Hist. eccl., IV
Athénagore, dans l'Apologie qu'il adressa en 177 à Marc Aurèle, Legatio pro Chris tianis^ XII, 11, cite des sentences extraites du sermon sur la montagne, Mt V, 44; elles sont presque textuelles. Seulement, ne venaient-elles pas de la tradition orale?
La littérature clémentine doit être appelée ici en témoignage, car ses deux principaux représentants : les Homélies et les Récognitions clémentines, deux formes d'une même histoire, datent, dans leur état actuel, probablement du commencement de ni® siècle, et peutêtre, pour les morceaux extraits des Ilepio^oi Ilérpou, du II® siècle. Nous laissons de côté les Récognitions clémentines, dont nous n'avons plus le texte grec. Dans la traduction latine de Rufîn les citations ont été ramenées au texte officiel. Le texte grec des Homélies clémentines fournit quelques citations de Matthieu : Hom. III, 52, = Mt XV, 13; XII, 28 et VII, 7; Hom. XVIII, 15 := Mt XIII, 35; XI, 25. Dans Hom. XVIII, 15, Matthieu, XIII, 35, est cité textuellement : avo(Çw to oTOfiia piou sv TTspaêoXaTç xal lpt6lo[kOLi x£xpufAa£va (xtco xaxa^o- >^ç xo<T[xou. Or, ce texte emprunté au psaume LXXVIII, 2, de l'hébreu et LXXVII, 2 du grec n'est conforme ni à l'hébreu ni au grec, et les Homélies ont dû l'emprunter à Matthieu, puisqu'elles reproduisent sa leçon. Cf. encore Hom, XIX, 2 = Mt XH, 20; V, 37; VI, 13; Hom. XIX, 7 == Mt XII, 34.
Épiphane^ affirme que les hérétiques Cérinthe et Carpocrate, commencement du ii^ siècle, se sont servis de l'évangile de Matthieu.
D'après Hippolyte^ et saint Irénée^, les gnostiques Basilide et Valentin auraient utilisé des passages de Matthieu. En fait, les coïncidences sont vagues et très