‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 21 sur 99 · DE JÉSUS · texte numérisé non relu

DE JÉSUS

Le ministère de Jean-Baptiste.

Me I, 1-8; Mt m, 1-12; Le m, 1-20.

Au début de la vie publique de Jésus les trois synoptiques placent la prédication de Jean-Baptiste. Me introduit son récit par ces paroles : « Commencement de rHiVangile de Jésus-Christ, fils de Dieu » ; Mt dit seulement : « Or, en ces jours-là », tandis que Le précise la date de Tévénement : « Quinzième année du règne de

NOUTBAU TESTAMENT. — If. 3

Tibère, Ponce-Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode, tétrarque de la Galilée, Philippe, son frère, tétrarque de l'Ilurée et de la Trachonitide, et Lysanias de l'Abylène, au temps du grand prêtre Anne et Caïphe ». Mt Le expriment ensuite les mêmes idées, mais en termes différents :

Mt, « Paraît Jean le baptiste, prêchant dans le désert de Judée, disant ; Repentez-vous, car le royaume de Dieu s'est approché.

Le, La parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert; et il alla dans toute la contrée du Jourdain, prêchant un baptême pour la rémission des péchés. »

Puis, les trois synoptiques citent les paroles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, faites droits ses sentiers ». Mais Me introduit la sentence par un verset de Malachie, qu'il attribue à Isaïe : « Voilà, j'envoie devant ta face mon messager, qui préparera ton chemin », et Le y ajoute la suite de la prophétie d'Isaïe, laquelle répond bien à son point de vue universaliste : « Toute vallée sera comblée et toute montagne et colline seront abaissées; ce qui est tortu deviendra droit, et les chemins raboteux seront aplanis, et toute chair verra le salut de Dieu. » Me alors réjsume : « Parut Jean, baptisant dans le désert et prêchant un baptême de repentance pour la rémission des péchés. » Me Mt rapportent les effets de la prédication de Jean-Baptiste, son aspect extérieur et sa nourriture, mais chacun dans un ordre différent.

« Alors, Mt, sortit ç>ers lui tout le pays. Me, de Judée et tous les habitants de, Me, Jérusalem et tous les environs du Jourdain, Mt, et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, confessant leurs péchés. Et Jean était vêtu. Me, avait un vêtement, Mt, de poil de chameau et d'une ceinture de cuir autour des

reins; il mangeait, Me, sa nourriture était, Mt, de sauterelles et de miel sauvage, »

Mt Le rapportent ensuite le discours de Jean, aux foules, Le, aux pharisiens et aux sadducéens, Mt, et Le seul les réponses du Baptiste aux foules, aux péagers et aux soldats qui l'interrogeaient.

Le alors introduit la question sur Jésus : « Or, le peuple étant dans Tattente, et tous se demandant dans leurs cœurs au sujet de Jean s'il n'était pas lui-même le Christ, celui-ci répondit, Le, il prêcha. Me, disant. Me Le, à tous. Le : Pour moi je vous baptise dans l'eau, Mt Le, pour la pénitence, Mt; celui qui vient derrière moi. Me Mt, est plus puissant que moi, Je ne suis pas digne, me baissant. Me, de dénouer le cordon de ses souliers. Me Le, de porter ses souliers, Mt. Je vous baptise dans l'eau. Me, mais lui vous baptisera dans V Esprit^Saint et le feu, Mt Le. »

Mt Le donnent seuls la suite : « Le van est dans sa main pour nettoyer, Le, et il nettoiera, Mt, son aire, pour rassembler. Le, et il rassemblera, Mt, le grain dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas. » Le ajoute : « Faisant ainsi de nombreuses exhortations et d'autres encore il évangélisait le peuple. » Il rappelle ensuite ce qu'il advint plus tard de Jean, jeté en prison par Hérode ; ce qui sera raconté plus loin en détail par Me VI, 17-18 et Mt XIV, 3, 4.

Dans cette péricope, Me est plus court que Mt Le, parce que, à son ordinaire, il ne rapporte pas les longs discours, qu'il n'a peut-être pas connus; il se rapproche de Mt pour le détail des faits. Me hc rapportent en termes identiques, à un mot près, le discours de Jean aux foules : « Race de vipères. » Pour les discours, ils semblent donc puisés, à un même recueil; pour le récit, il y a plus de variations. Voici celles

qu'on relèvera chez les trois synoptiques dans la manière d'exprimer les mêmes faits ou les mêmes idées.

