LUC
VI, 37, àiroXuete xat à7CoXu6io<TC(T6e.
VI, 31, xaôô; OéXete iva Tioiûffiv Opiiv,
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Quelle conclusion pouvons-nous tirer de ces comparaisons? Les sentences 1, 2, 3, 5 paraissent inspirées de Matthieu ; la deuxième se rapproche davantage de Luc ; la quatrième est empruntée à Luc ; la sixième est inconnue aux deux évangélistes, et la septième est textuellement empruntée à Matthieu, et presque textuellement à Luc. A remarquer que les passages parallèles de Matthieu sont extraits de chapitres différents, i>ar conséquent détachés de leur contexte. Ceci pourrait nous induire à conclure que Clément a reproduit des sentences empruntées à la prédication évangélique, au fond de tradition orale. Observons cependant que tous ces passages se retrouvent rassemblés dans Luc, VI, 37, 36, 37, 38. En outre, Clément se rapproche tantôt de Matthieu, tantôt de Luc, peut-être avons-nous là un nouvel exemple d'un phénomène que nous trouvons dans la Didachè, et que nous devons discuter conjointement avec le passage de Clément que nous venons de citer.
La Didachè, I, 3-5 et XVI, 1, présente le mélange suivant des textes de Matthieu et de Luc; Did, I, 3* = Le VI, 28; Did. I, 3»» = Mt V, 44, 46; Le VI, 31; Did. I, 4 = Mt V, 39, 40^ Le VI, 29, 30; Did. I, 5 = Mt V, 40»»; Le VI, 30; Did. XVI, 1 = Mt XXIV, 42, 44; Le XII, 35. Le passage de Clément, XL VI, 8, oô«\ tÇ âvôptoTTC)) IxeCvo), présente aussi le même mélange de
Matthieu, XXVI, 24; XVIII, 6 et de Luc, XVII, 1, 2, en se rapprochant davantage de Matthieu, sans le reproduire cependant littéralement. On pourrait constater ce même phénomène dans Polycarpe. Si l'on examine les textes, mis en parallèle, on constatera que les écrivains ecclésiastiques reproduisent une matière commune aux deux évangélistes, ajoutent des sentences spéciales à chacun d'eux, et ne suivent rigoureusement l'ordre ni de l'un ni de l'autre. Le Diatessaron de^ Tatien donne, croyons-nous, l'explication de ce problème. Il reproduit les textes cités dans le même ordre que la Didachè et à peu près littéralement. Il est à supposer que, dès l'origine, il exista des recueils de sentences, auxquels ont emprunté les écrivains ecclésiastiques. Ces recueils reproduisaient-ils nos évangiles ou la tradition orale? C'est ce que nous ne pouvons dire.
Funk compte dans Tépître du pseudo-Barnabe deux citations textuelles et cinq approximatives. Voici les deux textuelles : Barn. IV, 14, itoXXol xXyitoI, àliyoi ^k lxXr,xTo( =Mt XX, 16;XXII, 14— Barn. V, 9 : oOx^XOev xaX&at 5ixa{ouç àXk^ 5|xapîoXouç = Mt IX, 13. A remarquer que ces deux sentences, étant sous forme de proverbe, peuvent provenir de la tradition orale. Barnabe, V, 12, cite un passage de Zacharie, XIII, 7 : Sxb TtaTaÇoaiv tov TToifjisva lauTwv; il ne s'accorde pas avec le texte des Septante et se rapproche davantage de la même citation dans Mt XXVI, 31. Barnabe, XIX, 11 : (Ttavtl) tw aiTouvxC a« SiSou, est presque littéralement emprunté à Mt V, 42 et littéralement à Le VI, 30.
Les lettres d'Ignace Martyr, écrites vers 106-114, contiennent dix passages rappelant Matthieu d'assez près, sans être textuels. Le plus littéral est : «pprfvifxoç y^^^" ^^Ç îçptç Iv ^Ttaaiv x«\ àxipaioç tU àù w; ^ 7Cfpi(iTcpd(* = Mt X, 16.
i. Ad Polycarpum, H, 2.
Mais encore là nous avons une sentence proverbiale, comme d'ailleurs dans les autres passages qui rappellent Matthieu. Eph, XIV, 2 = Mt XII, 33 ; XI, 1 = Mt m, 7; Smyrn. I, 1 = Mt III, 15; VI, 1 = Mt XIX, 12. Le jugement de Lightfoot^ reste exact. « La connaissance qulgnace a des écrits du Nouveau Testament se traduit par des mots ou des expressions semblables, des coïncidences isolées de pensées, mais des citations ^littérales du Nouveau Testament il n'y en a aucune. »
Dans la lettre de Polycarpe aux Philippiens, II, 3, nous trouvons un passage qui est une agglomération de passages de Mt VII, 1 ; VI, 14 ; V, 7 ; VII, 2 ; V, 3, 10. C'est probablement du recueil de sentences dont nous avons parlé, que vient cette citation, et ce qui le prouverait, c'est que ce passage est identique à celui que nous avons discuté à propos de Clément. Dans la même lettre, VII, 2, Polycarpe cite presque textuellement Mt VI, 13, mais c'est la fin de la prière dominicale, qui était connue de tous. La suite du passage est littéralement conforme à Mt XXVI, 41 et à Me XIV, 38, mais c'est aussi un proverbe : xb fxèv wvsufxa irpoOufAov, ^ Sa (jàpÇ àaôcviiç ; VI, 1, ressemble à Mt VI, 12-14, mais c'est un passage dérivé de l'oraison dominicale; XII, 3, s'inspire librement de Mt V, 44, 48.
Funk signale vingt-quatre rapprochements entre le Pasteur d'Hermas et l'évangile de Matthieu ; il n'y a aucune citation littérale, ni même assez nette pour qu'on puisse la croire empruntée au premier évangile.
Justin, avons-nous dit, a connu des Mémoires des apôtres, qu'il appelle évangiles. Rangeait-il parmi eux Tévangile de Matthieu? Pour résoudre la question, ii faut se demander comment Justin faisait ses citations et voir s'il a cité le premier évangile.