‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 85 sur 99 · Einleitung in das N. T., n, p. 37, Leipzig · texte numérisé non relu

Einleitung in das N. T., n, p. 37, Leipzig

zareth à Capharnaum et aux autres villes et bourgades de la Galilée, de la Galilée, à travers la Samarie et la Pérée, à Jérusalem. Il va ainsi des origines du Christ à sa mort et à son retour au ciel.

Il ne faudrait cependant rien exagérer. Assez souvent, Luc emploie des expressions indéterminées pour marquer le moment d'un événement : Il arriva, lorsqu'il était dans une des villes, V, 12 ; il arriva un jour, VI, 17; or, il arriva, un autre sabbat, VI, 6; or, il arriva, comme il était en prière en un certain lieu, XI, 1 ; or, il enseignait dans l'une des synagogues le jour du sabbat, XIII, 10. Cf. VII, 36; VIII, 19; IX, 1; X, 1, etc. Cette façon de s'exprimer prouve que l'auteur ignorait le lieu et la date de quelques événements, mais prouve aussi la conscience qu'il mettait à son travail puisqu'il ne donne aucune date précise quand il ignore la date exacte.

Tout ceci ressort encore plus nettement de la façon donc Luc a traité le dernier voyage, de Jésus, de la Galilée à Jérusalem, IX, 51-XVIII, 46. Ce voyage est raconté dans Mt XIX, XX, dans Me X et dans Le IX, 51-XIX, 46, le troisième évangéliste Ta donc raconté en plus grand détail que les deux autres synoptiques. Mais tout ce qui nous est rapporté dans ces dix chapitres s'est-il passé pendant ce dernier voyage? Le récit de Marc, ainsi que celui de Matthieu, sont placés à la fin du récit de Luc, XVIII, 15-44, sauf l'interrogation des pharisiens au sujet du divorce. Me X, 2-12; Mt XIX, 3-12, dont Luc cite un verset seulement, au milieu d'un contexte différent, XVI, 18; la parabole des vignerons, Mt XX, 1-16, et la réponse de Jésus à la demande des fils de Zébédée, Mt XX, 20-28; Me X, 35-45, dont Luc a rapporté la fin beaucoup plus tard, XXII, 24-30; tout le reste, soit plus de neuf chapitres, IX, 52-XVIII, 14, est particulier à

Luc, sauf 58 sentences, qui se retrouvent dans Matthieu, maïs placées ailleurs et à l'état dispersé, et une vingtaine de fragments dans Marc. Notre analyse a fait ressortir cet état de choses.

Que faut-il penser de ces chapitres? Luc y raconte le voyage de Jésus à travers la Pérée, de la Galilée à Jérusalem. Le récit se compose surtout de paraboles, de discours, de sentences détachées; même les trois miracles relatés, XIII, 10-17; XIV, 1-6; XVII, 11-19, et les incidents historiques, IX, 52, 57, 59; X, 1, 17, 38; XI, 14, 27, 37; XII, 13, etc., ne sont ici que pour servir d'introduction aux enseignements qui les suivent. Les indications chronologiques que donne Févangéliste sont très vagues. Après avoir dit que Jésus résolut de s'acheminer vers Jérusalem, Luc jalonnera le récit simplement par : ils vinrent à un village des Samaritains, IX, 52; à un autre village, IX, 56; il était dans un certain lieu, XI, 1; après ces choses, X, 1; en ce temps, XIII, 1 ; à cette heure, XIII, 31 ; 35 sections n'ont d'autres introductions que ces mots vagues : après cela, et il dit, ou n'en ont aucune. Comme bon nombre de ces enseignements du Seigneur ont été placés par Matthieu pendant le ministère galiléen, nous devons nous demander si Luc a voulu faire ici œuvre d'historien. Il s'est tenu, on vient de le voir, sur la réserve la plus grande, soit pour le lieu, soit pour la date des événements qu'il rapporte ; c'est donc qu'il les ignore. Il semble bien que nous avons dans ces chapitres des éléments qui ne sont agglomérés que par ce fil conducteur, la marche à Jérusalem : il faisait route vers Jérusalem, XIII, 22, 33; en se rendant à Jérusalem, XVII, 11; nous montons à Jérusalem, XVIII, 31; XIX, 11, 28. Plusieurs questions se posent. Ces éléments historiques et doctrinaux sontils là bien à leur place, ou doivent-ils être rangés

ailleurs? Subsidiairement , s'il y a eu groupement, celui-ci a-t-il été l'œuvre de Luc ou provient-il d'un document préexistant?

Les opinions sont partagées et il serait trop long de recenser toutes les hypothèses. Sanday^ croit « que c'est à tort qu'on a regardé cette longue section, IX, 51-XVIII, 24, comme un tout, racontant un ministère spécial, identifié avec le dernier voyage vers Jérusalem, et qui aurait eu lieu au delà du Jourdain. Ceci est basé sur le fait que le commencement de la section coïncide avec Me X, 1 et Mt XIX, 1, et que la fin, Le XVIII, 35, nous conduit aux environs de Jéricho. Il est vrai aussi qu'une partie du temps qui précéda la dernière Pâque se passa dans la Pérée, nous le savons par le témoignage Mt XIX, 1; Me X, 1; Jn X, 40; mais conclure de là que tout ce que raconte Luc dans la section qui nous occupe doit être localisé dans cette région, c'est méconnaître la structure et le caractère de l'évangile de Luc. Il est plus probable qu'il a rassemblé ici des matériaux qui provenaient d'une source spéciale et qui n'avaient pu trouver une place convenable dans le cadre fourni par Marc ».

Wright^ croit que Matthieu et Luc avaient, outre la catéchèse orale représentée par Marc, une grande quantité de matériaux non datés, principalement des discours, qui ne contenaient aucune indication sur le moment où ils avaient été prononcés. Chacun d'eux les rangea en un récit suivi. Matthieu les incorpora dans ses cinq grands discours du Seigneur, V-VII ; X ; Xlll ; XXIV; XXV, tandis que Luc les aggloméra en un long récit, qu'il plaça à un endroit laissé vide par Marc. De Wette, Reuss, Beyschlag, Wendt, avaient

Page 1