Die Apoatelgeschidile, p. lOi-lH
aux mêmes résultats que nous. Nous avons donc le droit de conclure que les Actes des Apôtres sont en accord avec les documents profanes et sacrés et que, par conséquent, ils sont historiquement vrais.
Nous pourrions corroborer cette conclusion en montrant que cette véracité ressort aussi des caractéristiques internes du récit des Actes. Les événements y sont fortement enchaînés, et découlent sans lacune et naturellement les uns des autres. Ils ont bien dû se passer de la façon qu'ils sont racontés dans les Actes. A l'origine, la communauté chrétienne fut restreinte et composée d'éléments juifs et hellénistes ; elle continua à pratiquer le culte mosaïque, à fréquenter le temple . Elle se distinguait cependant déjà du judaïsme par la croyance à Jésus Messie, ainsi que cela ressort des discours de Pierre et par les repas communs où était célébrée la fraction du pain. La mise en commun partielle des biens s'explique par la composition de la communauté où dominaient les pauvres. Bientôt la situation changea par le fait des persécutions, excitées d'abord par les Sadducéens qui voyaient dans la nouvelle secte des perturbateurs du repos public et des prédicateurs de la résurrection des corps, puis, par les Pharisiens qui accusaient Etienne de prêcher l'abolition de la loi. Alors, les chrétiens de Jérusalem quittèrent la ville et allèrent de proche en proche porter le nom de Jésus-Christ. Pierre prit la tête du mouvement, continué par Paul et Barnabe, qui, entraînés par le succède leurprédication parmiles Gentils, comprirent bientôt (ju'il fallait dégager complètement ceux-ci des entraves.
du judaïsme. Mais, parallèlement, s'élève à Jérusalem un parti, qui veut maintenir le christianisme dans son premier état. Entre les deux partis les apôtres servent de médiateurs, ainsi qu'il appert des épîtres pauliniennes aussi bien que des Actes. Le christianisme, libéré du légalisme, prend son essor à travers le monde grécoromain et malgré les difficultés, que soulèvent sous ses pas les Juifs ou les païens excités par les Juifs, il arrive à Rome, l'aboutissement do son développement. Cette histoire, telle qu'elle est présentée par les Actes, n'a pu être autre et nous devons en reconnaître l'authenticité bien que nous ne puissions la confirmer dans son ensemble par des documents indépendants, qui nous font défaut. L'auteur n'a donc rien inventé ; il n'a dit que ce qui s'était passé ou ce qu'il savait ; de là une très grande disproportion dans son récit. L'histoire de quelques mois occupe quelquefois plusieurs chapitres, tandis que des années entières sont passées sous silence. Un faussaire aurait certainement produit une œuvre toute différente, et nous devons citer le mot de Renan ' : « Ce qui distingue l'histoire composée d'après des documents, de l'histoire écrite en tout ou en partie d'original, c'est justement la disproportion. »
2" Objections contre la valeur historique des récits des Actes. — Voici, en quelques mot, comment nos adversaires présentent la question. Tous les arguments, disent-ils, accumulés pour établir que les Actes sont en accord avec les documents sacrés ou profanes, prouvent