Me xa6tt>; yéy^ca:xa% év xip *U(rxiqi tcp icpofiQTio —

Mt ô ^T)6etc fiià 'Hffatou tou irpoçi^tou XéYovTOç

Le &ç féfpanxM év piêX(|> XoYtov 'Hffatou tou irpoçi^tou —

Me Ip'/txoLi à l^x^pôrepéc jiou ôiciao» jiow —

Mt ô 5è 6ir^9(i> (tou ipx^I'^^oc la)(rj^6xt^6z (&ou i^riv —

Le l^x'^xoLi Sk 6 Iffx^po^spoc (lou —

Me ot 'Iepo9oXu(ietTat — xod ^v ô 'IwdtvvKjc év8e8u(i£voç — Mt *IepoŒ6Xu(ia — aOrà; Se ô 'IwawTi; tî/ev t6 Sv$-j(ta aùroO —

Me Tpîx*Ç xa|AiQ).ou — xal &<rOa>v àxpiSo;.

Mt àicè Tptx*^^ xapiiQXou — ^ 8è Tpoç9j ^v aûtoO àxpiôe;.

Le baptême de Jésus.

Me I, 9-11; Mt m, 13-17; Le m, 21, 22.

Les trois synoptiques ont placé le baptême de Jésus après la prédication de Jean-Baptiste.

Me Mt rapportent que Jésus vint de Nazareth, Me, de Galilée, Me Mt, au Jourdain, vers Jean pour être baptisé par lui, Mt. Mt seul ajoute que Jean s'y opposait tout d'abord : « C'est moi, disait-il, qui ai besoin d'être baptisé par toi et c'est toi qui viens à moi. Mais Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice. Alors Jean le laissa faire. » Le dit seulement que comme tout le peuple se faisait baptiser, Jésus le fut aussi. Les trois évangélistes racontent la scène, tantôt en s'accordant, tantôt en divergeant.

« Jésus ayant été baptisé dans le Jourdain par Jean, Me, et priant. Le,

Me ^ xai e06vc àva6a{vci>v èx toO <i^axo^ elSev o^tJ^ofiivouc toOc oOpavoùc Mt àvé^Y) àicô toO SSotToc xal ISoii ijyt^yfiviow ol oOpavot

Le àveipxO^vat tôv oOpavov

Me xai t6 Tcveûpia cî>; iteptaTepàvxaTa6aîvov cl; aOxév

Mt xal tl8ev to icvtO(ia toû Beou xaxaêatvov uotl rcptorepàv Jp^ô* Le xoù xata6$iva( Ta icveûpia t6 âytov <TU(iaTtxcp ciSei d^; ictptvtEpàv

Me xal 9ci>vi^ 2x Tfôv oOpavûv*

Mt (Uvov iit' aùrdv. xal ISoù ^(oWj ix tcôv oupavûv * X^ou^a : ovtoç

Le èic' aÙTov xal ffldv9jv èÇ oOpavoO y<^^<^>( *

Me ffO eI ô ytoç fjiov ô àyanrixbç Iv çol eOtéxviaa. Mt éoTtv ô uloc {lou ô &Ya7ry)Tà; âv ^ sûSôxYi^a. Le où cl ô vlo; (&0V d àTA^tàc év ool tO$oxi)9a. »

Dans Mt, rinterlocuteur à qui s'adresse la voix céleste est indéterminé; dans Me Le, elle parle à Jésus.

Les trois synoptiques rapportent ce court récit à peu près avec les mêmes détails, mais ils emploient des formules ou des termes différents; Me s'accorde tantôt avec Mt, tantôt avec Le; Mt tantôt avec Me, tantôt avec Le, de sorte qu'il est difficile de dire quel est le type primitif du récit. La description de la descente du Saint-Esprit sur Jésus baptisé montre bien les rapports et les différences entre les trois récits. Remarquons que Jean n^est pas nommé dans le récit de Le.

i. Me, Et aussitôt, comme U remontait de l'eau, il vit les deux se fendre, et l'Esprit, comme une colombe, descendre sur lui. Et une voix (descendit) des cieux : Tu es mon Fils, le bien-aimé; en toi je me complais.

