‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 64 sur 82 · Hisl. nat., li, lai; cT. Sthàbon, lU · texte numérisé non relu

Hisl. nat., li, lai; cT. Sthàbon, lU

i. Voir les textes dans 2AUN,£tni. in das Neue Testament, 11" B., p. ^i, Leipzig, 1899.

LA PREMIÈRE ÉPITRE DE SAINT PIERRE. i67

Renan, Zahn, Bigg, Chase, Monnier, l'épître a été ( erite à Rome. Dans plusieurs des écrits du temps, Home est appelée Babylone. La Babylone de l'Apocalypse, XIV, 3; XYII, 5, etc., c'est évidemment Rome. D'après Schôttgen, c'était l'usage des Juifs d'appeler lîome, Babylone. Dans l'Apocalypse de Barucli, XI, 1. dans le lY» livre d'Esdras, 3, 1, peut-être dans lesorat les Sibyllins, V. 158, on trouve la même appellation. I /antiquité chrétienne, représentée par Papias, Clément d'Alexandrie. Jérôme. Théopliylacte. Œcumenius et lous les commentateurs jusqu'à la réforme croient que Pierre a écrit son épître à Rome. Les réformateurs et quelques critiques de nos jours ont nié que Pierre soit jamais venu à Rome. Cette opinion est actuellement à peu près abandonnée ; les témoignages anciens sont ( lop nombreux et trop formels pour qu'on puisse douter que Pierre ait été martyrisé à Rome. Rien ne s'oppose donc à ce que l'épître ait été écrite dans cette ville,

§ 8. — Date de composition de l'épître.

Les dates les plus diverses ont été assignées pour la composition de l'épître. Pour les critiques qui soutiennent l'authenticité, elle a été écrite : avant les épîtres de Paul, Baronius, Cornélius a Lapide; en 43, Foggini; en 50, d'AUioli; vers 54, B. Weiss, Kuhl; en .S-64, Bigg; en 59-60, Gloag; en 02, Bleek, Wieseler; pou avant la persécution de Néron, 03, 04, Renan, Hundhausen, Belser, Zahn; vers 64, Lightfoot, Monnier, Cornely, Kaulen ; en 65 , de Wette, Sieffert,

Salmon ; au temps de la persécution de Néron, Maier, Hug, Glaire. Drach, Batiffol, Hatch, Bovon ; de 63 à 65, Reithmayr. Valroger; Farrar. Sanday; en 70-80. Ramsay, Swete. Ceux qui rejettent Torigine pétrinienne de l'épître la placent vers 80, Réville; sous Domitien. 92-96, Scholten. von Soden; vers 83-93 ou vingt ans plus tôt. Harnack; en 90 , Me Gifîert; sous Trajan, 98-117. Schwegler, Baur, Pfleidercr. Hilgenfeld, Davidson. Jûlicher. Plus tard encore, Zeller, 117-138 et Volkmar, 140-167.

Les données que fournit l'épître sur le temps où elle lut écrite, sont rares et imprécises. Elle l'a été à un moment où la persécution était imminente et même commencée, où Silvain et Marc étaient avec l'apôtre Pierre, probablement à Rome. Si saint Pierre a lu l'épître aux Ephésiens, il n'a pas écrit avant 56 ou 62, suivant la chronologie que l'on adoptera. Etait-il à Rome à cette époque? Nous ne le savons pas.

Pour préciser davantage la date, étudions l'état de l'Eglise chrétienne que représente cette épître. Li s fidèles sont des convertis assez récents, car il est plusieurs fois fait allusion à leur précédent état, dont ils viennent de sortir. L'organisation hiérarchique est encore rudimentaire. Les communautés sont gouverm ' par des presbytres, ce qui suppose que l'autorité supérieure est encore représentée par les apôtres. La croyance à la prochaine parousie du Seigneur est toujours vivante dans les esprits. I^es pers(!Cutions ont commencé, mais elles ne sont pas encore oflicielles. Les chrétiens ont à souffrir de leurs compatrioU

