Expositor, déc
bel, plusieurs d'entre eux écrivirent leurs noms, leur profession, et racontèrent l'expédition dans laquelle ils étaient engagés. L'abondante correspondance de Cicéron avec ses amis prouve bien que l'usage d'écrire était très répandu à cette époque. Si nous ne possédons plus les écrits privés du i-ii® siècle, c'est qu'ayant été tracés sur une matière friablç, de conservation difficile, telle que le papyrus, ils ont disparu par suite de l'action destructive du temps ; comme ils n avaient, pour la plupart, aucune importance, les contemporains ne se sont pas préoccupés de les reproduire. Une autre preuve, d'ailleurs, que l'on écrivait beaucoup à cette épocpie c'est que, maintenant qu'on s'est mis à fouiller l'Egypte, on retrouve, outre des fragments d'écrits littéraires importants, des papyrus, contenant des contrats, des comptes, etc. Le climat très sec de l'Egypte a conservé ces papyrus. Si donc l'usage d'écrire était répandu à cette époque, comment supposer que les premiers disciples du Christ n'aient pas eu à cœur de conserver par écrit les actes de la vie de Jésus-Christ et ses enseignements? En réalité, ils l'ont fait et saint Luc l'affirme : « Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous. » Nous avons vu qu'il s'agissait d'écrits et non de récits oraux. Dans ces conditions est-il possible de croire que les évangélistes ont négligé ces documents écrits pour reproduire une tradition orale, qui devait présenter des textes divergents? Les tenants de l'hypothèse orale répondront que tout ceci ne représente que des possibilités et qu'on peut citer des témoignages qui y sont opposés. Il nous est dit que Matthieu écrivit son évangile avant de partir de la Palestine, afin de laisser à ses compatriotes son enseignement; pour Marc, il relate par écrit la prédication de Pierre afin de répondre
aux demandes des chrétiens de Rome. Nous savons que Papias, milieu du ii® siècle, préférait aux écrits la parole vivante, c'est-à-dire la tradition orale, qui était donc encore en action de son temps. Le texte cité, Le I, 1, prouve qu'il existait des récits de la vie du Sei^ gneur lorsque saint Luc écrivit son évangile, mais celuici ne semble pas les tenir en très grande estime et ne dit pas qu'il s'en soit servi. Remarquons en terminant que, même en adoptant l'hypothèse de la tradition orale, et en attribuant à celle-ci la plupart des variantes qu'on relève entre le texte des trois synoptiques, il faut néanmoins admettre que chacun d'eux a travaillé à nouveau ses matériaux ; s'il en était autrement, on ne s'expliquerait pas l'uniformité linguistique et littéraire que l'on constate dans chaque évangile.
Hsrpothèse de la dépendance mutuelle.
1*» Exposé des systèmes. Nous avons déjà parlé de cette hypothèse à sa place chronologique; saint Augustin est le premier qui l'ait proposée. Elle a eu de multiples modifications que nous ne pouvoïis que mentionner :
1. Matthieu a écrit le premier ; Marc s'est servi de son évangile et Luc les a eus tous les deux entre les mains. C'est le système de Hug, dont nous avons déjà parlé. Il a été adopté par Danko ^ Reithmayr 2, Patrizi ^, de Valroger^, Wallon^, Schanz*, Coleridge^, Bacuez^