21. Les apôtres, les presbytres et toute l'assemblée adoptèrent cette conclusion, qui fut rédigée sous forme de lettre et envoyée aux frères d'Antioche, de Syrie et de Cilicie, par des délégués spéciaux, 22-30. A Antioche la lettre fut lue dans rassemblée des fidèles et tous lacceptèrent, 31-34.
Second voyage missionnaire de Paul, XV, 35- XVIII, 22. Z)e/7arfi/'^/zi/06Ae, XV, 35-41.— Paul partit d'Antioche avec Silas pour aller visiter les frères évangélisés dans son premier voyage. Il se sépara de Barnabas, qui voulait emmener Jean Marc, 35-40. Paul, accompagné do Silas, parcourut la Syrie et la Cilicie. Partout ils transmirent aux frères les ordonnances de Jérusalem, 41.
Voyage en Asie Mineure, XVI, 1-10. — A Lystres, Paul prit avec lui Timothée. après l'avoir circoncis à cause des Juifs. Partout ils recommandaient d'observer les ordonnances de Jérusalem. Les communautés s'affermissaient dans la foi et augmentaient en nombre, 1-5. Empêchés par le Saint-Ksprit de prêcher dans l'Asie, il voulurent entrer en Bithynie, ce que ne leur permit pas l'Esprit de Jésus. Ils arrivèrent à Troas où, dans une vision, le Seigneuries appela à évangéliser la Macédoine, C-10.
P<iul en Macédoine, XVI, 11-40. — Paul arriva à Philippes, où il parla aux femmes assemblées au lieu do la prière. Lydie, à qui le Seigneur ouvrit le cœur.
fut baptisée. Sur son invitation, les apôtres allèrent loger chez elle, 11-15. Une servante avait un esprit de Python; Paul le chassa. Les maîtres de celle-ci traînèrent les apôtres devant les magistrats, 16-19. Devant la foule assemblée, ceux-ci les firent battre de verges et jeter en prison. Survint pendant la nuit un tremblement de terre, qui brisa les chaînes des prisonniers, 20-20. Le geôlier effrayé, mais rassuré par Paul, demanda ce qu'il devait faire pour être sauvé. « Crois au Seigneur, lui dit Paul, et tu seras sauvé », Le geôlier et toute sa famille furent baptisés. Les apôtres furent remis en liberté après avoir reçu les excuses des magistrats, 27-40.
Paul à Thessalonique et à Bêrée, XVII, 1-14. — Paul prouva par les Ecritures aux Juifs de Thessalonique que le Christ devait souffrir et ressusciter et que Jésus était le Christ. Quelques Juifs et beaucoup de Grecs crurent. Les Juifs accusèrent les apôtres d'enfreindre les ordonnances de César, 1-9. Paul et Silas se rendirent à Bérée, où beaucoup de Juifs et de Grecs et des femmes de distinction crurent en Jésus, 10-14.
Paul à Atkè/u's, XVIII, 15-34. — A Athènes, Paul discuta avec les Juifs et les prosélytes. Des philosophes épicuriens et stoïciens l'emmenèrent sur l'Aréopage, en lui demandant d'exposer sa doctrine, 15-20. Les Athéniens, dit Paul, sont des hommes très religieux; ils dressent même des autels au Dieu inconnu. C'est ce Dieu qu'il leur annonce. 11 n'y a qu'un seul Dieu, créateur, mais qui ne peut être servi matériellement. Tous les hommes sont issus d'un même sang
et, malgré leurs diversités, doivent s'efforcer de trouver Dieu, ce qui ne leur est pas impossible, car c'est en Dieu que nous sommes. Il y a donc en nous du divin. Dieu fait inviter aujourd'hui tous les hommes à se repentir, car il les jugera par un homme, qu'il a accrédité en le ressuscitant des morts. Quelques auditeurs se moquèrent de Paul, d'autres renvoyèrent à plus tard de l'écouter ; quelques-uns devinrent croyants . 21-34.
