LUC
III, 22, TÔ îiveùjjia tb fiyiov
IV, 1, (>7C6(TTpe4'6V
V, 26, èTcXiQffÔYifTav 9Ôêou
VIII,7,èvpilffcoTÔ5v àxavôâv
VIII, 42, ànéôVYiffxev
IX, 40, èSeyieriv
XX, 23, xaxavoYÎaaç Ti^v TcavoupyCav XXII, 18, 0^ fi.9}
àTïÔ TOÙ VÙV
XXIV, 9, (>ico(TTpérj/airai
Nous pourrions multiplier beaucoup ces comparaisons ; celles-ci suffiront pour renseigner le lecteur.
Grammaire. — Luc emploie souvent l'article , précédé d'une préposition et suivi de. l'infinitif : VIII, 6, Sià TO ixJi Ixeiv !x(xdia«; Cf. II, 4; IX, 7; XI, 8; XVIII, 5; XIX, 11 ; XXIII, 8 ; fxetà t^o, XII, 5 ; XXII, 20 ; izfo tou, II, 21 ; XXII, 15 ; Iv tw avec l'infinitif présent pour exprimer le temps pendant lequel se passe un événement : V, 12, xai è'fvitxo iv t5) eîvat aùxov h (xiS twv TcoXecov ; Cf. I, 8^ 21; II, 6, 43; V, 1; VIII, 5, 42 etc!, ou avec l'infinitif aoriste pour indiquer un événement passé : III, 21, ly^veTO 8k sv xoi pairriffôîivav ^icavia xbv Xaov ; Cf. II, 27 ; IX, 34, 36 ; XI, 37 etc. Il emploie l'article au génitif pour marquer le but, le résultat : II, 27, xa\ Iv xw elcoL'^afiiv xoî*ç Yovet; xo icaiôiov 'iTjaouv tou Troivicat auxoi; xaTà to elôia- [Aévov; Cf. I, 73; V, 7; XII, 42, etc. Il emploie l'article TO pour introduire des membres entiers de phrase, surtout des interrogations : IX, 46, t^ tiç àv eïyj {xetïwv; Cf. I, 62; XIX, 48; XXII, 2, 4, 23, 24, 37, etc. Plus sou-
vent que dans les autres écrivains du Nouveau Testament, sauf saint Paul, on rencontre Fattraction du pronom relatif : II, 20, lia itSaiv oT; 7i)tou<rav; Cf. I, 4; V, 9; IX, 36; XII, 46; XV, 16; cette attraction s'exerce surtout avec l'adjectif irSç : III, 19; IX, 43;'XIX, 37; XXIV, 25. Ce même adjectif tcSç ou bien encore Sicoiç, se rencontre souvent : III, 21; IV, 6, etc.; souvent Luc a icSç ou ^Tcatç, tandis que les deux autres synoptiques n'ont rien : III, 15, 16, 21; IV, 37; V, 11, 28; VI, 4, 10, 17, 19, 30; VII, 35.
Luc emploie fréquemment la forme ax^oL^iky VII, 9, 44; IX, 55; X, 22 etc. Après les verbes elrceîv, XoXeîv, Xlyeiv, àicoxp{v£(r6«i, Q met icpoç et Taccusatif au lieu du datif. Après les verbes qui expriment la demande, Tordre ou la défense il emploie ïva. Au lieu de l^sp^of^ai êx, il a IÎ6p/ofi«i àico, de OaufiiaÇa) xi, il a ôau{ii,a((o tizi tivi, de OepaTceuu) voaov, il a àico vo^wv. L'expression classique l/i^ Ti est fréquente dans le troisième évangile. Luc emploie, suivant Tusage classique, le moyen TcoulaOat au lieu de icoieTv comme Matthieu ou Marc. D'une manière générale, il emploie les modes plus régulièrement que les deux autres synoptiques. L'optatif qui a presque disparu des autres écrits du Nouveau Testament, à l'exception des épîtres de saint Paul, s'y rencontre encore assez souvent, et seulement chez lui avec (2v : VI, 11; XV, 26, ou sans cette particule : I, 29; III, 15; VIII, 9; XXII, 3, ou précédé de l'article : I, 62; IX, 46.
Luc emploie tantôt xal Iy^'veto, tantôt Iy^'ycto ôé; mais il varie beaucoup pour la construction de la phrase adjacente. Il la construit sur le type de la phrase hébraïque en plaçant l'événement à la suite sans conjonction : II, 1, ly^VÊTO Si Iv xaïç ^fxépatç IxeCvaiç c^Xôev SoVa; Cf. I, 8, 23, 41, 59; II, 6, 15, 46; VII, 11; IX, 18, 28, 29; XXIV, 30, 51 etc.; ou bien, l'événement est relié par xal lequel coordonne les propositions, ou
explique la précédente, ou supprime Tapodose : V, 1, eY^vexo 5è Iv tw t}>v 6'/\oy licixeToOai aôtco... xai auTo; ^v é^ràç; V, 17, xal Iy^vcto Iv ftiS twv ^fAEp«5v xa\ «ôto; ?v oiSaoxojv; VIII, 1, xal ly^veTO Iv t5) xaôgÇîjç xa\ auxoç Siw&uev; Cf. V, 12 ; IX, 51 ; XIV, 1, etc. ; ou bien Luc place la proposition infinitive après Iy^vsto : XVI, 22, Iy6V6to Bï dTroÔavstv Tov icTw^àv; Cf. III, 21; VI, 1, 12. Enfin, Luc emploie, mais dans les Actes seulement, la forme classique èx; ou Sxt lYfiveto avec l'infinitif.