Mt, Il monta aussitôt de l'eau et voici, les cieuxTurent ouverts et il vit TEsprit de Dieu descendre comme une colombe, venant sur lui. Et voici, une voix des cieux qui disait :

Celui-ci est mon Fils le bien-aimé, en qui je me complais.

Le, Le ciel s'ouvrit et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une coIoml>e.

Et il y eut une voix du ciel : Tu es mon Fils, le bien-aimé, en toi je me complais.

La tentation de Jésus dans le désert.

Me I, 12, 13; Mt IV, Ml; Le iv, 1-13.

Me, laissant de côté les paroles de la tentation et les faits qui les introduisent, relate seulement la cause de la tentation, sa nature et sa durée.

Me, « Et aussitôt TEsprit le pousse au désert.

Mt, Alors Jésus fut conduit dans le désert par l'Esprit pour y être tenté par le diable.

Le, Or, Jésus, plein de rèsprit^Saint, revint du Jourdain et il fut emmené par l'Esprit dans le désert.

« Et il était pendant quarante jours tenté par Satan, Me Le ; et il était avec les bêtes sauvages, Me ; et il ne mangea rien pendant ces jours, Le, il jeûna pendant quarante jours et quarante nuits, Mt ; et après qu'ils furent achevés, Le, après cela, Mt, il eut faim, Mt Le. »

Mt Le racontent alors la tentation avec cette dififérence que Tordre de la deuxième et de la troisième épreuve est interverti ; la deuxième de Mt devient la troisième chez Le et inversement. Les paroles de Jésus et du démon sont rapportées en termes identiques, mais avec des additions par chacun des deux évangélistes.

« Jésus eut faim et s'étant approché, le tentateur, Mt, le diable. Le, lui dit : Si tu es le fils de Dieu, dis à cette pierre, Le, à ces pierres, Mt, qu'elles denennent du pain. Et Jésus, Le, celui-ci, Mt, lui répondit^ disant, Mt : // est écrit que Vhomme ne çiç>ra pas de pain seulement^ mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu, Mt. Alors le diable le transporta dans la ville sainte, Mt, il le conduisit à Jérusalem, Le, et le plaça sur le pinacle du temple et lui dit : Si tu es le

fih de Dieu y jette -toi, d'ici, Le, en bas : car il est écrit qu'il donnera des ordres à ton sujet à ses anges pour te garder, et que, Le, ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre; et ayant répondu, Le, Jésus lui dit : Il est encore écrit, Mt, dit. Le : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu, De nouveau, Mt, le diable le transporta sur une montagne très haute, Mt, Tayant emmené. Le, lui montra tous les royaumes du monde, en un seul instant. Le, et leur gloire, Mt, et le diable. Le, lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, Mt, toute cette puissance et leur splendeur, parce qu'elle m'a été livrée et que je la donne à qui je veux. Le, si^ te prosternant, Mt, tu m'adores, elle sera toute à toi. Le. Et ayant répondu. Le, Jésus lui dit : Va-t'en, Satan, car, Mt, il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul. Et ayant achevé toute la tentation. Le, le diable se retira de lui pour un temps. Le, le laissa, Mt, et voilà que des anges, Me Mt, s'approchaient, Mt, et le servaient, Me Mt. »

Outre les additions, les inversions et autres divergences que nous venons de signaler entre les trois récits, relevons encore les différences d'expressions :

Mo IxêetXXet — vaxavâ Mt àvinx^ï) — SiaêoXou Le &icéaTpt4'ev — StaSoXou

Mt VYioTsuffoiç — ô TceipàCodv — toO xoapiou — XéYei

Le oOx SçocYev où8èv — ô Sià6oXoc — tî); olxou(iévY)c — eînev

En résumé, pour le détail des tentations, Mt Le ont connu le même récit; Me paraît indépendant; il est possible cependant que Mt ait connu un récit se rapprochant du sien. Mt Le ont complété le récit de Me par un document qui contenait un récit identique, mais dans un état littéraire différent. Le se rap-

proche davantage de Me que Mt; comme lui, il dit que la tentation eut lieu après le jeûne de quarante jours, tandis que, pour Mt, elle se produisit quand Jésus eut faim.

2* SBCTION. — Ministère public de Jésus en Galilée.

Commencement du ministère de Jésus.

