atudia biOlica, l. I, p. lU, Oxford
Tépître fie Jacques. S'il avait existé un original araméen, la tradition l'aurait mentionné, comme elle l'a fait pour les écrits qu'on a cités. Cette épître ne présente d'ailleurs aucun des caractères d'une traduction ; tout au contraire, elle est d'une grécité très idiomatique, et le fréquent usage qu'elle fait des figures de rhétorique, principalement de la paronomase et de l'allitération, nécessite un original grec. Il est impossible de supposer que ces paronomases et ces allitérations aient existé parallèlement dans les deux langues. La preuve en est dans la traduction latine qui a laissé disparaître presque toutes ces particularités. En fait, les caractères les plus marquants de cette épître : souvenir des écrits bibliques, pittoresque oriental, figures de rhétorique propres au grec, s'expliquent si nous admettons (|ue l'auteur était un Juif de Galilée et un homme en contact fréquent avec des Juifs hellénistes, tel que l'était Jacques, évêque de Jérusalem. Plusieurs des villes de Galilée, Tibériade, Sepphoris, ou des villes environnantes, Ptolémaïs, Scythopolis, Gadara, étaient d(!S cités à demi grecques. 11 est donc probable que les artisans ou les commerçants du pays connaissaient le grec, qui leur était indispensable pour les transactions avec des gens qui ne parlaient que cette langue. 11 n'était pas nécessaire d'ailleurs que, pour être compris de ses lecteurs, Jacques écrivît en araméen; il devait plutôt écrire en grec puisqu'il s'adressait aux Juifs de la Diaspora, qui tous connaissaient le grec et qui même, pour la plupart, ignoraient l'araméen. Enfin, on peut supposer que l'épître a été écrite, sous
l'inspiration de saint Jacques, par un secrétaire qui savait bien le grec. Nous n'avons pas à examiner le texte de l'épître ; il n'offre pas de variantes qui méritent discussion.