Luc emploie fréquemment les participes; il en joint quelquefois deux sans copule : II, 36, icpoêeêTjxuîa Wffaaa ; IV, 20, irctiîaç <27roaoî><; Cf. II 3; V, 11 ; XII, 25 etc. ; il les ajoute aux verbes pour faire image : IV, 29, (^vatyxavxeç eÇ^^aXov; V, 3; XVIll, 40; IX, 55; il les emploie au neutre avec to à la place d'un substantif : IV, 16, t^ eîweo'ç; VIII, 34, th eieiaae'vov ; Cf. XXII, 22; I, 35. .
Les prépositions xaToe et <yuv sont fréquentes dans Luc ; souvent il a <tuv, VIII, 38, quand Marc a [jieTa, V, 18; XX, 1, quand Matthieu XXI, 23 et Marc XI, 27 ont xat. Luc aime à introduire des propositions par Si xott, III, 9, 12; IV, 41 etc. (23 fois); par (Jièv o3v, xai ote, xal ôç; pour les citations, il se sert de cTîtev Se, et 9 fois de IXsYfiv 8e, Il emploie souvent la particule classique te : II, 16; XII, 45; XV, 2 etc. (9 fois).
En fait, bien que Luc ait été capable d'écrire suivant les règles de la rhétorique grecque, ainsi que le prouve le prologue de l'évangile si artistement arrangé, son œuvre conserve dans l'ensemble le caractère de simplicité, de grandeur et même d'emphase des autres récits évangéliques ; on y retrouve aussi les traces de l'influence populaire dans l'emploi de l'anacoluthe, de p.év sans la réplique de ôé, dans les changements de construction, dans le passage du discours direct à l'indirect et inversement, dans les pléonasmes, àTtexptÔY) x«\ sîwev, dans les expressions hyperboliques, iiSf;, «Sfwaç,
TcoXuç, (Aupidt&ç, etc., et surtout dans l'emploi de xot( comme moyen de liaison.
Enfin, une des caractéristiques les plus marquées de la langue du troisième évangile, c'est Tabondance des hébraïsmes et des aramaïsmes qu'on y rencontre. Voici les principaux : Ivwiriov tou Beou, I, 19, 75; XII, 6; XVI, 15; ou Kupiou, I, 15; tcpo irpocxcoTrou iivoç, VII, 27; IX, 52; X, 1; xatà TcpoffcoTtov TtavTwv, II, 31; î5ou, VII, 25, 27 etc. ; xa\ tSou, 1, 20 ; V, 12 ; VII, 12, etc. ; f%a avec la signification non de parole, mais d'événement, I, 37; II, 15 ; oTxo; avec celle de famille, I, 27 ; X, 5 ; XIX, 9 ; eï; aulieu^de tU, V, 12, 17 ; VIII, 22 ; XIII, 10 etc. ; *Ispoo<raXrV, forme hébraïque, 36 fois contre 4 fois *hpoa6k\j[La, forme grecque ; èx xoiX(a; t^ifîTpoç, I, 15 ; 7rpaê£^ïîxuïa Iv ratç iJjuépaiç, I, 18; 6 xupioç luxèt ffou, I, 28; eSpeç x*P'^î ï» ^^> ^^* ^'^^" <nce>To ô ôeoç, VII, 16; aoÇoiÇwv tov ôeo'v, V, 25, 26; VII, 16 etc.; luaiptiv TÎiv îpwvV, XI, 27,; elfxi woitep, XVIIl, 11;
XXII, 27; oiavoi'Yu) ta; YP«9*Ç> XXIV, 32, 45; x^îp Kupiou, I, 66 ; oofxTuXo; 0eoo, XI, 20 ; la combinaison de Iv r^ xap^ta ou h xaTç xapSiaiç avec aiaXoyCîcffôai, III, 15 ; V, 22 ; XXIV, 38; ^laTYjpeîv, II, 51; oiaXoyiafiiol àvaêaCvouaiv Iv tîj xapSiot, XXIV, 38; at^iAépai lTtXiÎGÔr,<yav, I, 23; XXII, 37; les conâposés avec iktoç : icoteiv IXeoç, I, 72 ; X, 37 ; {xsyaXuveiv IXeoç, I, 58 ; l'emploi de ^fiilpa au sens de x^pôvo^ : Iv raïç ^tiipaiç, I, 5, 39 ; IV, 2, 25 ; V, 35 etc. ; t? ^,{x6pa Toîi aaSêocTou, XIII, 14, 16-XIV, 5 ; du génitif pour marquer la qualité et remplacer l'adjectif, IpyaTai dSixiaç, XIII, 27; XIV, 9; XoycK TTiç /apiToç, IV, 22; olxovdjxoç tyî; d^txiaç, XVI, 8; l'emploi de Mç comme dans les Septante, uîol toîî atôîvoc TOUTOU, XVI, 8; XX, 34; uîol t^ç dvaoToiaewç, XX, 36; xAhç £Îpr,vyjç, X, 6. Signalons aussi comme hébraïsmes les mots répétés pour renforcer l'idée : «pwvTJ cpwvcïv, I, 42;
XXIII, 46; iTTiôufjiia lîtieuiAsiv, XXII, 15; l'emploi de ?v avec le participe présent ou parfait pour remplacer l'imparfait ou le plus-que-parfait de l'indicatif : I, 20^
xal î8ob l<xr, (jiwTTwv. Cf. I, 21, 22 ; IV, 20 ; IV, 16 ; IV, 17 etc.
