‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 61 sur 82 · VI : 14, nzçii^(i}(ji[Li,^oi triv ôi- 9ÙV {i|x.(ôv · texte numérisé non relu

VI : 14, nzçii^(i}(ji[Li,^oi triv ôi- 9ÙV {i|x.(ôv

V, 22. al "yyvaïxe; xot; 15 (oi; ivSpâotv.

I, 20 : 21 : xaÔioa; aùxôv ivôeÇià

jiopeuOeii; eUoùpavôv, ÛTtOTaYévToiv aùxoû èv toi; âïtoupavîoi; Oitepdvw aÙTù) âYYÉ^««>"' ■'**' £Ïo«criù)v xai j nâcrjî ip'/^î xal éÇouaîaî xaî 2u- 6uv(ip.£wv. ' vâpiEto; xaî xupiôtTjTo;.

La doctrine de la descente aux enfers, nettement enseignée dans l'épître de Pierre, est en germe dans l'épître aux Ephésiens.

Pr. III, 19 : Toïç èv çuXax^ ■nvsûîJiaaiv nopeuOet; Èxripuîev.

Eph. IV, 9: xaTÉCrj et; ta. xa- Twtepa \i.ipy\ x?,; yt;;; IV, 8 :

ri)(H,aXwxiuff£v alxuaXwaîav.

Cf. encore : Pn. IV, 2, 3 = Eph. II, 3; II, 4-0 = II, 21; II, 9 = 1, 14; H, 18 = VI, 5; III, 22 = 1, 20, :>1, etc.

Les rapprochements entre l'épître de Pierre et l'épître aux Romains, ch. XII et XIII, surtout sont a.ssez nombreux : Pu. II, 5 = Rom. Xll, 1; IV, 10, 11 = XII, 3-8; III, 13-15 = XIII, 1-4. Dans Pr. II, G, 8 et llom. IX, 33, sont cités doux textes d'Isaïe, VIII, 14 et XXVIII, 16. Pour le premier, tous les deux s'éloignent du texte hébreu et des Septante; pour le second, ils reproduisent l'hébreu contre les Septante. De plus, la réunion des deux passages d'Isaïe inclinerait à supposer que saint Pierre a emprunté cette combinaison à l'épître aux Romains ou inversement. Il est plus simple, remarquons-le, d'admettre qu'il existait chez les

Juifs, et plus tard chez les Chrétiens, une anthologie des passages messianiques de l'Ancien Testament et que c'est à ce recueil qu'ont puisé les écrivains du Nouveau Testament et les premiers écrivains chrétiens. Des analogies d'idées plutôt que d'expressions se rencontrent aussi assez fréquemment dans l'épître de saint Pierre et l'épître à Tite : Pn. II, 9 = Tit. Il, 14; III, 7 = III, 7; II, 11 = II, 12; V, 2 = I, 7, 11; V, 3 = II, 7 ; II, 18 =11,9; II, 13 = III, 1, etc.

Il serait possible de signaler encore des points de contact entre l'épître de Pierre et d'autres épîtres de Paul, Corinthiens, Galates, I Thessaloniciens, Colossiens, mais elles seraient assez vagues. Observons enfin que l'on relève dans l'épître de Pierre cinq mots : affTciXoç, eîSojXoXaTpt'a, xaxaXaXtd, (iuvxXïipovo(xoç, '^âpiffjjLa, que saint Paul a employés le premier, ou inversement.

Ces constatations faites, comment expliquer ces ressemblances d'expressions et surtout d'idées entre l'épître de Pierre et les épîtres pauliniennes ? D'abord, il est difficile d'admettre, ainsi que l'ont fait B. Weiss et Kûhl, (|ue saint Paul s'est inspiré de l'épître de Pierre. H est plus probable que saint Pierre a connu les épîtr«s pauliniennes; cela est insinué dans la seconde épîtrc de Pierre, III, IG. S'ensuit-il qu'il les a copiées, et que son épître n'est qu'un centon de passages pauliniens V Admettra-t-on, au contraire, que Pierre est totalement indépendant des épîtres de Paul et que les ressemblances s'expliquent par un emprunt à une source commune, la tradition chrétienne? On peut remarquer, en effet, qu'on ne retrouve pas dans l'épître de saint

Pierre les doctrines spécifiquement pauliniennes, telles que la valeur de la loi mosaïque pour lo salut, la distinction entre la grâce et les œuvres, l'esprit et la lettre, la loi et la promesse, le rejet d'Israël, non plus que les termes strictement pauliniens : oixotwaiç, Trveu- [xaTixoç, «TToXuTpwaiç, xtîoiç xaiv^, etc., et que les ressemblances s'accentuent principalement dans l'expression des préceptes moraux, qui formaient l'objet principal de la prédication apostolique. De plus, nous connaissons surtout les doctrines chrétiennes primitives par les épîtres pauliniennes. Mais est-il certain qu'aucune de ces doctrines n'ait été le patrimoine commun des communautés chrétiennes et que, par conséquent, nous ne puissions les retrouver dans d'autres écrits sans être obligés do supposer que ceux-ci les ont empruntées aux épîtres de Paul V II serait donc possible que l'épître de Pierre ait reproduit ces doctrines indépendamment des épîtres pauliniennes.