Paul à Corinthe, XVIII, l-18a. — A Corinthe, Paul gagna des Juifs et des Grecs; il proclama que Jésus était le Christ. Devant l'opposition des Juifs il se retira et s'adressa aux païens. Le chef de la synagogue et beaucoup de Corinthiens crurent et se firent baptiser. Le Seigneur ordonna à Paul de rester à Corinthe, car il y possédait un grand peuple, 1-11. Les Juifs furieux traînèrent Paul devant le tribunal du proconsul Gallion lequel refusa de prononcer un jugement dans une affaire religieuse, 12-18^.
Paul à EphèsCfà Antioche ; Troisième voyage missionnaire, XVIII. 184-XXI, 10. Paul à Ephèsc XVIII, 18Ô-XIX, 40. — Après dix-huit mois de séjour à Corinthe, Paul partit de Ccnchrées après s'être fait couper les cheveux, afin d'accomplir un vœu. Il débarqua à Ephèse, alla de là à Césarée. à Jérusalem, puis à Antioche. Il traversa ensuite la Phrygio ot la Galatie, fortifiant ses disciples et arriva à Éphèse, 18Ô-23. A l'^phèse, un Juif alexandrin, nommé Apollos, homme éloquent et puissant dans les Écritures, enseignait Jésus, mais il ne connaissait que le baptême de Jean.
Après avoir reçu le baptême chrétien, il se rendit à Corinthe, où il démontra aux Juifs que Jésus était le Christ, 24-28. A son arrivée à Ephèse, Paul trouva douze disciples qui n'avaient pas encore reçu le Saint- Flsprit et avaient été baptisés du baptême de Jean ; il leur fit comprendre que Jean avait préparé Jésus. l'H qui on devait croire. Ils furent baptisés et par l'imposition des mains de Paul, ils reçurent l'Esprit-Saint l't parlèrent en langues. XIX. 1-7. Paul prêcha à la synagogue sur le royaume de Dieu; puis, devant l'obstination des Juifs, il alla enseigner dans l'école de Tyrannos. Juifs et Grecs entendirent la parole du Seigneur pendant deux ans, 8-1:2. Des miracles extraordinaires s'opérèrent parle ministère de Paul. Des • xorcistes juifs essayèrent de chasser aussi les esprits mauvais par le nom de Jésus; ils furent maltraités par un possédé. Les fidèles avouèrent leurs pratiques ma- ^•iques, et apportèrent leurs livres, qui furent brûlés publiquement, 13-26. Ainsi la parole du Seigneur se répandait avec force et manifestait sa puissance, 21, 22. Un orfèvre, Démétrius. souleva ses ouvriers contre Paul qui, par son enseignement, ruinait leur industrie de fabricants de petits temples de Diane. L'assemblée fut très tumultueuse. Le secrétaire de la ville l'apaisa par quelques paroles conciliantes, pleines de l)on sens, et en leur faisant craindre, si cette agitation continuait, d'être accusés do sédition, 23-40.
Troisième voyage missionnaire, XX, 1-XXl, 16. — Paul se rendit en Macédoine et en Grèce où il séjourna trois mois; puis, par crainte des Juifs, il revint à Je-
rusalem par terre, l-4.ATroas, réunion des fidèles pour le repas commun dans une salle haute. Pendant le long discours de Paul, Eutychus tomba d'une fenêtre et se tua; Paul le ressuscita. Le pain fut rompu, 5-12. Paul avait appelé à Milet les presbytres de Téglise d'Éphèse. Dans un discours pathétique, il leur rappela tout ce qu'il avait fait pour remplir la mission que Dieu lui avait confiée ; il leur annonça qu'ils ne le verraient plus. Adieux émouvants, 13-38. A Tyr, les disciples disaient à Paul, par la suggestion de l'Esprit, de ne pas monter à Jérusalem. Mêmes supplications à Césarée, où un prophète, Agabus. prédit à Paul qu'il serait lié et livré aux païens. Paul déclara qu'il était prêt à mourir pour le nom du Seigneur Jésus. Accompagné de quelques frères, il arriva à Jérusalem, XXI, 1-16.