Si nous comparons le texte de Luc avec celui des autres synoptiques, nous constatons qu'il renferme plus d'hébraïsmes que ceux-ci et, en même temps, qu'en plusieurs passages Luc écrit dans un meilleur grec qu'eux et qu'il n'est jamais barbare. Dans quelques passages parallèles il a adouci les formes trop rudes. Au lieu du xal Tçpwt Iwuxa Xiav de Marc, I, 35, qui est probablement un provincialisme, Luc a YsvofjilvYi; Se ^^(xepaç, IV, 42; de oStoç fA^yaç xXriOTÎcTeTai, Mt V, 19, Luc a oÎto; &Tai |A€Y«Ç> I» 32; ^^j^tad'un grec douteux, Me 1, 32, est remplacé dans Luc par laicspa, XXIV, 29. Les phrases sont très souvent coordonnées comme dans les livres Hébreux par un simple xai; souvent, cependant, Luc a uni ses propositions par des relatifs, des participes, des génitifs absolus.
En présence de ces constatations, nombreux hébraïsmes conservés et nombreuses corrections, il est difficile de dire quelle règle l'écrivain a suivie. Il semble surtout ne pas avoir touché aux morceaux qui formaient un ensemble, tels que les discours de l'ange Gabriel, I, 13-17; 30-33; 35-37, le cantique de Zacharie, I, 68-79; le Magnificat^ I, 46-55; le Nunc dimittis^ II, 29-32, non plus qu'aux paroles de Notre-Seigneur^ à moins cependant que la forme hébraïque ne fût trop dure en grec. Les modifications linguistiques portent surtout sur les récits. Toutes ces observations cependant ne sont exactes qu'en général ; il serait facile d'y trouver de nombreuses exceptions.
En résumé, saint Luc a eu entre les mains des sources d'origine hébraïque ou plutôt araméenne ; il les a corrigées, mais souvent il les a admises telles quelles, et cela, d'autant mieux que certaines expressions, que nous tenons pour des hébraïsmes, étaient tout simple-^ ment du grec de l'époque.
§ 4. — Garactôristic[ues littéraires du troisième évangile.
Bien que saint Luc ait gardé à certains de ses matériaux leur teinte primitive, il les a suffisamment travaillés pour qu'ils offrent tous une tenue assez uniforme; il les a marqués de son empreinte, car il était écrivain. Son évangile est une œuvre littéraire ; Luc savait composer avec art un récit, et lui donner tout à la fois un caractère de simplicité et de grandeur, exprimer avec bonheur les divers sentiments des personnages, tracer de ceux-ci en quelques mots un portrait achevé. Est-il dans la littérature, de quelque langue qu'elle soit, des tableaux plus parfaits et plus vivants que certains de ses récits : la parabole de l'enfant prodigue, l'onction des pieds de Jésus par la femme pécheresse, la résurrection du fils de la veuve de Naïn, la parabole de Lazare et du riche, les disciples sur le chemin d'Emmaûs et tant d'autres qui justifiant la parole de Renan ^ déjà citée : « C'est le plus beau livre qu'il y ait»?
Luc n'a pas, il est vrai, les détails pittoresques de Marc ; il a, cependant, en particulier des traits qui expliquent et illuminent la situation, III, 15, 21 ; IV, 13, 15, 40, 42. Il aime à rappeler les traits personnels, qui font contraste : le prêtre Zacharie qui doute et la Viei^e Marie qui croit, I, 18, 38; la femme pécheresse humble et repentante et le pharisien qui se complaît en son propre sentiment, VII, 37, 39; les Juifs ingrats et le Samaritain reconnaissant, XVII, 17; le pharisien orgueilleux et présomptueux et le publicain humble et repentant, XVII, 9-14; Marie contemplative et Marthe active, X, 41, ou d'autres qui projettent un jour nou-