‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 36 sur 99 · Id,, Uî · texte numérisé non relu

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si, au moyen âge, on a mieux vu en quoi elle consistait.

Au XVI® siècle, Grotius l'entrevoit : « Sicut autem, dit-il * , Marcus usus est Matthaei hebraeo, ni fallor, codice ; ita Marci libro graeco usus mihi videtur quisquis is fuit Matthaei graecus interpres. Nam quae Marcus ex Matthaeo desumpsisset, idem hic iisdem prope verbis posuit, nisi quod quaedam a Marco hebraico aut chaldisJco loquendi génère expresse propius ad graeci sermonis normam emoUivit ». Richard Simon* fait remarquer qu'on ne peut avoir sur ces rapports entre évangélistes que des conjectures. En tout cas, pour lui, il ne croit pas que Marc soit un abréviateur de Matthieu, puisqu'il est plus étendu que celui-ci. en certains endroits.

Au xvm* siècle, Mill, Wetstein, Griesbach abordèrent le problème; Lessing^ propose une hypothèse, assez ingénieuse, dont Tidée fondamentale sera reprise de nos jours. La prédication primitive a été araméenne, et elle a été écrite dans cette langue par Matthieu. L'évangile araméen de Matthieu était beaucoup plus complet que le Matthieu grec actuel; il comprenait toute la matière que renferment les trois synoptiques ; Matthieu, Marc, Luc ne sont que des traductions plus ou moins divergentes du Matthieu araméen, que chacun a faites aussi bien qu'il a pu. Matthieu lui-même aurait fait la traduction grecque de son évangile araméen. Cette hypothèse rend compte tout au plus des ressemblances et des différences d'expressions et nullement des divergences d'ordre des récits, et surtout des différences de présentation d'un même fait. On ne comprend pas non plus pourquoi les évangélistes ont fait chacun dans

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