Ib., p. m et
par la répétition d'un mot de même racine que le précédent : àxoT) axoiiffete, eùXoYtov eôXoyt^cw <j£ xat iTXir)6ûva)v tcX/)6uvw (TE, îSwv eTSov, passait aussi pour un hébraïsme, mais on en a des exemples dans le grec classique : oouXEÎav SouXeueïv, cpEuywv IxîpeuYet (Hérodote), iSwv eToov (Lucien), ôpôivTaç ^t.^^ ôpav xat (xxouovta; (*/) àxouEiv (Démosthène). Cependant, Blass soutient que les phrases classiques analogues : pXÉTrovTEç sêXETtov (Eschylc, Prométhée, v. 447), ne sont semblables qu'en apparence. L'emploi périphrastique du participe avec le verbe eijxi' ne peut être considéré comme hébraïsant que lorsqu'il se présente dans une phrase traduite de l'hébreu ou lorsque le verbe est à l'imparfait, et encore, dans Luc et Jean, l'imparfait ^v est distinct le plus souvent du participe. On trouvera encore dans la Grammaire du grec du Nouveau Testament de Moulton de nombreux exemples d'hébraïsmes supposés, p. 73, 74, 85, 94, 131, 215, etc., qui sont des vulgarismes. Comme tels nous pouvons citer l'emploi pléonastique du pronom personnel après le relatif. Me. 'VII, 25 ; Le. III, i%\Ap., 'VIII, 2, etc. ; l'emploi des prépositions à la place des cas simples des déclinaisons : cpEUYsïv àizo xî)? xpîaEwç. Deissmann * fait remarquer que ces phrases des évangiles, surtout du IV" évangile, unies simplement par la copule xat... xat' n'indiquent pas une influence hébraïque. On retrouve dans les textes populaires de l'époque la même simplit ité de construction, l'absence de toute particule de subordination. Deissmann ^ en cite quelques-uns dont
!. iVeir lighls, p. 40.
a. Licht vom Ostcn, p. 88, 89.
le Style rapp elle de très près celui des textes cvangéliques. L'inscription de Nysa offre une suite d'affirmations, mises dans la bouche de la déesse Isis, dont nous avons les analogues dans le IV" évangile : 'Eyw £Î[;.t Kpôvou ôyyaf^p TcpEsêuTaTr)... 'Eyu) 6t{xi ■?; Trapà y^vaiçi 6eoç xa- XoufiiévTi. 'Eyci iyiopiaa yriv ott' oôpavou,.. 'Eywto Si'xaiov eîs- /^upoTepov ypuffiou xat àp^upiou i-Koir,aoL, 'Eyco 10 aXr,6£<; xotXov èvo|jLo9éTr,ffa vojJiiÇeaOai.
Cette question des hcbraïsmes n'est pas cependant entièrement résolue. Dalman ^ cite comme des liébraïsmes certains : IXOtov et IpyéaEvo; avec un autre verbe : IXOwv îrpéffipepe, èpyTotjLevoç lyYiffev; la juxtaposition dexaTaXnttov, à(peïç,etd'unterme signifiant le départ: xaTaXntwvaTt^XOev; àvaff-retî, lYEpôeiç, faisant pléonasme; diroxptOc\« eÎTrev, IXa- X-/i<jev Xe'yojv ; v^p^aTo, suivi d'un infinitif; xaxà Tipéffioirov xivoç, xat lyÉveTo, sYevETo Se, Ivxwavec l'infinitif, etc. Moulton -, p. 14-17, soutient que la plupart de ces formes ne sont pas des hébraïsmes.