Me I, 14, 15; Mt nr, 12-17; Le iv, 14, 15.

Cette péricope est chez les trois synoptiques la conclusion du récit précédent et Tintroduction au ministère public de Jésus.

« Et Jésus dans la puissance de l'Esprit s'en retourna en Galilée, Le, et ayant appris, Mt, après. Me, que Jean avait été livré, Me Mt, il se retira, Mt, il s'en alla, Me, dans la Galilée, Me Mt. »

Mt seul dit ensuite que Jésus ayant quitté Nazareth, vint demeurer à Capharnaûm, qui est près de la mer, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, afin d'accomplir la parole d'Isaïe sur Zabulon et Nephtali, la Galilée et le peuple assis dans les ténèbres, pour qui la lumière s'est levée.

D'après Me Mt, Jésus « commença à prêcher. Me Mt, l'Évangile de Dieu, Me, et à dire, Mt, disant. Me : Le temps est accompli. Me, et le royaume de Dieu s'est approché, repentez-vous. Me Mt, et croyez à l'Évangile, Me ».

Le marche indépendant. Après avoir dit que Jésus retourna en Galilée, il ajoute : « Sa renommée se répandit dans toute la contrée d'alentour, et il enseignait dans leurs synagogues, étant glorifié par tous. » Il place ensuite ici la venue de Jésus à Nazareth, son enseignement à la synagogue, sa retraite à Capharnaûm, la guérison d'un possédé, de la belle-mère dov Pierre,

ANALYSE DES TROIS ËVANGtLES SYNOPTIQUES. 45

Tenthousiasme des foules provoqué par de nombreuses guérisons et Tappel de Simon, Jacques et Jean, tandis que Me Mt mettent en première ligne Tappel des premiers disciples, puis les guérisons et enfin beaucoup plus tard Tépisode de Nazareth. Cet ordre paraît plus naturel, car Jésus n'a pu guérir la belle-mère de Pierre avant d'avoir connu celui-ci, et d'ailleurs, il résulte du récit même de Le, que Jésus, avant sa visite à Nazareth, avait fait déjà des miracles à Capharnaûm et, par conséquent, commencé son ministère. L'ordre de Le est d'après un plan systématique.

Appel des premiers disciples.

Me I, 16-20; Mt iv, 18-22; Le v, 1-11.

Cet appel des premiers disciples est raconté avec des détails différents, d'un côté par Me Mt, de l'autre par Le; c'est le même fait exposé par les deux premiers évangélistes dans ses parties essentielles seulement, et plus en détail par le troisième.

Voici d'abord le récit de Me Mt.

« Jésus passant le long de la mer de Galilée vit deux frères, Mt, Simon appelé Pierre, Mt, et André, son frère, Mt, qui jetaient leurs filets dans la mer, car ils étaient pécheurs, Jésus leur dit : Venez, suivez^moi et je vous ferai pêcheurs d'hommes; et aussitôt, laissant leurs filets^ ils le suivirent. De là, Mt, s'avançant un peu, Me, il vit deux autres frères, Mt, Jac^ quesjfils de Zébédée, et Jean, son frère, dans la barque avec Zébédée, leur père, Mt, qui raccommo^ datent leurs filets et, sur-le-champ. Me, il les appela. Ceux-ci, sur-le-champ, Mt, laissant la barque et leur père, l'accompagnèrent, Mt, leur père Zébédée dans la barque, avec les ouvriers, s'en allèrent derrière lui, Me.»

Signalons les différences d^expressions entre Me Mt :

Me xal Tcapàycov — àjiçi^aXXovta; Iv — eOOùç

Mt iceptTcaTûv $è — pàXXoviaç àfi^têXiQOTpov el; — tùbétùç

Le a rattaché la vocation des premiers disciples à une pêche miraculeuse. 11 est peu probable que le fait, rapporté par Me Mt, diffère de celui que raconte Le, car, dans l'ensemble, les faits sont concordants; les personnages et le lieu de la scène sont les mêmes, ainsi que rappel des disciples et le résultat de Fappel ; les détails seuls divergent. D'après Me Mt, Simon et André jetaient leurs filets; d'après Le, ils étaient descendus de leur barque et lavaient leurs filets. Puis, continue Le, Jésus monta dans la barque de Simon et de là il enseignait le peuple. Ensuite, il ordonna à Simon de lancer son filet. Celui-ci répondit qu'il avait travaillé toute la nuit sans rien prendre ; toutefois, sur l'ordre du Maître, il le jettera. Ils prennent une si grande quantité de poissons que leur filet se rompait. Ils font appel à leurs compagnons, Jacques et Jean, et remplissent l'autre barque. Simon Pierre se jette aux genoux de Jésus, confessant qu'il est un pécheur, et la frayeur s'empara de tous. Tous ces détails sont étrangers à Me Mt ; de plus, la parole de Jésus est dans Le adressée à Simon seul :