Paul à Jérusalem et à Césarée^ XXI, 17-XXVI, 32. Paul à Jérusalem. Son arrestation, XXI, 17-36. — A Jérusalem, Paul se rendit avec ses compagnons chez Jacques, où se réunirent les presbytres ; il raconta ce qu'il avait fait chez les païens, 17-19. Jacques et les presbytres glorifièrent Dieu, puis lui dirent qu'il était en suspicion auprès des Juifs convertis ; ils l'engagèrent donc à faire acte d'obéissance à la loi, en se joignant à des hommes qui avaient fait un vœu. 11 se justifierait ainsi des accusations qu'on avait portées contre lui. Ils lui rappelèrent ensuite le décret porté au concile de Jérusalem, 20-25. Paul y consentit et accomplit les purifications du naziréat. Des Juifs d'Asie, qui le trouvèrent dans le temple, ameutèrent le peuple contre
lui ; on le maltraita, mais la garde romaine intervint, et Paul fut arrêté, 21-36.
Discours au peuple de Jérusalem, XXI, 37-XXlI, 29. — Avec la permission du chiliaiquo, Paul parla au peuple de Jérusalem, 37-40. Il dit sa naissance à Tarse, son éducation à Jérusalem, son zèle pour la loi et la persécution dont il avait poursuivi les chrétiens, XXII, 1-5. Il raconta ensuite comment il fut converti sur le chemin de Damas, et comment il fut appelé à être le témoin du Juste devant les nations, 0-16. Au temple de Jérusalem il a vu le Seigneur, qui lui a ordonné de sortir de Jérusalem, et l'a envoyé chez les païens, 17-20. A ces mots, le peuple entra en fureur et voulut tuer Paul. Le chiliarque ordonna de conduire Paul dans la forteresse et de le battre de verges, 21-25. Paul se réclama de son titre de citoyen romain, 26-29.
Paul devant le Sanhédrin, XXII, 30-XXIII, 10. — Le lendemain, le chiliarque fit paraître Paul devant le Sanhédrin, 30. Paul déclara que c'était en toute bonne conscience qu'il s'était conduit, XXllI, 1. Le grandprêtre ordonna de le souffleter. Paul lui reprocha de violer la loi à son égard. A ceux qui lui reprochaient d'injurier le grand-prêtre, il répondit qu'il ne savait pas qu'il fût grand-prêtre, 2-5. 11 professa ensuite sa croyance à la résurrection des morts, 6. Dissension dans le conseil; les pharisiens déclaraient qu'ils ne voyaient rien de mal en cet homme, 7-9. Violent tumulte; le chiliarque ordonna de ramener Paul à la forteresse, 10.
PaulàCésarée et devant Félix,XX\U, 11-XXIV,27.
— La nuit suivante, un ange du Seigneur réconforta Paul et lui annonça qu'il devait rendre témoignage à Rome, 11. Malgré la conjuration de quarante Juifs, qui avaient juré de tuer Paul, celui-ci, conduit sous bonne garde à Césarée, arriva sain et sauf auprès du gouverneur Félix, qui avait été instruit de tout ce qui s'était passé par une lettre du chiliarque, 11-35. Cinq jours après, Paul fut accusé devant Félix par legrandprêtre et quelques anciens d'avoir excité des séditions chez tous les Juifs, d'être le chef des Nazaréens et d'avoir tenté de profaner le temple, XXIV, 1-9. Paul nia tous les faits allégués et déclara qu'il servait le Dieu de ses pères selon la voie, qu'ils appellent une secte, et qu'il croyait à la résurrection des morts, croyance pour laquelle ceux-ci le poursuivaient, 10-21. Félix renvoya à plus tard le jugement de Paul, le laissa en prison, mais lui permit de communiquer avec les siens, 22, 23. Il entendit Paul lui parler du Christ, de la tempérance et du jugement à venir. Effrayé, il le renvoya. Il s'entretenait fréquemment avec lui, 24-2G. Deux ans après, il eut pour successeur Porcins Festus,
Paul devant Festus et Agrippa^^W , 1-XXVI, 32. —
Les Juifs accusèrent Paul à Césarée devant Festus, qui
avait refusé de faire conduire l'apôtre à Jérusalem, l-G.
Paul déclara qu'il n'avait rien faitde mal, ni contre la
loi des Juifs, ni contrôle temple, ni contre l'empereur.
11 refusa d'être livré aux Juifs et en appela à César.
Festus déclara que Paul irait devant César, 7-12.
