‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 79 sur 99 · irom, IV · texte numérisé non relu

irom, IV

qu'elle lui vient d'une harmonie préexistante. Cependant, tout bien considéré, nous nous demandons si ces écrivains n'agissaient pas, dans ce cas, comme les prédicateurs ; ils citaient de mémoire les textes évangéliques sans se préoccuper de savoir à qui ils les empruntaient, et il se rencontrait que leurs citations rappelaient tantôt l'un, tantôt l'autre évangile, et d'ordinaire, seulement d'une façon approximative. S'ils avaient copié une harmonie, il semble que leurs citations auraient été plus textuelles .

Clément Romain, ad Cor, XLVI, 8, offre la même combinaison de textes de Mt XVIII, 6, 7 ; XXVI, 24, et de Le XVII, 1,2; XXII, 22 ; la citation est tellement libre qu'on ne peut dire lequel des deux évangiles est cité. A remarquer que Clément d'Alexandrie^ cite encore ce texte de Clément Romain. Les passages de Poly carpe ou d'Ignace d'Antioche, qu'on suppose être des citations de Luc, ne sont pas plus concluants. Cf. Polyc. ad PhiL II et Le VI, 32. Dans l'épître d'Ignace aux Éphésiens, XIV, nous avons : «pavipov to 8év5pov im tou xapTToo auTotl; est-ce une citation de Le VI, 44 : Ixacrcov Yotp oévSpov Ix Toîî !5iou xapTTou •^K^iJiQyLvctiLx'^ Nous n'osons l'affirmer.

Les rapports entre Luc et la Didachè ont déjà été signalés ; il en résulte que la Didachè a connu peut-être une harmonie de Mt Le, ou plutôt que nous avons là un mélange de passages évangéliques, exécuté par l'écrivain lui-même, qui avait bonne mémoire, car ses citations sont assez littérales.

L'évangile de Pierre se rapproche sur divers points des évangiles synoptiques et surtout du troisième évangile. Voici les ressemblances les plus frappantes :

i. Strom, ni, 18.

448 HISTOIRE DES UVRES DU NOUVEAU TESTAMESrT.

Ev. Pierre, 5, xal (rééêarov

Jd., 28, 6 Xfltèç &7caLç YoyrwÇct xal xôicTEtou Ta avffiii.

Le XXIIIy 54, xal oô^iov èicÉçcixncEv.

XXIII, 48, xdvxeç ol oyvinipo- Yev6(Leyot ôx^<>^ Twrovre; to onq-

On remarquera que Luc seul mentionne l'envoi de Jésus à Hérode, appelle les deux larrons xaxoîîpYoi, raconte que l'un des deux insulta le Christ et que l'autre reconnut que celui-ci était innocent et eux-mêmes coupables, tandis que, dans Matthieu et Marc, les deux larrons injurient Jésus; que seul, Luc dit que le soleil s'éclipsa, que la foule se frappa la poitrine, tous détails (jui se retrouvent dans l'évangile de Pierre. Les rapports de celui-ci avec Luc sont donc évidents. D'où proviennent-ils? L'évangile de Pierre a dû être écrit, dans l'état où nous l'avons, pendant la première moitié du II® siècle. N'était-il pas plus ancien dans sa forme primitive? Dépend-il de Luc ou bien des mêmes sources que celui-ci, ou de la tradition orale?

Les Testaments des douze Patriarches, écrit du P' siècle probablement, paraissent avoir connu les synoptiques et Luc, en particulier. Nous n'avons pas à discuter la question de savoir si cet apocryphe est l'œuvre d'un juif ou d'un chrétien. II est certain que, tel que nous l'avons, il a été, sinon composé par des écrivains chrétiens, — car il y en a eu plusieurs, — du moins fortement interpolé par une ou des mains chrétiennes, et cela vers 70-135 après J.-C. Voici les ressemblances d'expressions et de pensées, qu'on peut relever entre les Testaments des douze Patriarches et l'évangile de saint Luc.

iaments : Rubev I, oîvov xepa oOx eTCiov.

I II, TCepl TOÙ (1SX>0VT0C Xlh

ai TÔv lapai^X.

[ VI, ffyvetifipouv tou; >6yovç

>; èv T^ xapèC(f piou.

Le I, 15, olvov xal (TÎxepa ov

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