Me Mt ^ Uoiriatù {>ji,a; yevéoOai àXeeï; àvôpwTtwv. Le Mil Ç060U, ànb toO vOv àvOpcoicou; ÎGTi {^(oypwv.

Ces récits proviennent évidemment de traditions différentes.

Après avoir rapporté la prédication de Jésus en Galilée, les nombreuses guérisons opérées et l'empres-

1. Me Mt, Je vous ferai pêcheurs 1 Le, Ne crains point; désormais d'iiommes. I tu seras pêcheur d'hommes.

sèment de la foule venue des pays environnants pour présenter leurs malades au Seigneur, Mt place ici le discours sur la montagne, que Me a totalement omis, sauf quelques sentences, rapportées ailleurs : IX, 43, 50; IV, 13; X, 4; XI, 24, 25; IV, 24, dont plusieurs sont répétées ailleurs par Mt.

Retour à Gaphamaûm et enseignement dans la S3rnagogue.

Me 1,21, 22; Le IV, 31,32.

Pour Me ce retour à Gaphamaûm se place après rappel des disciples ; pour Le il eut lieu avant. Les récits de Me Le vont ensuite ensemble pour les faits qui se sont passés à Capharnaûm, Me I, 21-39 — Le IV, 31-44. L'ordre suivi ici par Mt est différent et d'ailleurs systématique.

« Et ils voyagent, Me, il descendit. Le, {fers Capharnaûrriy ville de la Galilée, Le, et aussitôt. Me, il ensei^ gnait le jour du sabbaty dans la synagogue. Me, et ils étaient frappés de son enseignement, parce que sa parole était pleine d'autorité. Le ; car il les enseignait comme ayant autorité et non comme les scribes. Me Mt VII, 28, 29. »

Il y a quelques divergences d'expressions :

Me eioicopevovrai — è8t8a<nt8v — cbc èÇouffiav l^wv Le xaxïjXÔev — tjv 8i$à(rx(ov — èv è^yjoicf, tjv

Guérison d'un possédé.

Moi, 23-28; Le IV, 33-37.

« Et, aussitôt. Me, il se trouvait dans leur synagogue un homme possédé d'un esprit impur, et il cria, disant, Me, à voix haute. Le : Qu*y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth P Es-tu çenu pour nous perdre?

Je sais qui tues : le Saint de Dieu. Et Jésus le réprimanda, disant, Le : Tais-toi et sors de lui. »

Les faits racontés ensuite sont les mêmes, mais exprimés en termes différents : « Et Tesprit impur Payant agité avec violence et ayant crié d'une voix forte. Me, le démon Payant jeté au milieu. Le, sortit de lui, sans lui faire de mal. Le, et ils furent tous terrifiés et ils discutaient entre eux, disant:

Me* Ti lonv TOUTo; ScSaxri xstvvi xoct* èÇou«iav xal xotc itvfw|ia«v Le Ttc 6 Xdyoc o^oc &rt êv é|ouotqç xal Swattiei imxâoott

Me TO<c àxaOépTOïc inixéffoêi xat ûxocxovouvtv or>r^. Le Totc dbcaOdtpTotc icveuiiaatv xsù è^ép^ovrat.

« Et sa renommée se répandit aussitôt de tous côtés, dans toute la contrée de la Galilée, Me, dans tous les lieux d'alentour. Le. »

Voici les différences d'expressions :

Mo ôévOpcoicoc iv trvtu(iatt àxaOdpTi^ —

Le dcvOpfoico; ixjta^ê nveûpLa Sau{tovtou àxaOsptov —

Me If — iOa|i^Ov)(raEv âvotvtec — &9Xt ouvCTiTeîv avroùc

Le die* — lyévtTO Oà{i6oç inl icdcvxa^ — xal owcXdD.ouv icpô;

Me àxoi^ — KONxayw

Le &>Xiq>.ovc ij^; — icavra touov

Il est difficile de croire que l'un des deux récits dépende de l'autre.