Agrippa et Bérénice étant venus à Césarée, Festus
fit paraître Paul devant eux pour savoir ce qu'il devait penser de l'accusation portée contre lui, 13-27. Paul se félicita d'avoir à se défendre devant un homme instruit des coutumes et des questions juives, XXVI, 1-3. Il rappela sa jeunesse et sa vie de pharisien rigide, 4,5. Il est en prison parce qu'il croit accomplies dans la personne de Jésus ressuscité les promesses que Dieu a faites à leurs pères, G, 7. Il n'est pas incroyable que Dieu ressuscite les morts. Or, il a vu Jésus qui lui a parlé, lui a ordonné d'être son témoin et l'a envoyé vers les Juifs et les païens pour qu'ils viennent à la lumière et qu'ils reçoivent par la foi en lui le pardon des péchés et une part d'héritage parmi les sanctifiés, 8-18. Il annonce donc à tous ce que Moïse et les prophètes ont prédit, que le Christ devait souffrir, qu'étant le premier de la résurrection des morts, il doit annoncer la himière au peuple et aux païens, 19-23. Festus interrompit Paul ; celui-ci appela en témoignage Agrippa sur l'existence des prophéties dont il venait de parler, 24-27. Le roi se déroba. On conclut que Paul n'avait rien fait, qui fût digne de mort ni de la prison. Il eût pu ôtremis en liberté, s'il n'en avait appelé à César, 28-38. Voyagede Césarée à RomCy XXVII, 1-XXVIII, 16 a. — Paul fut envoyé à Rome. Il élait accompagné de Luc et du Macédonien Aristarque, 1-3. Ils touchèrent à Sidon ; passant sous l'île de Chypre, ils traversèrent la mer de Cilicie et abordèrent à Myra, 4-6. Puis, ils parvinrent vis-à-vis de Cnide, et abordèrent sur la côte sud de l'île de Crète, 7-13. Une violente tempête les assaillit dans la mer .Vdria, 14-20 ; Paul encou-
ragea les matelots et les passagers, 21-38. Ils abordèrent à Malte, 39-XXVIlI, 1, où ils furent accueillis avec bonté par les habitants. Paul guérit le père de Publius et d'autres malades, 2-11. Paul et ses compagnons touchèrent ensuite à Syracuse, à Reggio et abordèrent à Pouzzoles. Ils allèrent à Rome, où ils furent bien accueillis parles frères accourus au-devant d'eux, 12-16 a.
Paul à Rome, XXVIII, 160-31. Paul fut autorisé à demeurer chez lui, 16é. Il appela les principaux des Juifs et leur expliqua qu'il était prisonnier à cause de l'espérance d'Israël, 17-20. Les Juifs ne savaient rien de ce qui s'était passé en Judée et demandèrent à Paul d'expliquer son enseignement, 21, 22. L'apôtre leur exposa le royaume de Dieu et leur persuada par Moïse elles prophètes ce qui regardait Jésus, 23. Quelquesuns crurent; d'autres restèrent incrédules, 24. Paul leur appliqua les paroles d'Isaïe sur l'endurcissement d'Israël : Qu'ils sachent que le salut de Dieu a été envoyé aux pa'iens qui le recevront, 25-28. Paul resta à Rome deux ans, prêchant le royaume de Dieu et ce qui concernait le Seigneur Jésus-Christ en toute liberté, 30, 31.
;' 5. — Sources des Actes des Apôtres.
Saint Luc n'a pas été témoin de tous les événements ([u'il a racontés dans le livre des Actes; il a donc em- I)runté son récit à des sources. Ces sources étaientelles orales ou écrites?
Et d'abord, il ne semble pas que, si nous en exceptons les discours, Luc ait eu besoin de sources écrites pour être instruit des faits qu'il a rapportés. Il a été en rapport avec plusieurs personnages qui avaient été témoins oculaires des événements, ou même y avaient joué un rôle; lui-même a vu plusieurs des faits dont il parle. La plupart des récils, même dans les douze premiers chapitres, sont racontés d'une façon tellement vivante et précise, avec des détails si circonstanciés, que l'on doit croire qu'ils proviennent de gens qui ont vécu ces événements. Luc a pu être en rapport avec ces hommes et les apprendre de leur bouche. A Antioche, il a connu Barnabas, Manaen, Saul; à Césarée, Philippe, l'évangéliste ; à Rome, pendant la captivité de Paul, il a vécu avec Jean Marc, qui a pu le renseigner sur tout ce qui s'était passé pondant les premiers jours de l'Eglise à Jérusalem. Dans cette ville, durant les deux ans que Paul fut en prison à Césarée, il a connu Jacques et ces anciens, dont il parle souvent dans les Actes, et parmi eux Mnason, chez qui il logeait, et qu'il appelle àp^aïo; }*«- Otitt^ç, XXI, IG.