Cependant l'hypothèse, qui paraît le mieux rendre rompte de tous les faits, est celle qui suppose que Pierre est souvenu des épîtres de Paul, qu'il s'en est même inspiré, surtout de l'épître aux Éphésions. Il n'y a là lien qui no soit très explicable. Pierre a pu connaître l'épître aux Romains et l'étudier attentivement comme le résumé de la théologie de Paul. S'il a écrit à Rome, il a dû converser avec Paul, qui, en ce moment, préparait son épître aux Ephésiens, et il s'est ainsi pénétré des idées que l'apôtre des gentils développait dans su lettre.

il est possible aussi que ces diverses ressemblances

proviennent du fait que Silvain, le secrétaire, qui a écrit la première épître de saint Pierre, a été longtemps le compagnon de voyage de Paul et devait connaître à fond la doctrine et la langue de son maître. Il est vrai que l'identification de Silvain, compagnon de Paul, n'est pas certaine, mais seulement très probable, et qu'en outre Silvain a été peut-être seulement le porteur de l'épître et non l'écrivain.

Afin de bien marquer la position de l'épître de Pierre par rapport aux écrits du Nouveau Testament, remarquons encore que cette épître présente aussi de nombreuses coïncidences d'expressions et d'idées avec l'épître de Jacques et l'épître aux Hébreux. L'adresse. Pr. 1, 1, 2 = JcQ. I, 1, est semblable. Comme expressions identiques dans l'épître de Pierre et celle de Jacques, citons : ro So^tîatov 6[jLwv TY); 7t{cT60)ç, Ttapaxû^'a'. dfaiïiXo;, àvuTCoxpiToç, (jTV)p(t|o). Cf. encore : Pr. 1, 23 - JcQ. 1, 18; Pr. II, 1-30 = Jcq. I, 20; Pr. H, 25 - JcQ. V, 19; Pr. V, 4 = Jcq. I, 12; Pr. V, 6 = Jcq. IV, 10. Après la citation de Prov. III, 34, on retrouvi> des deux côtés l'exhortation à se soumettre à Dieu el à résister au diable : Pr. V, 6, 9 = Jcq. IV, 7. De môme, il y a des analogies entre l'exhortation à supporter les soulfrances, Pr. 1,7=: Jcq. I, 2.

L'épître de Pierre et l'épître aux Hébreux ont en commun un certain nombre de mots et d'expressions qu'on ne retrouve pas dans les autres écrits du Nouveau Testament, ou qui n'y ont pas le mrmc sens que dans ces deux épîtres : àvifruTroç, 7t«p£ittSr)(jLo;, Xôyo; Ct~>v, ^«vTifffJioç, àvatpépeiv âp.apr(aç, "^txiia^iXy oTxoç, iroifAv^v, sùXoy^av

x>//;povo(ji.eîv, etpiQvr)v Siojxeiv, àu,o)jjLoç, etc. On y relève aussi des ressemblances d'idées ou de procédés d'emploi de l'Ancien Testament.

Devrons-nous donc conclure de ces nombreux points de ressemblance qu'on relève entre l'épître de saint Pierre et tous les écrits du Nouveau Testament, que cette épître est dépendante de ceux-ci? Il est plus simple de croire qu'il existait dans la prédication primitive, ainsi que nous l'avons déjà dit, un fond commun de doctrines, exprimées en termes identiques, auquel ont puisé tous les écrivains du Nouveau Testament. Ainsi s'expliquent les nombreuses ressemblances que l'on relève entre eux.

6. Enfin, Harnack ' suppose que l'adresse, I, 1, 2, et les personnalités de la conclusion, V, 12-14, doivent être distinguées du corps de l'écrit, I, 3-V, 11. L'adresse et la conclusion se détachent facilement, dit-il, du corps de l'épître, auquel elles ne sont pas liées intimement. Mais la même observation s'applique à toutes les épîtres du Nouveau Testament et, par conséquent, on pourrait leur faire subir le même traitement.

Ces deux parties, ajoute-t-il, sont une addition tardive due probablement à l'auteur de la 11*^ épître de Pierre, avec laquelle elles ont des rapports de lang^ue ; ceci est une pure supposition.

Elles sont inconnues, soutient-il, de la tradition primitive, qui n'a jamais attribué cette épître à Pierre. Elles ont dû être ajoutées vers Tan 150-175 après

1. CUron. der altclt. Litterulur, B. U, \t. 157, Leipzig, 18ia.

Jésus-Christ. Les premiers écrivains qui ont cité l'épître ne l'ont pas, il est vrai, attribuée à Pierre, mais ils n'ont pas donné non plus les noms des autres écrivains dont ils citaient les ouvrages.

Le corps de l'écrit, conclut-il, serait de date beaucoup plus ancienne, vers 83-93, peut-être même de quelque vingt ans auparavant. L'auteur serait un docteur ou un confesseur éminent, peut-être en captivité, si familier avec le christianisme paulinien, qu'il s'y mouvait avec une parfaite liberté. Cette attribution de l'épître s'appuie uniquement sur des suppositions. D'ailleurs, si Clément, Polycarpe et Papias ont connu cette épître, ainsi que l'admet Harnack \ c'est qu'elle existait déjà au ii® siècle en de nombreux exemplaires. Que sont devenus ceux-ci et comment expliquer que , dès la seconde moitié du ii« siècle, tous les exemplaires portaient le nom de Pierre?

Nous croyons inutile d'exposer et de discuter les diverses découpures que Vôlter -, Soltaus, ont fait subir à l'épître de Pierre ; le principe en est trop subjectif. Ainsi, Vôlter suppose que tous les passages où il est question de la personne, de la mort et de la résurrection du Christ, sont le fait d'une interpolation et doivent être supprimés. Il resterait vme épître sans couleur qui pouvait être écrite par l'apôtre Pierre.

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