I. Voici les preuves de cette identification
1. Marie, la mère du Seigneur, avait une sœur ou une belle-sœur, appelée aussi Marie, qui était femme de Clopas, Jn. XIX, 25, et avait pour fils Jacques et Joses, Mt. XVII, 56; Me. XV, 40. D'autre part, Jacques, Joses, Jude et Simon sont appelés frères du Seigneur,
Mt. XIII, 55; Me. VI, 3 et, de plus, Jacques et Jude sont apôtres, Le. VI, 16; Act. I, 13; il s'ensuit que Jacques, le frère du Seigneur, est fils de Clopas et le même que l'apôtre Jacques, lequel était fils d'Alphée. Le. VI, 15. Alphée et Clopas sont probablement un même nom, traduisant l'iiébreu Halphaï, ou bien le même personnage portait un nom araméen Halphaï et un nom grec KXwirSç, abréviation de KXEo'îtaxpoç. Cette preuve serait précaire si l'on rejetait l'identification de Klopas et d'Alphée,et si l'on supposait que Jude était le fils de Jacques, 'loiioa; 'laxwêou, et non son frère, Le. VI, 16; Act. I, 13.
2. Dans son épître aux Galates, I, 17-19, saint Paul écrit : « Je ne suis pas monté à Jérusalem, vers ceux qui étaient apôtres avant moi, mais je suis allé en Arabie et de nouveau je suis revenu à Damas. Ensuite, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour voir Pierre et je suis resté près de lui quinze jours. Je n'ai vu aucun des autres apôtres, ÏTgpov Sî twv àiroffToAwv, si ce n'est Jacques, le frère du Seigneur. » Paul range donc Jacques, le frère du Seigneur, parmi les apôtres qui étaient avant lui, c'est-à-dire parmi les douze. Si, pour lui, Jacques avait été apôtre au même titre que le furent Barnabe et d'autres, il n'aurait pu dire qu'il n'avait pas vu, en dehors de Pierre, d'autres apôtres, sinon Jacques, le frère du Seigneur, puisque Barnabe était avec lui à Jérusalem, Act. IX, 27. Or, les listes apostoliques mentionnent seulement deux personnages du nom de Jacques, le fils de Zébédée et Jacques fils d'Alphée. Il ne peut être question du fils
de Zébédée, mis à mort en l'an 44, puisque nous retrouvons ce même Jacques au concile de Jérusalem et plus tard. Reste donc le fils d'Alphée, qui sera l'apôtre Jacques, frère du Seigneur, dont parle saint Paul.
3. Avant la mort de Jacques, fils de Zébédée, soit Luc, soit Paul, distinguent l'un de l'autre les deux Jacques par une épitliète, Act. XII, 2; Gai. 1, 19, ce qu'ils ne font plus après la mort du premier, Act. XII, 17; Gai. II, 9, 12. Ils n'auraient pas agi ainsi, s'il y avait eu un autre personnage du nom de Jacques.
4. L'Église latine connaît seulement deux Jacques, dont elle célèbre la fête le 1*"^ mai et le 25 juillet. Le concile de Trente identifie Jacques l'apôtre et Jacques, le frère du Seigneur. Tillemont', malgré les raisons qu'on oppose, suit ce sentiment.
II. L'Eglise grecque, au contraire, célèbre la fêle de Jacques, le frère du Seigneur, le 25 octobre, et celh; de Jacques, fils d'Alphée, le 9 octobre; elle distingue donc ces deux personnages. Si nous examinons de près la tradition grecque, il semble qu'elle a connu Jacques, fils de Zébédée et Jacques, le frère du Seigneur, et ne s'est pas préoccupée de savoir si Jacques, le frère du Seigneur, était le fils d'Alphée, sauf Eusèbe ^ qui le dit fils de Joseph. Elle a tenu ce Jacques pour apôtre. Les Constitutions apostoliques'', les Pseudo-