‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 41 sur 99 · Die synoptischen Parallelen, Gûtersloli · texte numérisé non relu

Die synoptischen Parallelen, Gûtersloli

la discussion, à laquelle prenaient part maîtres et élèves, commençait. Ces sentences accumulées formèrent une suite qu'on appela la mischnâh (répétition, enseignement) ; mais cette seconde loi, comme l'appelle saint Épiphane, resta longtemps orale, et lorsqu'elle fut écrite pour la première fois, il y avait plus de deux cents ans que le texte, et même les discussions importantes sur ce texte, se transmettaient oralement. Les rabbins la faisaient même remonter jusqu'à Moïse.

Pourquoi les apôtres auraient-ils innové, changé les coutumes nationales? Après avoir, le jour de la Pentecôte, reçu le Saint-Esprit et ses dons, ils se rappelèrent l'ordre que leur avait donné Notre- Seigneur Jésus- Christ, d'enseigner toutes les nations, et saint Pierre, en sa qualité de chef des apôtres, prit le premier la parole. Son exemple fut suivi par les autres apôtres, et les Actes nous apprennent avec quel soin et quelle ardeur ceux-ci se donnèrent tout entiers à leur tâche. Mais la^ prédication apostolique, tant au point de vue du dogme que de la morale , étant très restreinte dans son objet, a dû rapidement se fixer dans une forme relativement immobile. Les apôtres n'étaient pas des rhéteurs, des lettrés, habitués à varier leurs expressions, à rendre leurs pensées de plusieurs manières différentes, rompus en un mot à toutes les facilités du langage ; c'étaient des hommes du peuple , racontant la vie de leur Maître et répétant ses paroles. Toute une partie de leur enseignement sera déjà nécessairement stéréotypée, puisqu'ils rediront textuellement les discours de Notre-Seigneur. L'histoire de sa vie, et surtout sa passion et sa résurrection, thème ordinaire des prédications apostoliques, prendront aussi bientôt le même caractère de fixité ; ayant toujours à raconter les mêmes faits, les apôtres n'ont pas dû se préoccuper de varier la forme de leurs récits.

De là provint un type de prédication, un modèle que chacun s'appropria, s'assimila à force de répéter les mêmes enseignements, de les entendre répéter. Quand le moment fut venu d'évangéliser le monde païen, les apôtres ne renoncèrent pas à cette méthode d'instruction qu'ils avaient pratiquée à Jérusalem. Ils répandaient partout la bonne nouvelle, et les nouveaux chrétiens recueillaient avec soin et gravaient dans leur mémoire les paroles apostoliques, la doctrine des apôtres, comme disent les Actes, II, 42. Saint Clément et saint Irénée le constatent; ce n'étaient pas seulement les pensées, c'étaient les mots que retenaient les fidèles. Papias \ évoque d'Hiérapolis, nous est un exemple de cet empressement des chrétiens à rechercher et à conserver les paroles des apôtres.

Il est probable qu'il se forma, dès l'origine, des catéchistes, répétant un enseignement qui était identique, mais qui leur venait d'apôtres différents. Marc était l'interprète de Pierre ; il est possible qu'il y ait eu aussi une catéchèse, ou tout au moins un recueil de discours provenant de Matthieu. On a déjà remarqué que les ressemblances les plus marquées se trouvent dans les paroles du Seigneur. On comprend très bien que l'on se soit efforcé de retenir exactement ces enseignements et qu'on ait pris moins de soin pour les parties narratives. Ces paroles, d'ailleurs, pour la plupart d'une forme si nette, si originale, quelques-unes même paradoxales, au moins dans leur expression, devaient se fixer facilement et fortement dans la mémoire. Les différences d'expressions et de tournures de phrase s'expliquent par la répétition indéfinie du même texte par des bouches différentes. Un bon nombre de variations, celles surtout qui portent sur l'en-

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