‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 76 sur 82 · Einleitung in das N. T., p. im, 199, Tûbingen · texte numérisé non relu

Einleitung in das N. T., p. im, 199, Tûbingen

la foi était définitivement transmise, 3; elle était la foi orthodoxe, elle était « notre sainte foi ». Le temps dos apôtres du Christ est passé, 17. Jïilichcr conclut ensuite des rapports de Judo avec les épîtres de saint Paul, surtout avec les Pastorales, et des citations qui y sont faites d'Hénoch et de l'Assomption de Moïse, quo l'auteur devait être un chrétien d'Egypte. Il n'y a aucune allusion à la chute de Jérusalem, pas même au f 5, mais on ne peut rien conclure, dit-il, de ce silence sur la date de l'épître. Par l'évidence externe nous savons seulement que l'épître ne fut pas écrite après l'an 180, mais nous ne pouvons pas préciser à quelle décade elle le fut de l'an 100 à Tan 180. Il ne faudrait pas cependant la placer trop tard, car l'auteur tient pour une nouveauté les agissements des adversaires qu'il combat. Aucun de ces arguments n'établit d'une façon décisive une date aussi tardive. Presque toutes les indications peuvent se rapporter au temps où furent écrites les épîtres pastorales, c'est-à-dire vers 64-67 après Jésus-Christ; les autres ne sont pas exactes. Ce que nous avons dit précédemment le démontre. Ch. Bigg^ propose une hypothèse sur la date de composition de lôpître, qui ne manque pas de vraisemblance, si l'on admet que l'épître de Jude dépend de celle de Pierre. Les erreurs et les désordres dénoncés dans les deux épîtres auraient eu leur origine à Corinthe. Voyant que ces erreurs se propageaient, Pierre écrivit sa seconde lettre et l'envoya à Jude et celui-ci écrivit une lettre flétrissant

<. Com. on the Ep. ofSt. Peter and SI. Jude, p. 310, Edinbur^h, 1901.

les mêmes désordres et l'envoya aux communautés auxquelles il s'intéressait. Ainsi s'expliquerait naturellement le f 3. Jude était résolu à écrire à ses lecteurs au sujet de leur salut commun, mais il est maintenant obligé de leur écrire pour les exhorter à lutter pour la foi. La lettre de Pierre aurait occasionné ce changement de résolution de l'aptjtre Jude. Il s'ensuivrait que son épître daterait de la môme époque que celle de Pierre, c'est-à-dire de l'an 60-04. Mayor croit qu'elle a été écrite plus près de 80 que de 70. C'est possible, puisqu'on ne sait pas à quelle époque Jude est mort, et cela expliquerait certaines expressions de l'épître, que l'on a qualifiées de tardives : notre sainte foi, vos apôtres, et l'emploi de termes pauliniens, 11 nous est impossible d'être plus précis. 11 est inutile de mentionner l'opinion de Renan, qui plaçait l'épître avant 54, sous prétexte qu'elle serait un exemplaire de ces lettres haineuses qui furent envoyées de Jérusalem contre Paul, à la suite de l'incident d'Antioche. « C'est, dit-il, un faclum des plus violents contre des adversaires innommés, qui sont présentés comme des rebelles et des gens impurs ». Cette hypothèse ne reposant sur rien, il est impossible de la réfuter.

Le lieu de composition est inconnu, aucun indice ne permet de le déterminer exactement. On a nommé l'Egypte ou Alexandrie, parce que l'on croyait qu'il était question dans réi)îtrc de l'hérésie de Carpocrate, hérétique alexandrin. On a nommé aussi Jérusalem ou une autre ville de la Palestine, l'Orient. La désignation est assez vague pour que cela soit possible.

S 4. — Langue de l'épître.

L'épître de saint Jude contient 12 fiiraÇ XsYo'txeva : àTtoSiopi'^Eiv, 8etY[jLa, lTra<ppi!îeiv, TrXav>iTYiç, etc. ; un mot '{oyyvaxrii;, qu'on trouve là pour la première fois ; des formules employées seulement ici : et; «avraç toùç aîôiva;, TtpoerwTta 6au|jiàCto. Le vocabulaire des Septante a fourni des termes rares : IxTcopvsueiv, l(XTtaixT»iç, ôaufxa^eiv irpoawiïa, XaXeîvuTrépoY^a, aXoY» î^wa, etc. La langue classique a été mise à contribution pour des termes sonores, quelquefois poétiques : Ix}^u6ïîvai, î^oço;, aTtiXàSeç, (pOivoTrwpivo;, TtSdav cttouS^jV iroiEïaôai, xpiffiv cTritpépeiv, etc. Enfin, des termes sont employés au sens chrétien : xXïjtoI, ^ xoiv:)) t^ç crw-rripiaç, Triaxiç, '^uyn.Mç, Trvsî![jLa, etc.

Le style de l'épître est régulier, noble, vivant, plastique, correct, pittoresque, d'une facture simple, mais raide. Origène constate que cette épître, qui contient peu de versets, est pleine de paroles solides, Ippwjjiévojv XoYwv. On y remarque une tendance à répéter les formules : ouTot eîfftv... oî, 12, 16, 19, à construire les phrases en trois propositions, 2, 5, 7, 8, 11, etc., ou môme en cinq, 12, 13.

La doxologie, 24, 25, est d'une tenue magnifique; elle est plus belle qu'aucune de celles que l'on trouve dans les autres écrits du Nouveau Testament.

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