Rapports de Vèpitre de Jacques avec les écrits
postérieurs. — Les rapprochements qu'on a essayé d'établir entre Tépître de Jacques et la Doctrine des douze apôtres, la pseudo-épître de Clément aux Corinthiens, l'épîlre de Barnabe, I, 2; IX, 9 = Jcq. I, 21 ; los épîtres d'Ignace martyr, de Polycarpe, nous paraissent trop vagues pour qu'il soit utile de les relever. Les rapports avec l'épître de Clément, XXI = Jcq. II, 23; XXXVIII = Jcq. III, 13, avec les Testaments des douze patriarches, Ruben, 2, 5 =Jcq. I, 14, 15; IV, 1, 4, 8; Nephtau, 3 = Jcq. I, 19, 20; IV, 7, surtout avec le Pasteur d'Hermas, Mand. IX, :>, 11 = JcQ. I, 5-8; II, 2, 3 = Jcq. IV, 11 ; V, 8; II, 4; Siin. Il, 7 = Jcq. I, 17 et Clément d'Alexandrie, Stroni. 1V = JcQ. II, 13, sont assez étroits pour qu'on puisse croire à des rapports de dépendance. Chez Origène nous trouvons de nombreuses citations textuelles de l'épître de Jacques : in ep. ad Rom. IX, 24 =r= JcQ. I, 17; in Gen. II, 6 = Jcq. î, 22; in Lev. II, 4 = Jcq. V, 14, 15 ; quelques-unes chez Tertullien, de Orat. 8 = JcQ. I, 13; dans les Homélies Clémentines, VIII, 7 = JcQ. II, 14; I, 12, 13; chez Lactance, /ns/. VII, 21 := JcQ. II, 19; chez Athanase, contra Ar. III, 4 = JcQ. I, 18; enfin, chez Didyme d'Alexandrie, qui a écrit un commentaire sur les épîtres catholiques que nous avons encore en traduction latine.
l 4. —Caractères doctrinaux de l'épître.
Deux questions se posent : 1, L'épître est-elle un écrit juif ou un écrit chrétien? 2, Quels sont les en-
seignements de cette épître et leurs rapports avec ceux de saint Paul ?
1. Spitta' et Massebieau- ont soutenu queTépîtrede Jacques était un écrit juif du i" siècle avant Jésus- Christ, interpolé par une main chrétienne. Le nom de Jésus-Christ ne se trouve que deux fois dans l'épîlre, I, 1 et II, 1. Or, dans ce second passage : M^ èv 7rpoff(oTroXE[/.'I;iai(; e/^exe tyjv Tttffxiv toù Kupîou [■^uwv 'Jy^aoû XpiffTotJj TYÎç Sô^ï]?, l'interpolation est évidente, dit-on. Cette construction anormale devient régulière si l'on retranche les mots entre crochets. Ici, l'auteur nomme Dieu, dont il parle dans le verset précédent, et le désigne par une épithète usitée dans les Psaumes, XXIX, 3; XXIV, 7-10, dans le livre d'Hénoch, XXII, 14; XXV, 3; XXVII, 5, épithète qui n'a jamais été appliquée à Jésus-Christ, dans le Nouveau Testament, sauf dans 1 Co7'. II, 8. D'une comparaison de ce passage avec I Pr. I, 17, 21, il ressort que, dans l'épître de Jacques, il est question de Dieu et non de Jésus-Christ. Pour des raisons analogues, dans 1, 1 : 'lotxwêoç ©Eotixal Kup(ou 'Irjffoîi Xpi<rroû SouXoç, Spitta retranclic xal Kupîou 'Ir,(iOLÎ Xptfftoù.
Observons, tout d'abord, que cette hypothèse ne s'appuie sur aucun témoignage externe ; tous les manuscrits et les versions contiennent les textes tels que nous les lisons maintenant. Les raisons que Ion présente pour les supprimer sont insuffisantes ; on n'a