‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 19 sur 82 · Einleitunu in das N. T., p. 418, Freiburg, i«3 C · texte numérisé non relu

Einleitunu in das N. T., p. 418, Freiburg, i«3 C

les vies parallèles, d'Arrian et de Pausanias, auteurs eux aussi de voyages; enfin des Actes apocryphes, TteptoSot, des apôtres. 5, On est dans l'atmosphère de l'église catholique, ainsi qu'il appert du parallèle entre Pierre et Paul. Des traces d'une vue hiérarchique de l'Église et d'une théorie sacramentelle de l'imposition des mains s'y remarquent. 6, Le christianisme, persécuté par les Juifs, est en faveur auprès des autorités romaines. Paul a pu prêcher le royaume de Dieu sans en être empêché, XXVIII, 31.

Aucun de ces arguments trop subjectifs n'est décisif, et même ne mérite discussion, sauf les deux premiers. Mais ils ne peuvent être recevables, car nous démontrerons que saint Luc n'a probablement pas connu les épîtres pauliniennes, et qu'il était cependant en accord avec elles. Nous prouverons aussi qu'il ne s'est pas servi des œuvres de Josèphe.

S 7. — Histoire littéraire des Actes des Apôtres.

Nous ne trouvons qu'à la fin du ii*^ siècle la mention formelle des Actes des Apôtres, comme livre canonique, écrit par Luc , mais nous pouvons relever la trace qu'ils ont laissée dans les premiers écrits chrétiens. Cette trace, pour être très légère, n'en existe pas moins, quoi qu'aient pu en dire quelques critiques.

Clément Romain, II, 1, semble avoir connu la parole du Seigneur que rappelle Paul auxprcsbytres d'I^phèse, XX, 35 : Maxotpiov ^ffTiv [jiSXXov oiSôvai ^ XafjiÇdveiv, mais il la présente sous une forme telle, qu'on peut croire

qu'il rapporte simplement une idée reçue, et ne l'attribue pas à Jésus : vi'Siov oiôÔvte; 7\ XafxêavovTeç. Clément, XVIIl, 1, combine, comme les Actes, XIII, 22, deux textes : Ps. LXXXVIII, 21; Sam. XIII, 14, en insérant comme les Actes, tov tou 'ledcaî et àvSpa qui ne sont pas dans le psaume, ni dans Samuel, mais il ne conclut pas comme les Actes, ce qui peut faire croire qu'il cite une collection de passages messianiques, indépendants des Actes. Cf. aussi Cl. LIX, 2 = Act. XXVI, 18.

Barnabe, VII, 2, en affirmant que le Fils de Dieu doit juger les vivants et les morts, s'est peut-être souvenu des paroles de saint Pierre, X, 42. Il est vrai que cette expression est très usitée en ce temps-là, II Tim. IV, 1 ; I Pn. IV, 5. Le précepte de n'avoir rien en propre et de mettre tout en commun avec son frère, qu'on lit dans l'épître de Barnabe, XIX, 8, et dans la Doctrine des douze apôtres, IV, 8, rappelle la communauté des biens dont il est parlé dans les Actes, II, 44; IV, 32; XIII, 13,

Lorsque Ignace d'Antioche, ad Magn. V, 1, dit que chacun doit aller et; tov ÎSiov tôttov, il cite peut-être une formule des Actes, I, 25. Il emploie presque les mômes expressions que les Actes, X, 41, pour affirmer que Jésus, après sa résurrection, mangea et but avec ses apôtres. Ne se souviont-il pas des Actes, XX, 29, quand il parle aux Philadelphiens, II, des loups qui captivent par des plaisirs mauvais ceux qui courent vers Dieu ?

11 y a ressemblance d'idées et même d'expressions entre Poly carpe, ad Phil. I, 2, Sv •i^yeipey ô ©eoç Xûaa; t»; o'jSlva; Toti éfôou, et le passage des Actes, II, 24, 8v 6 0îoç

av£(TTr,(T£v Xuffaç tài; worvaçTOu ôavdcTou, OU tou 5oou, d'après le codex D, la Vulgate, la Peschito, et. comme cette expression : Xuffoç Tttç woïvaç, provient d'une mauvaise traduction du terme hébreu, il est à croire que saint Polycarpc a connu les Actes, à moins que tous deux ne dépendent d'un écrit antérieur, contenant déjà cette traduction. Cf. encore Pol. II, 1 = Act. X, 42; Pol. II, 3 = Act. XX, 25 ; Pol. VI, 3 = Act. VII, 52 ; Pol. XII, 2 := Act. XXVI, 18, où saint Polycarpe paraît s'être souvenu d'expressions employées par les Actes.