Gnérison de la belle-mère de Simon et de nombreux malades.

Mo I, 29-34; Mt viii, 14-17; Le iv, 3841.

« Et aussitôt, Me, étant sortis de la synagogue, Me Le, Jésus, Mt, ils entrèrent dans la maison de

1. Me, Qu'est ceci? Un enseigne- | Le, Quelle est cette parole? Il ment nouveau avec autorité! 11 1 commande avec autorité et puis-

commande même aux esprits im- | sance aux esprits impurs, et ils purs, et ils lui obéissent. I sortent.

^ Pierre, Mt, de Simon, Me Le, et d'André avec Jacques et Jean, Me.

Mc^ il Sk ncvOepà £({uovoc xaxéxetTO mipéaaovcra.

Mt etScv ti^ nevOepàv aOroO pe6XTi(uvv)v xal icupéaaovaav.

Le icevOepà 8à tov £t|Ui»vo; ^v owexo|Uvti icupexcp (ieYaX(|>.

Aussitôt ils lui parlent d'elle. Me, ils le prièrent à son sujet, Le ;

Me, et s*étant approché il la fit lever, l'ayant prise par la main.

Mt, etil toucha sa main.

Le, et s'étant penché sur elle, il réprimanda la fièvre.

et la fiëçre la quitta et, sur-le-champ, s'étant levée, Le, elle le servait .

« Le soir étant venu, Me Mt, lorsque le soleil. Me Le, fut couché. Me, se couchait, Le, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses maladies, Le, ils, Me Mt, les lui amenèrent^ tous les malades. Me, ainsi que les démoniaques. Me Mt ; et toute la ville était rassemblée à la porte, Me ; mais Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, Le, chassa les esprits par une parole, Mt, et il les, Le, guérissait tous, Mt, beaucoup de, Me, ceux qui étaient malades, Me Mt, de diverses maladies, et il chassait de nombreux démons, Me, et des démons sortaient 'de plusieurs, criant et disant : Tu es le fils de Dieu ; et les réprimandant, Le, il ne leur permettait pas de parler. Me Le, parce qu'ils le connaissaient, Me, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ, Le. »

Mt conclut suivant sa manière : « Afin que fût accompli ce qui a été dit par le prophète Isaïe : Lui-

1. Me, La beUe-mère i Mt, U vit la belle- i Le, La belle-mère de de Simon était cou- 1 mère de celui-ci cou- 1 Simon était prise d'une cbée, ayant la fièvre. 1 chée ayant la fièvre. I foite fièvre.

même a pris nos infirmités et a porté nos maladies. » Entre les trois récits il y a de nombreuses différences d'expressions :

Me tiXÔov — ^iaç 8à ^evofiév?!; ôxe êSu à rilioi — Içepov wpoffiQvepcav

Mt êX6â>v — ô^ca; 8è Ysvojiiivjriç

Le elaîjXÔev — Suvovto; tou i(kloM — ^yfxyoy

Le fond du récit, ainsi qu'un grand nombre d'expressions, est identique chez les trois synoptiques, mais le tout est mélangé diversement.

Retraite de Jésus.

Me 1,35-39; Le iv, 42-44.

« Et le lendemain matin, s'étant levé bien avant le jour, Me, quand le jour eut paru. Le, Jésus sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait, Me,

Me, Et Simon et ceux qui étaient avec lui le poursuivirent et le trouvèrent; ils lui dirent : Tous te cherchent; et il leur dit : Allons ailleurs dans les bourgades voisines, afin que là aussi je prêche, car c'est pour cela que je suis sorti. Et il allait prêchant dans leurs synagogues, dans toute la Galilée, chassant les démons. »

Le, Et les foules le cherchaient, et elles vinrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour qu'il ne s'éloignât pas d'elles. Et il leur dit : Il faut que je porte aussi aux autres villes la bonne nouvelle du royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé.

Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée. »

Me Le racontent ici le même fait, mais avec des circonstances différentes ; il est possible que Me nous ait donné le commencement de la scène et Le la fin. Il n'y a donc pas lieu de relever les différences d'expressions sinon Me, àir^Xôev, Le, ETcopsuôifi.

