‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 3 sur 82 · Quaest. ad Amphil · texte numérisé non relu

Quaest. ad Amphil

tradition est corroboré par les faits suivants. 1, Nous avons dans les Actes un journal de voyage écrit par un compagnon de Paul. Or, 2, ce compagnon de route était Luc. Mais, 3, l'auteur de ce journal est celui qui a écrit le livre des Actes tout entier. 4, L'auteur des Actes est celui qui a écrit le troisième évangile, lequel est Luc, d'après la tradition. Donc, l'auteur des Actes est Luc. Nous avons à développer et à prouver ces divers points. 1. Au ch. XVI des Actes, la narration change de forme. Tandis qu'elle est encore impersonnelle dans les f 1-9 : « Ils traversèrent la Phrygie... ils descendirent à Troas », subitement, sans transition, elle devient personnelle, y 10 : « Nous cherchâmes aussitôt à passer en Macédoine », et elle Test jusqu'au f 17, où est raconté l'emprisonnement de Paul et de Silas à Pliilippes. La suite des voyages de Paul à Thessalonique, à Athènes, à Corinthe, à Jérusalem, à Antioche, à Éphèse, à Corintlie, est racontée à la troisième personne jusqu'au départ de Paul de la ville de Pliilippes, lors de son troisième voyage, XX, 4. Le récit personnel recommence au ^ 5 et continue ensuite jusqu'à la fin du livre, XX, 5-15; XXI, 1-18; XXVII, 1-XXVIII, 16, avec des intermittences qui ne prouvent pas que les parties intermédiaires ne font pas, elles aussi, partie du journal de voyage , car les faits y sont racontés avec la môme minutie de détails, que dans les récits personnels. Les interruptions ont lieu quand l'auteur raconte des faits personnels à l'apùtre, auxquels il n'a dû prendre aucune part : l'entrevue de Paul avec les presbytres d' Ephèse, XX, 17-38, avec Jacques et les

presbytres de Jérusalem, rarrestation de l'apôtre et sa captivité à Césarée, XXI, 19-XXVI, 32. Nous n'avons pas à tenir compte de l'introduction du pronom personnel au cli. XI, 27, leçon du seul codex de Bèze. Or, il ressort de tous les détails du récit que l'écrivain de ce journal a pris part au voyage. Il connaît très bien la route que l'on a suivie, les villes où l'on a passé : XVI, 11, 12; XX, 5, 6, 13, 15 ; XXI, 1-3, 7 ; XXVII 2; XXVIII, 11-15. Il raconte les plus petits incidents du voyage: XVI, il, 12; XX, 6, 7, 11, 15; XXI, 1, 4, 5, 7, 8; XXVII, 2; il rapporte les circonstances les plus insignifiantes : XVI, 12 ; XX, 13 ; etc. ; bref, il se montre en toutes circonstances témoin oculaire des faits racontés. Il est absurde de supposer, comme on l'a fait, que l'auteur du livre a, de temps en temps, parlé à la première personne pour donner plus de vie à son récit ou pour faire croire qu'il avait été témoin des faits.

2. Ce compagnon de route de l'apôtre était Luc. Nous connaissons quatre compagnons de Paul : Timothée, Titus, Silas et Luc, qui auraient pu écrire ce journal. Or, le premier est exclu par le récit même des Actes. Au ch. XX, 4, il est dit que plusieurs frères, ot parmi eux Timotbée, accompagnèrent Paul jusqu'en Asie, mais qu'ils prirent les devants et, dit l'auteur du journal, « nous attendirent à Troas, mais nous, nous nous embarquâmes à Philippes et nous les rejoignîmes à Troas ». Ce n'est pas Timothée qui n'était pas demeuré avec Paul, qui peut parler ainsi. De plus, au ch. XVI, 1-9, Timothée accompagne Paul à travers

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la Phrygie et la Galatie et l'auteur cependant ne parle pas à la première personne.

Titus et Silas doivent être exclus pour des raisons analogues; tous les deux ont été compagnons de Paul dans des voyages antérieurs à ceux que raconte le journal de route, Gai. II, 3; Act. XV, 22. Même à un moment où Silas est avec Paul, le récit reste au mode impersonnel. XVI, 19. De plus, ni Titus, ni Silas ne paraissent avoir accompagné l'apôtre pendant son troisième voyage missionnaire, celui qui est raconté dans le journal, et, en tout cas, ils n'étaient pas à Rome avec lui pendant sa captivité. Seul, Luc était à Rome avec Paul pendant ses deux captivités. Col. IV, 14; Philem. 24; II Tim. IV, 11. On ne voit pas d'ailleurs «pourquoi la tradition aurait attribué ce journal de route et par suite les Actes à Luc, personnage à peu près inconnu, si celui-ci n'en était pas véritablement l'auteur. Or, le témoignage d'Irénée est formel à ce sujet. Il prouve, en citant le journal de route, que Luc était le compagnon de Paul ' .

Tout on admoUant que Luc est l'auteur du journal do voyage, ne peut-on pas supposer que l'auteur des Actes s'en est servi comme d'une source de son récit, ainsi qu'il l'a fait pour d'autres parties do son travail, et qu'il a gardé le ton personnel de ce diarium pour donner plus d'autorité à son livre en établissant qu'il avait été le compagnon de Paul et le témoin d'uno partie des événements, ou bien no peut-on pas croiro

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