‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 62 sur 99 · Cluej London · texte numérisé non relu

Cluej London

5. Encycloptedia Britannica, Gospels, 9^*» éd. Edinburgli, 1885.

de Jaïr : eU tV olxiav tou apj^otroç oux aTrlôavgv... iWk

xaÔeuSeï, xat xaxaysXwv «utou... Ixpàxrjcrev t^ç X^'P^^ xailYeip€. Il en conclut qu'il a existé un document grec, qu'il appelle la triple tradition, lequel contenait seulement quelques indications sur chaque récit. Il explique ce caractère abrupt du texte par l'exemple de la Mishna, qui aurait été transmise de cette façon, et il rappelle les paroles de Justin d'après lequel les sentences de Jésus étaient : Ppaj^eî;, auvTotxoi. Ce caractère télégraphique de la triple tradition explique les divergences des trois synoptiques, chacun ayant compris à sa façon le texte abrégé. Marc serait l'évangéliste qui se serait le plus rapproché de la triple tradition ; Matthieu et Luc l'ont connue indépendamment de Marc et aussi l'un de l'autre.

En fait, cette hypothèse ne repose sur aucun document, et elle présente de nombreuses difficultés. En plusieurs passages, le récit est beaucoup plus discontinu que dans l'exemple cité plus haut; de temps en temps, on rencontre un terme commun aux trois synoptiques, mais tous les détails disparaissent. On ne voit pas comment, à l'aide de ces quelques mots, on aurait pu reconstituer le récit.

De plus, si ce document grec a contenu la tradition commune aux trois synoptiques, il en faudrait supposer un autre rapportant la tradition commune à Marc, Matthieu ou à Matthieu, Luc seulement. Il faudrait supprimer la résurrection de Jésus et même, à un certain degré, les récits de la passion presque en entier, car si Matthieu et Marc s'accordent là presque mot pour mot, Luc paraît avoir suivi une tradition assez divergente. Il faudrait supposer en outre que chacun des évangélistes avait une source spéciale, à l'aide de laquelle il complétait la triple tradition par trop fragmentaire.

Conclusions générales.

Il semble bien que toutes les combinaisons possibles entre les documents ont été présentées. Nous n'avons pas à guider le choix de nos lecteurs au milieu de ces multiples hypothèses, car aucune ne nous paraît résoudre la question sous tous ses aspects. Il nous semble qu'il faut se borner à dégager les conclusions suivantes.

A l'origine il y eut une catéchèse orale araméenne. Cette catéchèse a été traduite de bonne heure en grec et par plusieurs. Les évangélistes se sont servis de documents écrits qui reproduisaient plus ou moins la même catéchèse orale, ou des souvenirs détachés de la prédication apostolique. Ces documents différaient, tant au point de vue de la langue qu'à celui des faits et de l'ordre des faits; ils n'étaient pas agglomérés pour former un évangile complet; les péricopes étaient plutôt réunies en paquets. Les discours ou les sentences du Seigneur devaient être dans le même état de dispersion et, de plus, le texte en variait surtout par le fait des traducteurs multiples. Il est impossible de préciser le nombre ou le caractère de ces documents. Les évangélistes ont choisi leurs matériaux et les ont retravaillés pour les adapter à leur but; ils en ont corrigé la langue et la tenue littéraire générale. Il est probable qu'ils ont utilisé aussi des récits ou des détails encore à l'état oral. Bien qu'il semble plus probable que les évangélistes se sont servis de documents écrits, on peut croire cependant que, pour l'ensemble, ils ont reçu leurs matériaux primitifs directement de la tradition orale.

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