Mt IV, 23 relate aussi que Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, préchant la

bonne nouvelle du royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Guérison d'un lépreux.

Me I, 4045; Mt viii, 1-4; Le v, 12-16.

Les trois synoptiques placent ce récit dans un cadre différent : Me pendant la prédication en Galilée, après la guérison de la belle-mère de Pierre ; Mt avant cette guérison ; Le intercale entre cette guérison et le récit précédent l'appel des premiers disciples.

« Quand Jésus fut descendu de la montagne, de grandes foules le suivirent, Mt. Et il arriva que, comme il était dans une des villes. Le, un lépreux nnt à lui, et voyant Jésus, il tomba sur sa face et le pria, Le, le suppliant et se jetant à ses genoux, Me, se prosternant devant lui, Mt, disant : Seigneur, Le, si tu ceux, tu peux me purifier; et, ému de compassion. Me, Jésus étendant la main le toucha et dit : Je le s^eux, sois purifié^ et aussitôt la lèpre le quitta. Me Le, et il fut purifié, Me Mt, de sa lèpre, Mt. Et lui parlant sévèrement il le renvoya aussitôt. Me, et lui dit : Garde-toi d'en rien dire à personne, Me Mt; et lui commanda de n'en parler à personne. Le ; mais va, Me Mt, t'en allant, Le, montre-toi au prêtre et présente pour ta purification l'offrande, Mt, ce que. Le Me, Moïse a ordonné, afin que cela leur soit un témoignage, »

Dans cette section les trois synoptiques racontent le même fait, chacun ajoutant quelques détails, surtout Me, et présentant quelques différences d'expressions :

Me xal epxsT*t îfpôç aùràv XejipcJ; — TrapaxaXôâv aOxèv xai Yovuirexôv Mt xal l5ov Xeicpèç wpoaeXOàjv — wpoaExyvei

Le xal lôoy àv9lp wXVjpTriç Xéitpaç — 7rE9â>v âul icpéaconov èSei^OiQ

Pour les paroles de Jésus, elles sont littéralement

identiques, sauf une variante chez Le : «Otoç noLptiy^tikvt «ôtÇ {AV)$ev\ ilTTEiv, oXXà iirtX6f«)v, au lieu de : élpa iurfitA (ayi- Wv itTCYjç, àWk CîtaY»» d^ Me Mt.

Me Le continuent ensuite le récit, mais en termes différents.

Le, « Et sa renommée se répandait de plus en plus et des foules nombreuses se réunissaient pour l'entendre et être guéries de toutes leurs maladies; mais lui, il se retirait dans le désert et priait. »

Me, « Or, celui-ci (le lépreux) étant parti, se mit à en parler beaucoup et à divulguer l'affaire, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais il se tenait dehors dans les lieux déserts, et Ton venait à lui de tous côtés. »

Quelques critiques rapprochent de ceiie guérison d'un lépreux une autre guérison de lépreux, que raconte Le XVII, 11-19. On retrouve en effet des termes identiques dans les deux récits, mais il y a trop de circonstances différentes, de temps, de personnes, de paroles pour qu'on admette cette identification. Voir p. 253.

Retour à Gapharnaûxn et guérison du paralsrtique.

Me n, I-I2; Mt ix, 1-8; Le v, 17-26.

Me et Le suivent le même ordre depuis la guérison du lépreux, Me I, 40; Le V, 12, jusqu'à la seconde discussion sur le sabbat. Me III, 6; Le VI, 11. Les deux évangélistes ont groupé cinq événements, qui ont causé l'hostilité des scribes et des pharisiens contre Jésus; il est probable que ce groupement est plutôt systématique qu'historique. Entre les deux guérisons du lépreux et du paralytique, VIII, 5 et IX, 1, Mt intercale plusieurs récits, que nous retrouverons plus loin. Il place la guérison du paralytique après le séjour de Jésus dans le pays de Gadara et lui fait traverser le lac pour venir dans sa ville, ISiav tc^iv. Son récit est

d'ailleurs beaucoup plus court que celui de Me Le; il omet tous les détails de la scène et ne relate que le fait et les paroles des interlocuteurs.