païens à cause du nom de Jésus-Christ ; ils sont accusés de toute espèce de crimes, mais ils ne sont pas poursuivis par le pouvoir public, qui est décrit comme justicier, punissant le mai et récompensant le bien. « [/ennemi, ce n'est pas encore le pouvoir, ce sont les i^ens ignorants, débauchés, c'est la foule aveugle qui Il admet pas un culte et une morale par lesquels elle se sent condamnée^ ». Tacite fait allusion à ces accusations : (Nero) quacsitissimis poenis afTecit eos, quos per flagitia invisos vulgus Christianos appellabat... afllicti suppliciis sunt Christiani, genus hominum superstitionis novae et maleficae. Les chrétiens doivent donc répondre à toutes les calomnies par leur vie sainte et pure et ne pas rougir comme chrétiens, mais glorifier Dieu dans ce nom, IV. IG. 17. Cet état de choses nous reporte à peu près à l'an G2-04. A cette époque d'ailleurs Silvain et Marc pouvaient être à Home avec l*iorre. La tradition chrétienne est très ferme sur le lait de la mort de Pierre à Rome, mais la date du martyre de l'apôtre peut être 64 ou 67. Il est possible que Silvain soit venu à Rome avec Pierre, car nous le perdons de vue depuis son séjour à Corinihe avec l'apôtre Paul, pendant le deuxième voyage de celui-ci. Quant à Marc, nous apprenons par les épîtres aux Colossiens, iV, 10 et à Philémon, 24, qu'il était ù Rome vers 62. C'est donc vers le commencement de la persécution néronienne que Pierre aurait écrit. S'il est dit que les chrétiens doivent Hve encore attristés par diverses

1. La pvtmiùre épitrv de l'apù Ire Pierre, par J. MoxsiEit, p.3£>, MfiCOD,

l'MM.

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épreuves, afin que la manifestation de leur foi tourne à leur gloire, lors de l'apparition de Jésus-Christ, 1, 6, 7. s'il est fait allusion à diverses reprises aux souffrances qu'ils auront à supporter pour Dieu, II, 19, 20; III , 14, 17, ce qui indique que la persécution est encore latente, il ressort de IV, 12, que la persécution est déchaînée : Ne soyez pas étonnés de la fournaise allumée au milieu de vous pour une épreuve, comme de quelque chose d'étrange vous arrivant. Il semblerait donc que la première partie de la lettre, I, 1-IV, 11, aurait été écrite au temps où l'on prévoyait la persécution , où les chrétiens étaient accusés de divers crimes par la voix publique et étaient déjà molestés. Elle se termine en effet par une doxologie conclusive. Puis l'auteur ajoute un post-scriptum au moment où la persécution commence ; il reprend alors et précise ses enseignements sur le bienfait des souffrances supportées pour le nom de Jésus-Christ, IV, 13-19.

Ces faits et ces exhortations répondent bien à la situation de l'église romaine, mais peuvent-ils s'appliquer aussi à l'état des communautés d'Asie Mineure? La persécution de Néron a été restreinte à la ville de Rome, a-t-on dit. sur le témoignage de Tacite. Mais cet historien, soccupant en ce passage de l'incendie de Rome, a relaté seulement les supplices infligés aux chrétiens dans cette ville ; il n'rxcluait pas par cela même les persécutions dans le reste de l'empire. Or, Orose, un témoin, il est vrai, du v" siècle, affirme que Néron, le premier, infligea des supplices aux chrétiens et ordonna qu'ils fussent torturés par une persécution

semblable dans toutes les provinces, per omnes provincias pari persecutione excruciari imperavit '. D'après les publications de de Rossi - il ressort que les chrétiens furent persécutés à Pouzzoles et à Pompéi. 11 n'est pas nécessaire d'ailleurs de supposer qu'il y eut, tout d'abord, en Asie Mineure, pas plus qu'à Rome, une persécution ofticielle, bien qu'il semble d'après l'épître qu'il en soit ainsi : Que nul d'entre nous ne souffre comme meurtrier... comme s'ingérant dans les affaires d'autrui; mais s'il souffre comme chrétien, qu'il ne rougisse pas ; qu'au contraire, il glorifie Dieu à cause de ce nom-là, IV, 15, 16. Il est possible, répétons-le, que ces paroles fassent allusion à des violences ou à des tracasseries de la part des païens, excités par les Juifs. Le peu que nous savons sur la situation des chrétiens dans lempire romain établit la vérité de la parole de Paul aux chrétiens d'Iconiuni et d'Antioche de Pisidie : C'est par beaucoup d'oppressions, Sià TtoXXwv 6Xi4»ewv, qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu, A et. XIV, 22. C'est d'ailleurs le même état de choses que nous trouverons plus tard dans les communautés auxquelles est adressée l'Apocalypse.

S'appuyant sur ces divers passages de lépitre, quelques critiques ont pensé que l'auteur se reportait à la persécution qui eut lieu en Bithynie, à la suite de la lettre de Trajan à Pline, vers 112. Cette hypothèse est inadmissible par le seul fait que Clément Romain, vers 90, a connu l'épître de saint Pierre. Sous Trajan,

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