Pour tout ce qui concerne Paul, sa conversion, ses voyages de mission, Luc a été pour une partie témoin participant; pour le reste, il était à la source même des renseignements, puisqu'il a vécu longtemps avec l'apôtre et ses compagnons de voyage. 11 est impossible de croire que, voulant écrire l'histoire des missions de Paul, il n'ait pas interrogé celui-ci, et qu'il n'en ait pas obtenu les renseignements les plus précis
Le fait constaté que le style des douze premiers chapitres est beaucoup plus hébraïque que celui des dixhuit derniers ne nécessite pas l'existence d'une source araméenne écrite, car on peut croire que Luc a gardé ici les tournures et les expressions hébraïques de ses interlocuteurs, qu'il a même essayé de reproduire les récits, tels qu'il les avait entendus. On peut supposer môme que ces récits avaient déjà reçu une certaine forme stéréotypée. Pourquoi d'ailleurs Luc, écrivant après avoir été longtemps en contact avec les Juifs, ayant une familiarité de plus en plus grande avec la Bible, n'aurait-il pas pu dans ces chapitres imiter le récit de ses référents? Il est donc possible que Luc ait reproduit les récits tels qu'il les avait entendus de témoins des événements. Nous verrons plus tard que, pour les discours, il a dû utiliser des reproductions écrites. Un grand nombre de critiques n'ont pas adopté cette solution et ont cherché à déterminer les documents dont Luc s'était servi pour la composition de son livre. Voilà plus de cent ans qu'on a posé le problème.
En 1798, KiJnigsmann* s'en occupa le premier; après lui poursuivirent les recherches J. C. Riehm-, Schleiermacher ^, GfrÔrer^, Bleok^ et principalement
1. Prnhisio de fontibus com. sacr. qui Lucae nomcn praeferunt, Aliéna, 1798.
î. De fontibus AcUdtm apost., Traj. ad niioniini, 18-21. 3. Einleituny ins N. T., Itcrlin, 18VJ. ♦. Gesch. des Urchristcnthums, 11, Slultgarl, ixas. îi. Einl. in daa N. T., Berlin, i8(iâ.
Schwanbeck ' , Jacobsen^, Ewald^, Rovers^ C'est à dater de 1898 que la question a été surtout à l'ordre du jour; en quelques années une di.-îaine de systèmes ont été proposés. Actuellement, on ne s'en occupe presque plus.
Avant de passer rapidement en revue ces divers systèmes, relevons quelques-unes des divergences prétendues, sur lescjuelles on s'appuie pour postuler des sources différentes. Aux ^1, 4, du chapitre II, il est question de toute la communauté chrétienne, c'està-dire de cent vingt individus; f 7, il est dit que ceux-ci étaient des Galiléens, ce qui la restreint aux douze apôtres et à quelques disciples; y 5. les Juifs, accourus au bruit, lors de la descente du Saint-Esprit, sont, bien que nés dans divers pays, des habitants de Jérusalem, xatououvTs; et; 'lepouffaXviu ; puis, f 9, ils soHt xatoixoîivTE; tV MesowoTajjLiav et f 10, ÈTciOTqao-JvTî; 'PojaaToi. Le phénomène de la glossolalie, tel qu'il est présenté, II, 4, 11, est différent de celui dont il est parlé, X, 46; XIX, 6. Sur la vente des propriétés des fidèles et sur la communauté des biens, nous avons des données divergentes : II, 44, 45 et IV, .*i4, tous ceux qui avaient des champs ou des maisons les vendaient et en déposaient le prix aux pieds des apôtres ; tous avaient tout en commun. D'apfès V, 4, les fidèles étaient libres de vendre ou non leurs propriétés et, IV, 36, on cite
1. Ueber die Quellen der Schrif'ten des Lukas, Darmstadt, 1847.