« Or, Jésus étant entré de nouveau à Capharnaûm, un de ces jours, Me; il arriva quelques jours après. Le, on ouït dire qu'il était à la maison. Me.

Me, Et beaucoup de gens s'assemblèrent, de sorte qu'il n'y avait pas d'espace suffisant vers la porte pour les contenir et il leur annonçait la parole. »

Le, Or, Jésus enseignait et près de lui étaient assis des pharisiens et des docteurs de la Loi, qui étaient venus de tous les bourgs de la Galilée, de la Judée et de Jérusalem et une puissance du Seigneur était en lui pour qu'il guérit. »

Et on apporte à Jésus un paralytique :

Me ^ xal IpxovTai <pépovTec np^C sÙTàv icocpaD.vTtxèv atp6(i.evov uicà Mt xal {6où irpoaéçepov aOrâ icoipaXutixèv iid xXCvt);

Le xal l6ov àv$pe; fépovTeç inX xXi'vv); àvOpunrov 3c vjv

Me Teaacrpaiv.

Mt ^sêXTitiévov.

Le 7rapaXeXu(iivoc*

Me Le seuls rapportent les détails sui^^nts :

Me, « Et comme ils ne pouvaient l'amener devant lui à cause de la foule, ils découvrirent le toit à l'endroit où était (Jésus) et, y ayant fait une ouverture, ils descendirent le grabat sur lequel le paral}i,ique était couché.

Le, « Et ils cherchaient à l'introduire et à le placer devant lui, et, ne trouvant pas le moyen de l'introduire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit, et le firent descendre à travers les tuiles avec le petit lit au milieu devant Jésus.

« Et Jésus, Me, çoyant leur foi, dit au paralytique,

i. Hc, Kt ils vieonent, apportant vers lui un paralytique porté par quatre hommes.

Mt, Et voici, on lui apporta un paralytique couché sur un lit.

Le, Et voici, des hommes portant sur un lit un homme qui était paralysé.

Me, Mt : Prends courage, Mt, mon enfant. Me Mt, ô homme, Le, tes péchés te sont remis,

Mc^ ^aav ôé xive; xôv Ypa(j.{taTéttv èxeî xaOïQpLsvot x«î SiaXoYiC6|i.evoi

Mt xal î8ou Ttve; xwv Ypx{&{i,aTéa>v

Le )cal iiplavTo StaXoytCcaOat ol Ypo^t^f^Tetc xal ol ^apt^atot

Me êv taie xapSiat; aOtôâv* xc O'jxo; ouxeoç XaXEt; ^Xa99T){i.e7.

Mt elwov êv éauToî;* oîxoç pXacrçTiiiet.

Le XéYovxe;* xiç èaxiv oSxo€ ôç Xodet pXa<rçia|tCaç ;

« Qui peut pardonner les péchés si ce n'est Dieu seul? Me Le. Et aussitôt, Me, Jésus connaissant, Me Le, dans son esprit qu'ils raisonnaient ainsi en euxmêmes, Me, voyant, Mt, leurs pensées, Mt Le, ayant répondu. Le, leur dit : Pourquoi açez-çous de telles mausfaises pensées dans s^os cœurs, car, Mt, lequel est le plus aisé de dire au paralytique. Me : tes péchés te Le, sont par donnés y ou de dire : lès^e-toiy prends ton lit, et va-t'en, Me, marche, Mt Le; or, afin que sfous sachiez que le Fils de r homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés,, alors, Mt, il dit au paralytique : Je te le dis. Me Le, lèf^e-toiy et emporte ton lit, et ça dans ta maison, et, sur-le-champ. Le, il se leva devant eux, et ayant enlevé, Le, Me, son lit, Me, ce sur quoi il était couché. Le, il s'en alla devant tous, Me, à sa maison, Mt Le, louant Dieu, Le.

Me 2 waTe èltaxaaOai uàvxaç xal 5oÇa2j£iv xèv 0eèv

Mt iSovxeç hï ot ôx^.ot è<po6y,0ti<jav xal èfiôÇaaav xàv 0eôv Le xal Ixxaat; SAaésv diTravxac yjiX êSô^allov xèv 6sôv

\. Me, Or, quelquesuns des scribes étaient là assis et raisonnant dans leurs cœurs :

Pourquoi celui-ci parle-t-il ainsi? Il blasphème.

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