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Die synoptischen Evangelien, Leipzig, 1863, p

l'hypothèse de Marc, et l'a établie pour la première fois d'une irianière scientifique. Il la modifie en regardant comme base de la partie narrative non plus un Marc primitif, mais notre Marc actuel.

Wilke * continue les recherches dans le même sens, ainsi que Holtzmann, Weizsâcker, Weiss, Beyschlag, Wendt, Jûlicher, Wernle, etc., dont nous parlerons plus loin.

Les hypothèses des critiques subséquents se ratta chent plus ou moins à celles que nous venons de passer en revue et qu'on peut classer sous trois chefs : hypothèse delà tradition orale, hypothèse de la dépendance mutuelle des évangélistes, hypothèse documentaire. Nous allons exposer en détail et discuter ces hypothèses; puis, nous mentionnerons les critiques récents qui les ont soutenues, en précisant, s'il y a lieu, les positions qu'ils ont prises. Nous étudions en premier lieu le système de Baur et de son école, qui ne se rattache à aucune des hypothèses susdites.

§ 2. Exposé et discassion des hypothèses sur la formation des évangiles synoptiques.

École de Tubingen.

Pour expliquer l'origine des évangiles synoptiques, Baur s'est placé surtout à un point de vue historique ; son hypothèse dépend de son système sur l'histoire des deux premiers siècles chrétiens. Il avait cru constater dans l'Église primitive deux tendances contraires. Tune particulariste, l'autre universaliste. A l'origine, disait-il, le christianisme avait été judaïsant et ébionite; en opposition contre lui s'était dressé le parti

1. Der Urevangelîst Oder exegetisch krifische Untersuchung ûber das Verwandschaftsverhâltniss der drei ersien EvangelieUj Dresden, 1838.

paulinien, qui rejetait totalement le judaïsme et proclamait la déchéance de la Loi mosaïque. Cette opposition entre l'esprit particulariste et l'esprit universaliste, très accusée dans les Homélies clémentines, se retrouve dans les premiers écrits chrétiens, principalement dans les épîtres de Paul ; c'est au moyen de ce critérium, qu'on peut distinguer celles qui sont authentiques de celles qui ne le sont pas. Les évangiles sont, eux aussi, des témoins de cette lutte. Les évangélistes n'ont pas été les simples pécheurs qu'on a cru, mais des écrivains très habiles, qui pesaient tous leurs mots, afin de leur faire exprimer leurs idées particularistes ou universalistes ; ils ont écrit sous l'influence de préoccupations dogmatiques, et le choix qu'ils faisaient dans les faits évangéliques et dans les enseignements du Seigneur, avait pour but le triomphe de leurs doctrines. C'est chez les judéo-chrétiens que Baur découvre la première floraison évangélique. A l'origine furent écrits l'évangile selon les Hébreux et d'autres de même esprit : les évangiles selon les Égyptiens, selon Pierre, etc. Après eux fut écrit l'évangile selon Matthieu, œuvre composite, où les éléments d'origine doctrinale divergente sont imparfaitement harmonisés ; à côté de paroles ou d'enseignements particularistes, légalistes, on rencontre des sentences universalistes, anti-légalistes. L'évangile de Luc, plus artistement composé, représentait surtout le parti de Paul. Les éléments ébionites et pauliniens y étaient combinés, mais avec prédominance de ces derniers; déjà se dessinait une tendance à la conciliation entre les deux partis pétriniste et pauliniste. Elle s'accomplit définitivement dans l'évangile de Marc, écrit judéo-chrétien, mais de tendance neutre. C'était un mélange et un abrégé des deux autres.

A cette école de Tlibingen se rattachent avec des

nuances plus ou moins divergentes : E wald ^ , Schenkel 2, Volkmar ^, Renan ^, etc.

Le défaut capital de cette hypothèse de Baup est de n'être fondée ni sur les faits, ni sur la discussion des textes, mais sur une présupposition historique, très faible d'ailleurs. Il y avait, prétend-il, au ii« siècle, antagonisme entre deux partis chrétiens, qu'il dénomme : parti pétrinien et parti paulinien. Cet antagonisme remontait au temps apostolique, et les écrits de ce temps en sont les manifestes. Nous n'avons pas à réfuter cette hypothèse, bâtie sur une suite de faits qui ont besoin d'être vérifiés et interprétés; elle est actuellement à peu près tombée dans l'oubli^. Même ceux qui la soutiennent encore l'ont, comme nous allons le voir, considérablement modifiée.

Hilgenfeld ^ a revendiqué pour les évangiles des dates plus anciennes que celles fixées par Baur. Le premier évangile, celui de Matthieu, recension d'un évangile antérieur, apparenté à l'évangile selon les Hébreux, ou peut-être cet évangile lui-même, fut écrit très peu après la prise de Jérusalem. Le deuxième évangile, qu'on peut attribuer à Marc, fut écrit vers 81-96; il dépend du premier avec addition de données, venant de la prédication de Pierre. Le troisième évangile est formé de l'évangile selon les Hébreux, de notre Matthieu canonique, de Marc et d'autres documents oraux ou écrits. 11 fut composé vers 90 dans l'intérêt du parti paulinien.

Davidson "^revient à l'ordre de Baur : Matthieu, Luc,

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