L'épître de Jacques et les écrits antérieurs ou
contemporains. — L'auteur de cette épître s'est fréquemment inspiré de l'Ancien Testament; rarement cependant il le cite textuellement.
Gen., XV, 6 : Kai ^nia-reuffâv 'A6pà[J. Tw 0£w i/OYÎoÔT) aOtw sï;
SixaiOTijvr.v.
JCQ. II, 23 : £7rt'(TTeuff£v 5è 'A6paà(i T(j> eeqi... etc. Cf. Rom., IV, 3; Gai., III. 6.
Les hommes ont été faits à l'image de Dieu, III, 9, est un souvenir de la Genèse, 1,26; et 111,7 de Genèse, IX, 2. Le passage sur le soleil qui dessèche la fleur de l'herbe et le riche qui passera comme l'herbe, I, 10, 11, rappelle haïe, XL, 6, 8 et Job, XXIV, 24. Cf. encore Lév. IX, 5 = Jcq. II, 1, 9; Deut. VI, 4 = Jcq. II, 19; Ps. I, 20 = IV, 11; Prov. III, 34 : Kupioç ÛTCepr;cpàvoiç àvTitaffffsxai TaTtstvoïç 5è SiStooiv X,tipiv = IV, 6; Pro9. XI, 30 = III, 18; Jérémie, IX, 23 = I, 9, 10; Osée, VI, 6= Jcq. II, 13; Amos, IX, 12 = II, 7. Les ressemblances de langue et de pensées entre l'épître de Jacques, l'Ecclésiastique et le livre de la Sagesse, sont très nombreuses. Cf. Eccli. I, 25; II, 12; V, 9, 10 = Jcq. I, 8; V, 9; Eccli. II, 1-6; IV, 17, 18 = I, 2; Eccli. III, 18= I, 9, 10; Eccli. XV, 11- 20 = 1, 12-15, etc. Sagesse, II, 4= IV, 14 ; Sagesse, \\\, 4-6 = 1, 2, 3, 12, 13, etc. On pourrait encore relever de frappantes ressemblances entre notre épître et Judith, IV Macchabées, l^saumes de Salomon, Jubilés, IV Esdras, Apocalypse de Moïse, Testament d'Abraham, Pirke Aboth ^ , et surtout Philon '^.
\. Spitti, Der Brie f des Jacobut, Gdttiugcn, 189C. 2. Siegfried, Philo, p. 310, lena, 1875.
Les ressemblances entre l'épître de Jacques et le Nouveau Testament, surtout les évangiles synoptiques, offrent un caractère particulier. Voici les passages les plus littéraux :
Mt. VII, -21 : Tià; 8(ttiî àxoûei [lou Toù; X^you; xat Tioiet a-JToù; ôjioiwOr.acTat àvSpl çfovî- (1.(1)... 2C, xal Ttà; à àxoOwv [aou Toù; Xôyou; toOtou; xal (jiiî noiûv aÙToù; ôiAoïtùÔTiCTeTai âvSpl (xopw.
Cf. Le. VIII, 21; XI, 28; Mt.
VI, 19; Le. XII, 21 = .ICQ. V, i, 3; Mt. X, 22 = Jcq. I, 12.
Mt. V, 34-37 : èyiù 8è XÉ^w û|iâ)v |1T) ôfjooai ôXw;" (Ait.te èv tw oùpavôj... (AiÎTe èv tt) yî)... iit;tc el; *Upoa6).U[Aa'Ëk'...<TTu 8è ô Xôyo; ûfiwv vai va;, où où* to Se nepiaaov TouTuv èx toù novripoû èeiTiv.
Jcq. I, 22, 23 : rivedôs 6è iTotTiTal Xéyou xat [i.i\ [lôvov àxpoaTOÎ 7tapa),oytî(i(iEV0t layToO;.
"Oti eI Ti; àxpoati?]; X6you t<rriv xaî où itotTjTifi; o'jToç éoixev àvSpl xaxavooûvTi to Tcpôfftonov t^jç yevs'aeco; aùxoû âv lff($T:Tp(|).
Jcq. V, 12 : Kpô ïtivtwv Se,
à6E).Ç0J |10U, [11^ ÔJIVJETE, (ir,t£
TÔv oùpavôv, {lYiTE TT^v yi5v, (iTiie âXXov Tivà Ôpxov • T,T(D 5è ûpiûv tô vai vai', xat tô oi oO, Iva |1ï| {iitô xpiaiv TïécTiTe.
Cette citation est presque littérale; saint Jacques l'a-l-il empruntée à Matthieu ou à la tradition orale ?
Les ressemblances de l'épître avec l'évangile de Marc, VII, 1-23 == Jcq. I, 26, 27; XII, 28-31 = Jcq. II, 8, 10, 19, sont très vagues. Il en est à peu près de môme avec l'évangile de Luc, VIII, 8, 13. 18 = Jcq. I, 18, 19, 21, 25 ; XII, 47 = Jcq. IV, 17. Voici la plus frappante :
Le. VI, 21, 25 : Oùal ûiaïv toïc ttXouoîoic... oùat... ot ^{iJC£ir).T)ff- (lEvot vùv, oOaî... ol ysXûvTEî vùv, ÔTi 7tev6r,«Te xat x/aûoexî.
Jcq. V, 1 : "AyE vùv ol TtXo.!.
ffioi, /«XaOdaTE ôXoX'jÎovte; â'Jil Toï; Ta).ai7t(opiai( t«Î; è7rcpxo(iévai;.
Malgré le peu de ressemblances littérales que nous
relevons entre l'épître de Jacques et les évangiles synoptiques, nous constatons des affinités étroites entre eux. C'est le même enseignement, le même esprit religieux qui animent ces divers écrits, d'où nous concluons que l'auteur de l'épître n'a probablement pas connu nos évangiles actuels, mais qu'il a entendu la parole du Seigneur directement ou indirectement.
Les ressemblances entre l'épître de Jacques et l'évangile et les épîtres de Jean : Jn. VI, 63 = Jcq. I, 21 : J\. VIII, 31, 32 = Jcq. I, 18, 25; Jn. I, 6 = Jcq. III, 6; Jx. II, 25 = Jcq. I, 12, indiquent aussi que leurs auteurs ont puisé à la même source, qu'ils ont reçu le même enseignement. Nous avons déjà relevé les ressemblances de langue et de pensées qui existent entre l'épître de Jacques et les discours de celui-ci, rapportés dans les Actes des Apôtres, XV. 13-29; XXI, 21-25.
Les rapports entre cette épître et les épîtres pauliniennes sont très nombreux et soulèvent un problème particulier, qui doit être traité à part.
L'auteur de l'épître aux Hébreux connaissait probablement l'épître de Jacques. Bien qu'il y ait de nombreux points de contact entre les idées enseignées dans CCS deux écrits, il y a cependant peu de ressemblances verbales. Nous forons les mêmes constatations au sujet de l'Apocalypse. Les rapports de l'épître de Jacques avec la I""" épître de Pierre sont assez nombreux ; nous en parlerons lorsque nous traiterons de cette épître.