Il est possible que le Pasteur d'Hermas ait connu les Actes, ainsi qu'il ressort de la comparaison des textes ci-dessous :

Ktsions, IV, 11,4 : èuî xôv Osàv

£iï£pti]/a;... Ttpo; xôv Kypiov md-reC- (7a; ôxi St' oCiÔEvô; ô-Jvir, ôwôïjvat

ôvdiJLaTo;

Act. IV, 12 : oùSs yàp ôvoiax ^ffxtv ETEpov ÛTto Tov oOpavov ta SsSofiÉvov èv àvOpwTTOi; àv ^ Seï «TwOrjva'. f|5J.à;.

Les idées et quelques expressions sont identiques, mais le contexte est différent, et Hermas a pu trouver ces pensées dans l'Ancien Testament, Jsaie^ XXIV, 19 ; XLIII, 11; Ps. LUI, 3; XI, 2; XIX, 2, etc. Comme les Actes, I, 24, Hermas, Mand. IV, 4, appelle le Seigneur : Kûptoç xapSioYvwaTTjÇ. Cf. encore Sim. IX, 28 = Act. V, 41.

Le précepte de Notre-Seigneur, Mr. VII, 12 : -rcavTa ouv Soa iàv 6i'Xy)TE iva Troiiôffiv ôfjiîv oi avôpwitoi oCtw; x«i ufxeT; TroieîTe a'noT;, est cité sous la forme négative dans la Didachè, 1,2: irâvra os Eaix làv OÊXi^ay)!; (A'^ y''^*<^^*' '°'> ''a^ où àtXXo) (x/) Ttoi'et, et se retrouve dans une forme presque

identique dans Act. XV, 20, 29, /.nX Saa. (jl-J) ôéXeTe lauToî; YivsffOai, îxépoi fiLY] Tcoieîv, dans le codex D, quelques minuscules, les versions sahidique, syriaque harkléenne, Irénée (latin), Cyprien. La Didachè s'est très probablement servie des Actes. 11 est difficile de méconnaître le rapport d'idées et de termes qui existent entre Act. IV, 32 et Did. IV, 8.

XiivTwv aÙTÛ IXey^v ÏSiov eTvai,

Did. : ffv»Y)CO'.vwviQ(Tït; Se rivrot T(^ àSik^t^ ao\J xal o'jx épeî; îô:a

à).),' f,v aCiTOÎç nâvTa xoivà. ' ttvai.

De plus, la Didachè, IX, 2 ; X, 2, donne à Jésus- Christ le même titre : iraîç ©eoù, que lui avait donné saint Pierre dans son discours aux Juifs, et les fidèles dans leurs prières d'actions de grâces, Act. III, l.'i, 26; IV, 27, 30, et, coïncidence remarquable, dans cette même prière d'actions de grâces, David est aussi appelé Traï<; 0eot», IV, 25, comme dans le même passage de la Didachè, où Jésus est appelé naïç 0eoû, et David est qualifié aussi de Traî; ©eoû, IX, 2.

Les rapprochements que l'on peut établir entre la première Apologie de Justin, 8, 50, et Act. XIII, 37; le Dialogue avec Tryphon, XX, et Act. X, 14; ib. 36 et Act. XXVI, 22; ib. 68 et Act. 11, 30; ib. 118 et Act. X, 42; l'épître à Diognète, III, 4 et Act. XVII, 24, sont peu concluants.

Reconnaissons donc que les Actes ont été assez peu utilisés par les écrivains chrétiens que nous possédons ; ils étaient cependant connus dès le commencement du 11^ siècle, puisque ïertullien incrimine Mar-

cion pour les avoir rejetés, « respuerit ^ » ; on voit bien, dit-il, pourquoi il avait agi ainsi. On peut démontrer qu'ils étaient rejetés aussi par les Ebionites^, les Sévériens •*, les Manichéens ^, ce qui démontre leur existence au temps de ces hérétiques. En tout cas, ils étaient bien connus dès la fin du ii'^ siècle, car ils sont abondamment cités par saint Irénée et Tertullien. Polycrate dEphèse '' cite , en l'attribuant à de plus grands que lui, la parole de Pierre : Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes, V, 29. Ils étaient reconnus par les Valentiniens et d'autres gnostiques ^. On en trouve des traces nombreuses dans les Actes apocryphes de Pierre, de Paul et de Thècle, dans les Homélies et les Récognitions clémentines.

Enfin, ils se trouvent dans les plus anciennes versions, Latine, syriaque, égyptienne.

g 8. — Enseignements doctrinaux 7.

Il serait possible d'extraire du livre des Actes un résumé de la doctrine chrétienne, car on y retrouve tous les articles du Symbole des Apôtres : la croyance à Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la

i. Adv. Marcion. y, «.

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