‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 34 sur 99 · Histoire évangélique, p. 90. Paris · texte numérisé non relu

Histoire évangélique, p. 90. Paris

Versets communs aux trois synoptiques 330-370. particuliers à Mt 330

particuliers à Me 68

particuliers à Le 541

communs à Mt Me 170-180.

communs à Mt Le 230-240

communs à Me Le 50

Nous citons plus loin la partition de la matière évangélique qu^avait établie Eusèbe. b] L'ordre des récits communs est différent dans les trois synoptiques; ils marchent tantôt deux à deux, tantôt seuls, c) Les expressions sont identiques, mais les tournures de phrase sont différentes, d) Les mêmes idées sont exprimées par des termes différents dans les trois synoptiques ; le plus souvent Marc et Matthieu ont les mêmes termes et Luc d'autres. Quelquefois Luc s'accorde avec Marc contre Matthieu, rarement avec Matthieu contre Marc, e) La divergence est pour un même terme dans le nombre d'un nom ou dans l'emploi de deux temps différents du même verbe.

Bien des hypothèses ont été présentées pour saisir la raison d'être, la règle directrice de ces ressemblances et de ces divergences et, par là même, pour expliquer la formation des évangiles synoptiques; aucune ne paraît de tout point satisfaisante. Nous allons d'abord les suivre dans leur ordre de naissance; puis, nous les grouperons sous des titres généraux, afin de les présenter et de les discuter dans leur ensemble.

§ 1. Histoire des h3rpothèses sur la formation des évangiles s3rnoptic(ues.

Le problème synoptique n'a pas été traité directement et pour lui-même dans l'antiquité chrétienne. Les Pères de l'Église, à quelques exceptions près, n'ont

pas essayé d'expliquer les ressemblances et les différences que présentent les trois synoptiques ; ils ne se sont pas demandé quels étaient les rapports qui existaient entre ceux-ci. Nous avons vu tout ce que la tradition ecclésiastique nous a rapporté sur l'origine des évangiles.

Le problème pourtant a été censé résolu dès les premiers siècles par les harmonies évangéliques, dont la plus anciennement connue (milieu du ii® siècle), celle de Tatien : Aii Ts<r<rapa>v EKtoLfftikita^, a été longtemps en usage dans TÉglise syrienne. Les récits des quatre évangiles sont fondus en un seul.

Au III® siècle, Ammonius dressa une autre harmonie évangélique, plus scientifique que celle de Tatien. Il avait pris pour base l'évangile de saint Matthieu et, dans des colonnes parallèles, il avait disposé les trois autres récits. C'est l'harmonisation des évangiles, telle qu'on la pratique encore dans les synopses. Cette harmonisation suppose un sectionnement des évangiles» Aussi, comme, à propos des divisions qu'il établit dans les évangiles, Eusèbe parle des divisions d'Am monius, on en a conclu que les sections dont il se servait étaient celles d'Ammonius ; on les a donc appelées sections ammoniennes. Les savants ne sont pas d'accord sur ce point et, de l'étude des faits, il semble ressortir qu'Eusèbe est l'auteur du système entier. En voici l'ingénieux arrangement.

Eusèbe avait divisé les quatre évangiles en 1162 xeçàXaia ou mpxxoTztxi : 355 pour Matthieu; 233 ou 236 pour Marc; 342 pour Luc; 232 pour Jean. Il avait rangé ces péricopes en 10 tables, qu'il appela xavoveç. Dans le premier canon étaient 74 sections, communes aux quatre évangiles; dans le 2®, 111, communes aux trois synoptiques; dans le 3®, 22, communes à Matthieu, Luc, Jean: dans le 4®. 25, communes à Matthieu, Marc,

Jean ; dans le 5®, 82, communes à Matthieu, Luc; dans le 6*, 47, communes à Matthieu, Marc; dans le 7®, 7, communes à Matthieu, Jean ; dans le 8®, 13, communes à Marc, Luc; dans le 9*, 21, communes à Luc, Jean; dans le 10*, les sections particulières à chaque évangile; 62 pour Matthieu, 19 pour Marc, 72 pour Luc, 96 pour Jean. Les sections sont d'ailleurs de longueur très variable ; il en est d'un demi-verset seulement. Le but de ce travail paraît avoir été plutôt pratique que scientifique ; c'était un système de raccords de textes, qui rendait le même service que nos références marginales.

On utilisait ainsi les ressemblances entre les évangiles sans se préoccuper de les expliquer. Il en fut autrement des différences. Jules l'Africain, dans sa lettre à Aristide ^ a essayé de résoudre la question des divergences entre les généalogies de Jésus dans saint Matthieu et dans saint Luc.'Eusèbe, dans son traité, Tccpl ^lacpwvCaç EuaYY^XCwv, a discuté les divergences qui existent entre les généalogies de Jésus et dans les récits sur la passion et la résurrection. Enfin, saint Augustin a écrit un traité intitulé : De consensu Ecartgelistarum.

Quelques Pères cependant ont émis des aperçus généraux sur la formation des évangiles. « Je crois, dit saint Jean Chrysostome^, que Matthieu a écrit le premier de tous, et que c'est ce qui l'a obligé à rapporter exactement cette généalogie et à s'étendre assez au long sur ce qu'il était urgent de dire, au lieu que Marc, écrivant après lui, a tout naturellement abrégé ce qu'un autre avait déjà rapporté en détail, et ce que tout le monde connaissait. Vous me direz peut-être

i. EusÈBE, Hist. eccl.1 I, 7.

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