Voici enfin quelques expressions qu'on peut tenir, jusqu'à ce qu'elles aient été retrouvées dans les papyrus, pour des hébraïsmes : àpéaxeiv Ivconiov nvoç, au lieu de Tivi; Ttpô '^podcoTTou TÎîi; eîffo5ou aÙTôu, devant lui; eî, si, employé dans les formules de serment, Me. VIII, 12 ; ôfioXoyeîv Iv tivi, pour Tiva, avouer quelqu'un ; irpocr^ôeto 7ré}A'|«t, il ajouta d'envoyer, pour il envoya de nouveau, etc.; ûuvafxei;, miracles; yiûta^on ôavatou, mourir; Cr)TeTv <|/uxT^v, eùXoYïifxsvr, Iv YyvaiÇ(v, la fcmmc la plus bé-
t. Die Wortr Jcsu, p. 16, Leipzig, 1898. -2. GrammarofNew Tcslament Orcrk,
nie, etc. Schilling * et Arnaud '^ ont dressé le catalogue de CCS hébraïsmes.
Faisons une remarque en terminant celte étude des hébraïsmes du Nouveau Testament. D'après Deissmann et Moulton, les expressions qu'on a qualifiées d'iiébraïsmes sont tout simplement des vulgarismes, car on les retrouve dans les papyrus du temps. Ces philologues n'ont peut-être pas tenu suffisamment compte d'un facteur qui a bien pu exercer une certaine influence sur le grec d'Egypte. A partir surtout du m" siècle avant Jésus-Christ, les Juifs devinrent très nombreux en Egypte; leur nombre s'éleva, dit-on, jusqu après de trois millions, il est très probable que ces Juifs ont exercé une influence sur le grec, tel qu'il était l)arlé dans ce pays. Par conséquent, de ce que l'on retrouve un hcbraïsme dans un papyrus égyptien, cela ne prouve pas que ce ne soit pas un hébraïsme, à l'origine, car il pourrait se faire que ce soit un hébraïsme, devenu un vulgarisme en Egypte. La môme observation pourrait être faite pour les inscriptions trouvées dans les contrées de l'Asie antérieure, étant donnée la dispersion des Juifs à travers le monde ancien.
Cependant, de l'ensemble des faits il semble bien résulter que la langue du Nouveau Testament nest pas une langue spéciale, mais la langue de la conversation, telle qu'elle était parlée dans le peuple. Il ne iaudrait pas croire que le grec usager était analogue
i. Bebraismi Novi Teatamenti, Lugduni.
■i. Essai sur le caractère de la laiigue grecque du Nouveau Testament, MoQtaubau, It^.
au grec littéraire. Les phrases étaient de construction simple et ne présentaient pas cette coordination des propositions, à l'aide des particules conjonctives, que nous connaissons par les auteurs classiques et même par les post-classiques, tels que Polybe, Plutarque, Philon, Josèphe. Il s'ensuit donc que les documents contemporains nous seront très utiles pour comprendre plus exactement le sens des mots ou la signification des expressions néotestamentaires.
IV. L'exégèse des textes du Nouveau Testament sera aussi facilitée par quelques inscriptions du temps. Voici quelques remarques : Lorsque Notre-Seigneur envoya ses apôtres en mission il leur dit : Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures, ni sac, Toîpa, pour la route, Mt. X, 8. S'agit-il ici d'un sac de voyage, d'un sac pour porter des provisions? D'après une inscription contenant ce terme, Deissmann ^ pense que Jésus ordonne à ses apôtres de ne porter ni or, ni argent, ni sac pour contenir les aumônes; ils ne doivent ni gagner de l'argent, ni mendier.
Dans son épître, XVI, 3, 4, Paul recommande aux Romains de saluer Prisca et Aquilas, ses compagnons d'œuvre en Jésus-Christ, qui ont exposé, uité%r\x<x\, leur tète pour sa vie. Or, dans une inscription trouvée à Herculanum et datant au plus tard de la destruction de cette ville, mais peut-être d'un siècle avant, nous lisons un texte analogue : 11 aurait abandonné, TrapaêiXot, volontiers sa vie pour les plus chers de ses parents ou de