‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 59 sur 82 · Hist.erct. III. ■î!i · texte numérisé non relu

Hist.erct. III. ■î!i

H. Contra Nestor. III, U.

LA PREMIÈllE ÉPITRE DE SAINT PIERRE. 247

(1 iliques pour l'œuvre de saint Pierre. H. Cludius fut le premier qui en rejeta l'authenticité et la regarda comme l'œuvre d'un disciple de Paul à cause de son étroite affinité avec les épîtres pauliniennes. Baur et l'école de Tûbingen y voient un écrit de conciliation. Depuis lors, les critiques se sont partagés en trois groupes sur l'origine de la première épître de saint Pierre. Dans lé premier se rangent ceux qui rejettent totalement l'authenticité, Baur, Schwegler, Zeller, Kôstlin, Hilgenfeld, Hausrath, Weizsacker, Plleiderer, Holtzmann, Jûlicher. Pour celui-ci l'auteur serait un chrétien romain, originaire d'Asie Mineure'. Dans le second se placent ceux qui tiennent pour l'authenticité absolue de l'épître, Cornely et la plupart des critiques catholiques, B. Weiss, Kûhl, Huther, Salmon. Dans un troisième viendront ceux qui n'admettent qu'une authenticité relative de l'épître, laquelle aurait été écrite, sous l'influence de Pierre, par un secrétaire, Eichhorn, Renan; probablement Silvain, E^vald, Blcok, Sabatier. Zahn. Von Soden- attribue l'épître tout entière à Silvain qui aurait composé l'écrit longtemps après la mort de l'apôtre et l'aurait signé du nom de Pierre pour lui donner de l'autorité auprès des lecteurs. Reuss^ reconnaît que la thèse de l'authenticité peut être soutenue, bien qu'il y ait aussi des difficultés à l'admettre. Harnack ' croit que cette épître

l. Einl. i)i das .V. T., p. 183, .V AuQ. Tiibingeii, 1906.

-i. Hand-Cojtimentar zumN. T., lH" Band, U» Abth., p. 10", Freiburg.

3. La Sainte Bible. Les épîtres catholiques, p. 160, Paris, 1878.

%. Die Chronologie deraUchr.Lilteratur,ll"hdiad,]^. 157, Leipzig, 901.

est une très ancienne homélie à laquelle on aurait donné une forme épistolaire, en y ajoutant l'adresse et des salutations. Nous examinerons tour à tour les arguments présentés par ces divers critiques pour ou contre l'origine pctrinienne de cette épître.

1° Arguments contre l'authenticité. 1, Les allusions, que l'on trouve dans l'épître à une persécution qui aurait menacé et atteint les chrétiens d'Asie Mineure, établissent qu'elle a été écrite au plus tôt au temps de Vespasien ou même vers la fin du premier siècle, sous le règne de Domitien, alors que saint Pierre était mort depuis longtemps. Nous discuterons plus tard cette observation. Remarquons seulement que les caractères des persécutions qu'ont à souffrir les lecteurs de l'épître, sont trop vagues pour qu'on puisse déterminer à quelle persécution il est fait allusion. B. Weiss croit même qu'il ne s'agit pas ici de persécution ofTicielle'.

2, L'apôtre Pierre était un pêcheur de Bethsaïda, qui ne devait pas connaître le grec; d'après Papias -, Marc était son interprète, IpfXYiveuTrjç; d'après Clément d'Alexandrie ^, son interprète avait été Glaucias. Or. l'épître est écrite en un grec, sinon classique, du moins aussi bon que le grec des autres écrits du Nouveau Testament, sauf l'épître aux Hébreux. De plus, l'écrivain connaît surtout les Septante et ne paraît

\. Dererste Pelrusbriefund die neuere Kritih; p. (î, Gr. I.iclilerfeUli

i, EusÈBE, Ilist. ceci, ni, 3!t, 15.

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