‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 71 sur 82 · ol pXaffçir)(ioûvT£; r?iv ôfiôv 5ixaio<rûvT · texte numérisé non relu

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Et d'autres encore.

Ces coïncidences peuvent s'expliquer de diverses façons. L'Apocalypse dePierre s'est inspirée de répître, ce que l'on ne veut pas admettre sous prétexte que cet apocryphe est un écrit d'une contexture sans à-coups, tandis que l'épîlre est faite de pièces et de morceaux, ce qui inclinerait à croire que c'est elle qui dépend de l'Apocalypse de Pierre. Bien que Renan ait affirmé qu'au premier coup dœil on reconnaît que la IP épître de Pierre est une composition artificielle, un pastiche composé de lambeaux d'écrits apostoliques, surtout de l'épître de Jude, et que Harnack émette la môme aflirmalion, nous ne sommes nullement convaincu. S'il existe un manque de liaison entre quelques-unes de ses parties, cela provient du fait que la section III, 1-16, a peut-être été déplacée et que Tordre naturel serait, ainsi que l'a démontré M. Ladeuze, I-II, 3a; III, i-16; II, 3b-22] III, 17, 18. Les autres arguments que donne Harnack pour démontrer la dépendance de l'épître par rapport à l'Apocalypse de Pierre sont contraires aux faits.

On peut supposer encore que les deux documents ont été écrits par le même auteur, ou par des écrivains dvmc même école, mais cette hypothèse est peu vraisemblable, étant données les différences de langue et de style, qui existent entre les deux ouvrages. Reste à admettre l'indépendance de l'épître et de l'Apocalypse, ce qui peut très bien être soutenu, vu que les rapports

entre elles sont assez vagues et se réduisent en fait surtout à des ressemblances de termes ou d'expressions, qui pouvaient fort bien être d'usage courant.

On a relevé aussi de nombreuses coïncidences de termes entre l'épître et les Antiquités juives de Josèplie. Il n'y a pas lieu de conclure à une dépendance littéraire, car les mots signales, étant d'usage commun et nullement rares, ont pu être employés dans les deux ouvrages sans que l'un dépende de l'autre.

§ 3. — Destinataires de l'épître, date et occasion.

Syméon Pierre écrit à ceux qui ont obtenu une foi égale à la sienne dans la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, I, 1. Il s'adresse donc à tous les chrétiens et on ne peut conclure de ce qu'il a dit, III, 1 : « Voici déjà, très chers, la deuxième fois que je vous écris », qu'il parle dans sa II® lettre seulement aux lecteurs de la T", car il est fort possible qu'il ne soit pas fait allusion ici à la I" épître de Pierre que nous possédons. Dans celle-ci il nost pas parlé des avertissements que lautcur dit leur avoir déjà adressés. III, 2-7.

Les destinataires étaient-ils des convertis du judaïsme ou du paganisme? Les opinions sont partagées. Zahn pense que saint Pierre écrivait à des Juifs qu'il civait convertis et qu'il voulait mettre en garde contre les faux docteurs qui s'étaient insinués dans les églises de païens convertis. 11 regardait comme son devoir de les tenir, en éveil par ses avis pendant sa vie et de prendre dosi

mesures pour leur faire conserver le souvenir de ses enseignements, I, 13-15.

Sur la date et le lieu de composition de l'épître nous ne possédons aucune donnée précise. Si nous pouvions déterminer ce qu'étaient ces faux docteurs, et ces mo- «jucurs contre lesquels l'auteur met ses lecteurs en garde, nous pourrions fixer l'époque de composition et l'occasion de l'épître, mais nous n'avons sur ces hérétiques que des indications assez vagues. Ces faux docteurs renient le Maître, qui les a rachetés, II, 1 ; ils se livrent aux désordres de la chair, II, 2 ; aux passions impures, H, 10, 18; ils injurient les gloires, ils blasphèment c« qu'ils ignorent, II, 10, 12; ils méprisent l'autorité, II, 10; ils sont pressés par la cupidité, II, 3, 14; ils séduisent en promettant la liberté, II, 19; ils mettent en doute le prochain avènement du Seigneur, III, 3,4; ils détournent de leur sens les épîtres de Paul, III, 16. Que, dès la seconde moitié du premier siècle, il ait existé des fauteurs de ces doctrines, nous en avons la preuve dans les écrits de cette époque.

S'appuyant sur des enseignements mal compris de saint Paul, certains concluaient que le chrétien, dégagé de la loi mosaïque, l'était parla même de toute loi morale et, par conséquent, pouvait se livrer aux excès de la chair. Ces enseignements furent codifiés au ii" siècle, mais ils naquirent au i" et furent combattus dès l'origine. Saint Paul proteste assez souvent contre ces conclusions. Saint Jacques en montre l'absurdité. Ces moqueurs, qui doutent de la parousie du Seigneur et de la résurrection, ont eu leurs prototypes à Thessalonique

et à Corinthe. Ceux qui avaient les yeux pleins d'adultère et ceux qui profanaient les agapes se retrouveraient aussi à Corinthe. Il n'est donc pas nécessaire d'aller jusqu'aux Carpocratiens, aux Archontiques, aux Sévériens, aux Nicolaïtes et aux hérétiques du ii'' siècle, pour trouver ceux contre lesquels luttait l'auteur de la II' épître.

Saint Pierre a dû écrire cette lettre lorsqu'il était avancé en âge, vers 64 ou 67; d'après Cornely, Boiser, lorsqu'il prévoyait sa mort prochaine, qu'il existait déjà de nombreuses lettres de saint Paul en circulation, et que déjà on commençait à mettre en doute le prochain retour du Seigneur, car la première génération chrétienne était morte et Jésus n'était pas revenu. D'après Zahn, saint Pierre aurait écrit son épître à Antioche, avant son départ pour Rome, c'est-à-dire vers 60-63. En tout cas, la lettre a été écrite avant la ruine de Jérusalem à laquelle il n'est fait aucune allusion.

Quelques critiques placent cette épître à une époque plus reculée, aux dernières années dui^' siècle, Ewald; dans la l""" moitié du ii* siècle, Maycrhoff, Credner; vers 150-175, Harnack; au milieu du ii*' siècle, Hilgenfcld, Mangold; vers 170, Davidson, ou 180, Volkmar.

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